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Trois mois après l'intervention de la police, les plages privées de La Mala assurent faire "une moins bonne saison"

A Cap-d'Ail, les gérants de La Réserve et de L'Eden affirment subir les conséquences socio-économiques de la réduction de leurs deux plages privées, avant l'été, sur décision préfectorale.

Céline Brégand Publié le 22/08/2018 à 10:25, mis à jour le 22/08/2018 à 11:34
Cet été, touristes et habitués ont pu profiter de 400 m2 de plage publique. Photo Jean-François Ottonello

à la suite de l'intervention de la police le 25 mai dernier, les plages privées de La Réserve et de L'Eden ont été considérablement réduites. Le préfet avait diligenté une opération qui visait à constater le délit de vente non autorisée sur le domaine public.

>> REVOIR. VIDÉO. Les gendarmes débarquent à La Mala pour vider les plages privées de Cap d'Ail

"Perte de 40% du chiffre d'affaires"

Si les deux établissements ne semblent pas désemplir, trois mois plus tard, les conséquences économiques de cette opération se font forcément ressentir.

"Nous avons constaté une perte de 40 % de notre chiffre d'affaires cette année. Et nous avons dix employés en moins: des plagistes, des serveurs et des commis ", détaille Sophie Gadoux, gérante de L'Eden depuis 1998, qui est passée de 70 à 30 transats cet été.

 

Même constat du côté de La Réserve, passée de 110 à 40 transats. "Nous avons fait une moins bonne saison. Le début et la fin de saison sont les plus compliqués. Et une dizaine d'emplois de saisonniers n'ont pas été pourvus cet été. C'est désolant…", soupire Audrey, directrice de l'établissement.

La Réserve, comme l'Eden, a dû faire de la place sur sa terrasse et remplacer des tables de restaurant par quelques dizaines de transats, réservés le plus souvent: "Nous sommes désormais complets une semaine à l'avance", note Audrey.

"Sans notre offre de plage privée, qu'est-ce qui va nous différencier de l'Italie ou de l'Espagne?", s'interroge Sophie Gadoux, qui regrette la disparition du "côté exclusif" de la plage de la Mala.

Car la clientèle de la plage privée, en plus de louer des transats à la journée ou parfois à la semaine, consommait beaucoup et régulièrement. Contrairement à celle de la plage publique qui, certes, consomme aussi boissons et repas, mais plus ponctuellement.

 

>> RELIRE. Ce que vous devez savoir si vous n'avez pas suivi l'opération d'évacuation des plages privées de la Mala

Des habitués mécontents

Les habitués sont déçus, selon les gérants des deux établissements. Certains regrettent un changement de clientèle du fait de l'ouverture totale de la plage au public. "C'est inadmissible!", lance Stéphane, un parisien qui vient à la Réserve depuis cinq ans. "On a été surpris. Ce que je trouve dommage, c'est que ça ait été fait d'un coup, pas progressivement. On ne supprime pas tout en deux minutes! C'est aberrant!"

Selon lui, "la plage est moins calme". Sa femme, Estelle, ajoute: "C'est moins agréable, les plages sont prises d'assaut". Mais ils assurent: "Nous continuerons de venir, même si c'est moins bien."

Tous les clients n'étaient pas forcément au courant de la réduction des plages privées de la Mala cette année, ce qui fait craindre à Audrey que "l'impact soit plus important l'année prochaine".

"C'est une très bonne chose"

Du côté du public de la plage, on est plutôt heureux de ce changement. "Personnellement, je trouve que c'est mieux. On a plus de place. Avant, on n'avait qu'un petit bout de plage", explique Jasmine, une Niçoise qui fréquente la plage de la Mala pour la troisième année consécutive.

 

Selon Frédéric et Laurent, qui n'étaient pas revenus ici depuis quinze ans, "c'est une très bonne chose. C'est un endroit préservé et calme. Les gens qui viennent ici sont respectueux".

Cependant, tout n'est pas encore réglé. L'affaire judiciaire est encore en cours.

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