Rubriques




Se connecter à

Une rentrée au sommet pour l’entrepreneuriat azuréen

Quatre jours durant, le French Tech Côte d’Azur Startups Summit a réuni autour de lui tout l’écosystème azuréen de l’innovation et du numérique.

K.Wenger Publié le 06/09/2021 à 08:00, mis à jour le 04/09/2021 à 20:04
Le programme du French Tech Côte d'Azur Startups Summit: quatre jours intenses de hackathons, rencontres business, activités de team building, tables rondes et networking. Le tout dans la bonne humeur pour faire avancer l'entrepreneuriat azuréen. (Photo D.R.)

La French Tech Côte d’Azur (FTCA) aime bien le chiffre 4. Pour preuve, l’association d’entrepreneurs azuréens vient d’organiser pendant quatre jours sur ses quatre territoires (Cannes, Grasse, Nice et Sophia Antipolis) le French Tech Côte d’Azur Startups Summit.

Un événement décliné autour de quatre thématiques: accélération, créativité, réflexion et écosystème. En revanche, l’événement avait une seule et unique ambition: réunir l’écosystème du numérique et de l’innovation azuréen pour faire avancer le territoire. Mission réussie pour la FTCA qui affiche depuis quelques mois un visage uni et qui passe ainsi la démultiplée. Notre "collectif hors sol, hors politique et hors batailles de clocher, comme le souligne son coprésident Cédric Messina, est désormais engagé et performant pour que la French Tech soit un levier de croissance" au service de l’innovation.

L’affaire de tous


Une innovation qui passe par l’implication de tous: étudiants, fonds d’investissement, business angels, TPE-PME, grands groupes, partenaires institutionnels, startups ont tous à leur manière contribué à créer des passerelles business entre les différents univers économiques. Les uns en faisant preuve de créativité – l’une des thématiques retenues – lors de quatre hackathons tenus simultanément dans les Alpes-Maritimes.

 

D’aucuns ont accéléré en pitchant leur projet devant des fonds d’investissement et des business angels. D’autres ont travaillé leur réseau lors de la journée team building sur l’île Sainte-Marguerite au large de Cannes.

Autre temps fort du Summit, le palmarès des femmes de la tech et surtout le lancement d’un programme d’entrepreneuriat au féminin. Enfin, la quatrième et dernière journée consacrée à la réflexion a permis au secteur du tourisme d’affaires très touché par la pandémie d’exposer ses problématiques à des startups qui pourront peut-être y apporter des solutions.

Pour quatre fois plus de réussite... 

Quatre hackathons
pour réinventer  le territoire

 

La créativité a été le maître mot des hackathons organisés simultanément et durant 24 heures par Telecom Valley, Cannes is Up, Nice Start(s)Up et le Club des Entrepreneurs de Grasse, les quatre piliers de la FTCA. Le but: réinventer et se réapproprier le territoire à travers de nouvelles solutions, approches, outils ou usages durables, équitables et inclusifs.
Quelque deux cents participants ont relevé le défi et à chaque association son thème. Ainsi les équipes de Grasse emmenées par le Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse et de Nice coachées par Nice Start(s) Up ont planché sur les smart territoires, "Transformer la ville aujourd’hui".

A Grasse, c’est Visiq qui a remporté l’adhésion du jury. A l’instar de Pokemon Go, l’appli apporte une dimension sensorielle en un lieu. Elle utilise la géolocalisation pour diffuser des musiques imaginées par des artistes pour un endroit précis. Son business model est basé sur celui de Spotify : freemium et abonnement.

A Nice, la team d’O2ffice a repensé les territoires en version green. Des études ayant montré que travailler dans un espace vert augmentait de 15% la productivité, elle propose donc de végétaliser les bureaux via des partenariats avec des pépiniéristes locaux. Ce qui induit des emplois dans la région. Une interface intégrée à la messagerie de l’entreprise incitera les employés à s’engager et à s’occuper des plantes. En résumé, O2ffice propose un bureau plus attractif, moins de stress pour les employés, un gain de productivité pour les entreprises qui cochent par la même occasion la case RSE.
A l’ouest du département, le hackathon piloté par Cannes is Up a réfléchi à Tech for Tourism. Le projet de Shakee s’est attaqué à l’expérience voyageur: permettre au touriste de rencontrer des locaux pour partager des moments authentiques.
L’application vise à découvrir la ville dans laquelle on se trouve grâce à des activités culturelles, physiques, des restaurants et des challenges avec des habitants locaux désireux de sortir de leur zone de confort. Shakee mettra aussi en avant des commerces locaux.
Sur la technopole et sous la houlette de Telecom Valley, les participants ont tiré les "Leçons du confinement et de la mise à distance des affaires et des collaborateurs: télétravail, nouveaux usages, nouveaux outils". Plus précisément les rapports clients-fournisseurs compliqués durant la pandémie Elle propose Interact, une plateforme visant à simplifier les échanges commerciaux à distance et en toute sécurité grâce à la blockchain.
Via ces projets qui doivent encore se concrétiser, les quatre hackathons ont montré que le territoire ne manquait pas de créativité.

