Ukraine, énergie, inflation... Le Monaco Economic Board fédère ses acteurs économiques face à la crise

Le président Michel Dotta et le directeur général exécutif Guillaume Rose ont présenté leur projet pour rapprocher toujours davantage les acteurs économiques entre eux.

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Joëlle Deviras Publié le 15/09/2022 à 13:00, mis à jour le 15/09/2022 à 13:58
J. D.

"Oui, nous avons une guerre en Ukraine qui provoque des secousses. Oui, nous avons une crise énergétique grave. Oui, l’inflation atteint des niveaux que nous n’avions plus vus depuis les années 70. Mais je suis plutôt optimiste."

C’est par ces mots que le président du Monaco Economic Board (MEB) a lancé le 42e Rendez-vous des adhérents au Yacht-club de Monaco. Devant quelque 400 invités, acteurs économiques et "forces vives" du pays, Michel Dotta a souligné: "A Monaco, les indicateurs économiques sont bons, notamment dans le secteur de l’immobilier. La saison touristique a été exceptionnelle et la fin de l’année s’annonce florissante, comme le début 2023 avec le tourisme d’affaires."

Le directeur général exécutif Guillaume Rose a ensuite énuméré les événements qui vont ponctuer la fin de l’année. Deux conférences sont au programme avec deux économistes : Jean-Pierre Petit, en partenariat avec Jutheau et Husson, le 16 septembre, et Christophe Barraud, le 4 octobre, dans le cadre du salon Monaco Business.

 

Parmi les temps forts : la 11e édition des Trophées du Club de l’Eco MEB/Monaco-Matin le 29 novembre au Grimaldi Forum et trois missions prévues à Montréal et Toronto (du 18 au 24 septembre), à Madrid (du 13 au 15 octobre), et à Paris (du 13 au 15 décembre).

Pour la toute première fois, le Mondial des Conseillers du Commerce Extérieur (CCE) de la France rassemblera près d’un millier de chefs d'entreprises français venus de plus de 100 pays du 19 au 21 octobre au Grimaldi Forum. Cinquante membres du MEB auront la possibilité de rencontrer gratuitement ces acteurs économiques.

Enfin, Jean-Jérôme Perrin-Mortier, directeur général de Peace and Sport, a présenté les missions de l’ONG qui peut aider les sociétés dans leur politique de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).

Michel Dotta, président du MEB. Photo Charly Gallo.

2022 : une bonne année économique

Le Monaco Economic Board (MEB) reprend ses activités avec un goût d’avant crise sanitaire; mais en accompagnant les patrons qui doivent faire face à l’inflation et peut-être bientôt à la récession. Michel Dotta, président du MEB, analyse cette période à la fois dynamique et délicate pour les entreprises. "L’hôtellerie-restauration d’une part; la construction et l’immobilier d’autre part marchent fort. Ce sera une très bonne année pour l’économie à Monaco car ces deux secteurs représentent à eux seuls respectivement 10/12% et 20% du PIB. Entre 2008 et aujourd’hui, en euroconstant, les prix de l’hôtellerie ont doublé. Le prix de l’immobilier est de 50/55.000 euros le mètre carré avec, comme toujours, des ventes exceptionnelles. Le programme L’Exotique a très très bien marché; sans parler de Mareterra sur l’extension en mer qui est un grand succès commercial."

Mais l’inflation est en filigrane de cette success story du business monégasque. "Le problème que l’on va avoir est un risque de ciseaux. En fin d’année, nous allons être obligés de réajuster les salaires. La plupart des patrons l’ont déjà anticipé. Humainement, nous ne pouvons pas faire autrement. Mais début 2023, nous allons peut-être rentrer dans un cycle de récession en Europe. Je suis donc beaucoup moins optimiste pour l’année prochaine."

Si l’inflation en France frôle les 6% en 2022, Michel Dotta évoque une augmentation de salaire entre 3 et 5%. "Il faut voir comment l’inflation est calculée, sur quel secteur, comment elle se vit réellement. Et puis elle va retomber. Regardez le prix de l’essence à la pompe! Je crois qu’on va de nouveau avoir un rôle de l’État beaucoup plus important que celui qu’il a eu les vingt dernières années. L’État va reprendre la main pour les contrôles des prix ; ça me paraît évident. En tant que libéral, je n’y suis pas particulièrement favorable. Mais il y a des faits qui ne trompent pas. Ça peut être temporaire pour calmer le jeu et mieux rebondir."

Guillaume Rose, directeur général exécutif du MEB Photo Charly Gallo.

Guillaume Rose, directeur général exécutif du MEB: "La remobilisation est totale"

Le Monaco Economic Board (MEB) qui rassemble 537 adhérents a lancé sa rentrée. Un rendez-vous au cours duquel Guillaume Rose, directeur général exécutif, a présenté les grands axes de son action pour les prochains mois.

Vous êtes partenaire du Mondial des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCE) qui vient pour la première fois à Monaco du 19 au 21 octobre. En quoi ce rendez-vous intéresse le MEB?
Nous nous sommes associés de près à cet événement et offrons la chance à cinquante de ses membres de pouvoir participer à ces trois jours organisés au Grimaldi Forum. Ils rencontreront les CCE, c’est-à-dire tous les gens qui agissent pour le business français à l’étranger et qui acceptent aussi de soutenir les entreprises de Monaco. Sera représenté un panel inédit de sociétés. Pour ceux qui souhaiteraient exporter, c’est une réelle opportunité.

Après deux ans de crise sanitaire, en quoi ce rendez-vous des adhérents du MEB est important?
Ce n’est pas le premier rendez-vous depuis la levée des mesures contre la covid. Mais cette rencontre est la première qui s’inscrit dans une rentrée normale. Les membres bâtissent le networking, c’est-à-dire du business ensemble. Ils peuvent trouver des moyens de connaître des chaînes d’approvisionnement plus courtes, monégasques. On se rend compte de plus en plus qu’il faut du local. C’est ce qui fait marcher les sociétés, aussi bien en approvisionnement, qu’en matériaux, en image,... Et au final, on découvre que c’est moins cher, plus pratique. Je pense que cette crise sanitaire aura au moins démontré l’urgence d’agir de plus en plus en local.

Le nombre de membres présents ce mardi démontre-t-il le désir, et peut-être même l’urgence, de retrouver des relations de business normales?
La remobilisation est totale. Les gens ont envie de se revoir, ils ont moins peur. Nous avons de plus en plus de nouveaux adhérents.

Comment les entreprises traversent l’inflation?
Elles la traversent avec les moyens que l’on connaît, c’est-à-dire la résilience monégasque. On sait qu’une augmentation du coût de l’énergie est prévisible. On attend du gouvernement qu’il fasse un geste. Pour l’instant, les entreprises font avec les points positifs que connaît le monde actuellement - c’est-à-dire un redémarrage généralisé parti des États-Unis, et avec les points négatifs, à savoir l’inflation qui est un problème pour tout le monde mais qui est traité aujourd’hui au sein d’une augmentation générale du volume de business possible.

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