“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

Une prime de 1.000 euros pour les salariés sur le terrain. Oui, mais pour qui, quand et comment?

Mis à jour le 27/03/2020 à 07:27 Publié le 27/03/2020 à 06:50
Plusieurs enseignes de grande distribution ont d’ores et déjà annoncé qu’elles verseraient cette prime aux salariés exposés aux risques de contagion.

Plusieurs enseignes de grande distribution ont d’ores et déjà annoncé qu’elles verseraient cette prime aux salariés exposés aux risques de contagion. D. G.

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Une prime de 1.000 euros pour les salariés sur le terrain. Oui, mais pour qui, quand et comment?

Les salariés qui continuent à travailler sur le terrain, bravant la peur du Covid-19, pourront être récompensés grâce à cette version réactualisée de la « prime Macron ». à certaines conditions

SUIVRE. LIVE. Confinement jour 11, 1.696 décès en France dont une ado de 16 ans... Suivez l'évolution de la situation du coronavirus

Elle se destine à « ceux qui ont eu le courage de se rendre sur leur lieu de travail », bravant la peur de ramener le Covid-19 à la maison. Ainsi Bruno Le Maire a-t-il justifié la prime de 1.000 euros que pourront verser les entreprises qui souhaitent récompenser leurs salariés mobilisés sur le terrain. Une prime exempte de charges sociales et patronales. Concrètement, que change cette annonce du ministre de l’Économie ? Réponses en cinq points avec les acteurs azuréens concernés.

Qui peut en bénéficier?

Les salariés qui continuent à se rendre sur leur lieu de travail seront éligibles à cette prime. à condition que l’entreprise décide de la verser... et qu’elle continue de tourner. « Ceux qui peuvent en bénéficier travaillent dans des activités vitales telles que l’énergie, l’agroalimentaire, la logistique, les transports ou, bien sûr, les médicaments », nuance Philippe Renaudi, président de l’UPE 06 (Union pour l’entreprise).

Dans la grande distribution, c’est le groupe Auchan qui a impulsé le mouvement, vite imité. « Dans ce contexte si particulier, où nos équipes sont en première ligne pour continuer à nourrir les Français, nous avons décidé de reconnaître leur engagement par une prime qui va être versée dans les prochains jours », explique un porte-parole de la communication d’Auchan. Pour l’enseigne, la mesure concerne « toutes les personnes exposées à cette crise, qui ont assuré l’amplitude horaire malgré les conséquences sur la vie de famille. » Soit 65 000 salariés répartis entre magasins, logistique, Auchan Drive et Chrono Drive.

Au vu des circonstances, la prime pourrait être élargie aux personnels médicaux du public. A contrario, elle n’est pas d’actualité pour « la majorité de l’économie, très impactée par la crise, remarque Philippe Renaudi. Le petit plombier ou électricien qui ne peut pas aller sur les chantiers aimerait se poser la question. Mais il va avoir d’autres problèmes à gérer... »

Une prime née des "gilets jaunes"?

Cette prime exceptionnelle n’a pas attendu la pandémie de Covid-19 pour émerger. « En fait, cette disposition est la prime donnée par Macron après la crise des “gilets jaunes” », nuance Gérard Ré, secrétaire départemental de la CGT 06. La prime annoncée fin 2018 est donc réactualisée. Avec un cadre plus souple : « L’exigence d’avoir un accord sur l’intéressement et la participation est supprimée. Toutes les entreprises pourront le faire. »

Cette prime est-elle automatique?

Toutes les entreprises joueront-elles le jeu ? Pas si sûr. « Il n’y a pas d’obligation à verser cette prime. Il faut que les entreprises soient volontaires, constate Jacques Kotler, vice-président de la CCI Nice Côte d’Azur chargé du commerce. Il faut un dialogue entre le salarié et son directeur. Il ne faudrait pas non plus que cela oblige des personnels en maladie à reprendre le travail : ça, ce serait complètement stupide ! »

Des mastodontes tels qu’Auchan, Carrefour, Leclerc, Lidl ou Michelin ont déjà promis de verser cette prime. Mais quid des TPE ou PME ? Gérard Ré s’interroge sur les futurs versements, « compte tenu des capacités des entreprises avec la crise. »

Jacques Kotler le reconnaît : « Toute la grande distribution va sans doute donner ces 1 000 euros. Dans l’épicerie du coin où ils sont deux à travailler, ce sera plus compliqué... » Dès lors, la CCI mise sur la concertation des petites structures, où « cela se passe généralement bien. On fait face à une crise sanitaire catastrophique. Des salariés qui continuent à travailler dans ces conditions difficiles méritent un bonus à la fin. »

Sous quelle forme sera-t-elle versée?

On sait que cette prime est exempte de charges sociales et patronales. On sait, aussi, qu’elle doit être versée avant le 30 juin 2020. Quant à savoir quand elle s’invitera sur les fiches de paie, c’est plus variable.

Peut-on l’envisager sur les salaires de mars ? « Je pense que cette prime peut tomber à la fin du mois. à moins que ces fiches de paie aient déjà été établies, indique Jacques Kotler. Peut-être y aura-t-il un complément de salaire du mois de mars. à moins qu’ils n’attendent le mois d’avril. » Telle est l’option privilégiée chez Auchan. « Ce sera plutôt versé sur le mois d’avril. En tout cas, ce sera versé au plus vite, dans les prochaines semaines. C’est maintenant que les salariés en ont besoin. »

Mille euros, est-ce vraiment suffisant?

La loi prévoit une prime « dans la limite de mille euros, par bénéficiaire » touchant moins de trois fois le Smic. Jusqu’ici, Gérard Ré a remarqué que les primes étaient parfois limitées à « 300 ou 400 euros » ou « réparties sur plusieurs mois ». « Un petit plus », certes. Mais « pas assez significatif au regard du risque pris. L’urgence, ce n’est pas la question des salaires ; ce sont les conditions de travail liées à l’hygiène ! »

Côté patronat, il est logique de récompenser « le dévouement », estime Philippe Renaudi. Surtout pour des salariés qui pourront travailler jusqu’à 60 heures hebdomadaires. « On va prendre une déflagration économique mondiale ! Il faut se donner tous les moyens de passer la crise. Sinon, on peut se trouver en très grave difficulté. »


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.