Les équipes lauréates des quatre hackathons. (Photo K.W.).

Entreprendre
au féminin

Le Summit a également été l’occasion de récompenser les femmes de la tech azuréenne. Pourquoi faire en 2021 un tel palmarès? Ne s’agit-il pas d’un combat d’arrière-garde? Non, parce que les chiffres sont tristement parlants. "Selon l’ONU, il y a moins de 5% d’entrepreneures dans le monde", s’agace Cédric Messina, coprésident de la FTCA lors cette soirée organisée en leur honneur dans la coupole de l’Observatoire de Nice. Et la moitié des fonds d’investissement n’ont pas de femmes dans leurs équipes.
Toutefois, on trouve 20% de femmes dans la tech. C’est mieux mais la marge de progression demeure très importante. La Covid et ses corollaires de télétravail-flextravail vont peut-être accélérer le mouvement, s’avance Cédric Messina qui déplore que "75 % des femmes atteignent leur plafond de verre pour des raisons familiales"».

 

D’où la décision de la French Tech Côte d’Azur de s’emparer de ce sujet et de celui de la diversité "pour lutter contre les clichés entourant l’entrepreneuriat au féminin et faire en sorte que la French Tech soit un levier de croissance". Voire d’essaimer cette initiative au national, espère le coprésident qui a demandé à la journaliste Laura Tenoudji dont l’implication dans le numérique n’est plus à prouver d’être la marraine de la manifestation. "Il y a plein de talents dans la région, insiste cette dernière, des femmes qui font l’écosystème par leur engagement et professionnalisme", assure-t-elle.
Au nombre des 23 primées choisies par Nice Start(s)Up, Telecom Valley, Cannes is Up et le Club des Entrepreneurs du pays de Grasse – les quatre piliers de la FTCA –, des politiques, chercheuses, dirigeantes d’entreprise, startuppeuses, avocates, journalistes, banquières... qui auront pour rôle "d’être les marraines et role models de dix entrepreneures qui suivront le programme d’accompagnement intensif de quatre mois que nous lancerons dans le courant du mois", complète Nathalie Orvoën, vice-présidente de la FTCA en charge de la féminisation et de la diversité. Développé avec l’accélérateur d’entreprise Rise Partners, il permettra aux entrepreneures de structurer leur business.
L’objectif de ce programme est que les femmes prennent conscience de leurs qualités et qu’elles osent davantage.

Finalement il n’y a pas de meilleur endroit que la coupole de l’Observatoire pour viser les étoiles...

Les femmes de la tech azuréenne. (Photo D.R.).

Dix minutes
pour convaincre
les investisseurs

Quand on est une startup à la recherche de cash, disposer de dix minutes pour séduire un jury composé de sept fonds d’investissement et de quinze business angels est certes intimidant. Mais cela permet surtout de gagner beaucoup de temps. Et donc d’accélérer qui était la thématique de la 2e journée du French Tech Startup Summit.

Sur une trentaine de dossiers reçus, "Nous avons sélectionné dix startups que nous avons préparées au difficile exercice du pitch", expliquent César Camy, président de Nice Start(s)Up qui pilote ces Rencontres Fonds d’investissement-startups, et Delphine Garcia de Rise Partners, l’un des partenaires de la journée. Le but étant d’en faire un événement annuel récurrent et de l’élargir l’année prochaine à des jeunes pousses venues de toute la France. Et puisque le mot-clé de la journée est accélération, "Les startups participantes auront un retour rapide", assurent les organisateurs.
C’est le cas de l’éditeur de logiciels sophipolitain Videtics. "Plusieurs investisseurs se sont montrés intéressés par notre solution qui utilise l’intelligence artificielle pour analyser en temps réel les flux des caméra de vidéoprotection sur la voie publique"», précise Alan Ferbach, son cofondateur et CEO.

