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Une année 2019 riche en contestations sociales à Monaco

Mis à jour le 24/12/2019 à 08:37 Publié le 24/12/2019 à 09:15
Les médecins ont fait grève pendant cinq semaines.

Les médecins ont fait grève pendant cinq semaines. J.-F.O.

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Une année 2019 riche en contestations sociales à Monaco

Malgré un climat économique florissant, l’année 2019 aura été marquée par trois manifestations interprofessionnelles, une grève des médecins et la fermeture d’un emblème de l’industrie locale.

La production de richesses à Monaco n’en finit plus de grimper. Pour la première fois, le PIB de l’année 2018, annoncé le mois dernier, dépasse les 6 milliards d’euros. 56.303 personnes sont désormais salariées à Monaco, un chiffre en hausse de 3,7%. Chaque salarié a donc produit 108.812 euros de richesse, en hausse de 2,3%.

Plus de salariés, plus de richesses, une croissance insolente de 6,1 %… Et des mâchoires qui grincent. De plus en plus.

"Juste vivre dignement"

En février, Christophe Glasser, secrétaire général de l’Union des syndicats de Monaco, nous expliquait: "Dans les entreprises, on ressent un mal-être. Nos syndicats nous ont dit qu’il était temps d’agir, qu’on ne pouvait plus attendre."

Et d’évoquer des conditions de travail dégradées, une précarisation liée au développement de l’intérim, et une paupérisation des salariés. "On ne demande pas à ce que tout le monde roule en Porsche. On veut juste que les gens puissent vivre dignement de leur travail dans notre région."

C’est donc avec la revendication d’un Smic à 2 250 euros brut et la fixation de grilles de salaires par arrêtés ministériels, que les salariés ont défilé à l’appel de l’USM, une première fois le 7 février. En plus des revendications salariales, ils réclamaient aussi la sécurisation du CDI, la fin du licenciement sans motif, une stricte limitation du travail de nuit et le respect du repos hebdomadaire du dimanche. Enfin, une revendication ancienne, et plus que jamais d’actualité : ils réclament le maintien des retraités aux Caisses sociales de Monaco, même s’ils ne sont pas résidents.

Ils étaient plus de 600 à défiler l’hiver dernier, et Christophe Glasser avait alors conclu la manifestation en disant: "Personne n’a le droit de nous dire d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Par contre, si elle est si verte à Monaco, c’est grâce à nous." Et de prévenir que ce n’était "que le début".

Grincheux de ne pas avoir été entendus, et résolus à tenir le cap, ils étaient 800 à battre le pavé en juin, avec les mêmes revendications.

C’est pas l’un, c’est l’autre

Accusée par Stéphane Valeri, président du Conseil national de se radicaliser, l’USM répondait alors: "Ce n’est pas nous qui nous radicalisons, c’est le gouvernement. Nous, nous sommes toujours ouverts au dialogue." Le conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales, Didier Gamerdinger, répondait alors: "Le gouvernement tient toujours le même discours cohérent", indiquant qu’il n’était pas possible d’accéder aux revendications.

Une réponse qui a chauffé les salariés, qui ont répondu présent troisième fois en octobre. Du jamais vu à Monaco. Les revendications restent les mêmes mais le discours se durcit: "Encore une fois, vous avez répondu présent (...) pour que le gouvernement et le patronat se rendent compte qu’ils sont dans l’erreur de sous-estimer votre colère."

Grève de cinq semaines au CHPG

Pendant cinq semaines, plus d’une centaine de médecins du Centre hospitalier Princesse-Grace se sont mis en grève administrative. Concrètement, ils avaient arrêté d’assister aux réunions, mais continuaient à recevoir les patients. "Nous pouvons même leur consacrer plus de temps!" confiait alors un médecin gréviste. Ils dénonçaient des gardes insuffisamment payées, qui n’ont augmenté que de 6 euros en vingt-deux ans, et pour lesquelles un médecin de France est payé plus cher par le CHPG (480 euros, contre 303 euros pour un salarié de l’hôpital).

Le gouvernement leur proposait d’accéder à leur demande en échange d’une revalorisation de la rétribution que l’hôpital perçoit sur les consultations privées. Ce contre quoi les médecins étaient vent debout. Finalement, ils ont obtenu une revalorisation de leurs gardes sur trois ans, et une indexation des salaires sur l’inflation à partir de cette année, mais sans rétroactivité. La rétribution du CHPG sur les consultations privées reste inchangée.

Le délitement de l'industrie se poursuit

Avec une régularité de métronome, l’économie monégasque change. Elle se transforme. Et comme tout changement, il y a de la casse. À Monaco, c’est l’industrie qui morfle.

C’est Foreplast, descendant de l’historique Mecaplast, qui en a fait les frais en 2019. En début d’année, les salariés de l’entreprise, propriété du groupe Novares, se mettaient en grève pour protester contre le licenciement du chargé d’affaires, dont la mission consistait à remplir le carnet de commandes. Pas folles, les guêpes : ils ont bien compris ce que cela signifiait.

Pourtant, on leur a juré que non. Que l’activité n’était pas en danger… pour mieux leur annoncer dans l’été que finalement, on allait baisser le rideau. Une "décision planifiée et organisée", d’après les salariés, chez qui la pilule passe mal. Forcément, vu les performances financières «impressionnantes» annoncées par le groupe: 1.123 millions d’euros de chiffre d’affaires et 6,5 millions d'euros de résultat net malgré des investissements massifs dans d’autres usines.

Au terme de négociations houleuses, les salariés, dont l’ancienneté moyenne frisait les trente ans, ont obtenu un accord qu’ils ont qualifié d’honorable. L’entreprise ne disparaît pas totalement du paysage monégasque: elle conserve ici une partie du bureau d’études et surtout son service de facturation.

Depuis quelques semaines, c’est au tour d’un autre emblème de réduire ses effectifs. Les cosmétiques Lancaster, dont l’image est étroitement associée à la princesse Grace, ont entamé un plan de licenciement dont les négociations sont, là aussi, houleuses. Et pour cause: quelques semaines avant l’annonce du plan, les employés étaient félicités pour leurs performances. Et quelques semaines après, le groupe Coty, propriétaire de la marque, investissait près de 600 millions d’euros dans la marque de cosmétiques de Kylie Jenner, plus jeune (nouvelle) milliardaire du monde et sœur de Kim Kardashian.

Aux dernières nouvelles, le plan porterait sur 21 licenciements.

Pas moins de trois manifestations cette année, c’est un record, d’après l’Union des syndicats de Monaco.
Pas moins de trois manifestations cette année, c’est un record, d’après l’Union des syndicats de Monaco. Photo Cyril Dodergny
Un cercueil pour Foreplast, l'ex-Mecaplast.
Un cercueil pour Foreplast, l'ex-Mecaplast. Jean-François Ottonello

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