Le jeune dirigeant repart avec un précieux rendez-vous avec un business angel fixé dans les jours à venir. Et d’espérer qu’il lui sera fructueux. "Nous recherchons des fonds car Videtics fait partie de Serenity, un consortium qui veut s’occuper de la sécurité de grandes manifestations comme la Coupe du monde de rugby 2023 ou les JO de Paris."» Le but de Serenity étant de créer un jumeau numérique de la ville ou des enceintes sportives pour anticiper et modéliser les mouvements de foule.
Jérôme Sanzelle, le dirigeant et cofondateur de TrucksMe également basé sur la technopole, a profité de ces rencontres fonds d’investissement-startups pour "initier les premiers pas vers une levée de fonds de 2ME car nous avons besoin d’argernt pour financer nos recrutements et passer de 4 à 15 collaborateurs".

 

TrucksMe développe en marque blanche T-Mobility, une solution de location en libre-service destinée aux loueurs de voitures, et T-Sharing, de l’autopartage en entreprise, devrait bientôt être disponible.
Pour séduire les business angels et autres investisseurs, le dirigeant mise sur la satisfaction de ses clients dont Fraikin, leader européen de la location de véhicules industriels et utilitaires, sa "technologie solide et modulable" et son modèle économique – "un abonnement mensuel récurrent et rassurant".

Sans oublier, la forte traction du marché: un million de véhicules à équiper par an rien qu’en France...

Alan Ferbach de Videtics et Jérôme Sanzelle de TruckMe. (Photo K.W.).

Tourisme d’affaires: "reformater les événements"

"On n’est pas repartis comme en 40! La méthode Coué, c’est bien mais soyons lucides, il faut travailler au reformatage des événements."

Lionel Malard, directeur du cabinet Arthemuse, a mis les points sur les i lors de ce rendez-vous consacré au MICE (Meetings, Incentives, Conferencing, Exhibitions, tourisme d’affaires).

Autour de Thomas de Pariente, adjoint au maire de Cannes en charge de l’événementiel, il y avait du monde pour discuter "Avenir du MICE". Régis Faure, directeur des projets digitaux du Palais des festivals de Cannes, Marco Landi, président d’Europia, Gaël Montassier, président de Startway, Sylvie Christofle, maître de conférences à Université Côte d’Azur et chercheuse au CNRS sur cette thématique, et Antoine Dray, patron de l’agence ADR Com.

Le constat est que 90% des organisateurs considèrent que la Côte d’Azur a un rôle à jouer dans les événements de demain. Seulement, avec des jauges réduites, il faut revoir le modèle économique. Le temps de la créativité et de l’innovation est donc venu pour assurer une expérience inoubliable aux participants. Les structures qui reçoivent les salons et congrès devront notamment être au top de la technique pour les transmissions digitales mais le présentiel doit primer parce que "se retrouver, ça rend heureux, c’est anthropologique", a clamé Lionel Malard. On a aussi parlé "attractivité", car avant tout, le territoire doit être porteur.

Et Cannes est bien placée en la matière, d’autant qu’elle prévoit un événement majeur en février 2022 : le congrès international de l’intelligence artificielle. En format hybride, très novateur, au Palais des festivals. Tapis rouge!

Au DDA, on réseaute détendu


DDA pour "Déconnectez-vous, Détendez-vous et Amusez-vous". C’est la journée détente du Summit organisée depuis quatre ans sur l’île Sainte-Marguerite par l’association Cannes is Up. Les costumes et cravates sont interdits; les téléphones portables confisqués dès l’arrivée sur l’île pour éviter la tentation de consulter ses mails professionnels. Et on participe à des ateliers de méditation, UX (user experience), tir à l’arc et autre teambuilding.

Chassez l’entrepreneur et il revient au triple galop. Car décontraction ou pas, le DDA est aussi et surtout l’occasion de créer de la richesse, de l'emploi et du chiffre d’affaires sur le territoire. Les organisateurs ont prévu une soixantaine de rencontres entre des grands groupes (comme Orange, Micromania, Suez, IBM, BTF...), des fonds d’investissement et des startups innovantes. Le but étant de montrer qu’il y a des pépites dans la région et qu’il est inutile d’aller les chercher ailleurs en France.

Des grands décideurs dont certains venus de Paris se sont déclarés ravis de la qualité de ces rendez-vous business. Des collaborations devraient bientôt donner naissance à des réalisations made in Côte d’Azur.

Les entrepreneurs ont pu prendre part à de nombreux ateliers dont celui de yoga. (Photo D.R.).

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.