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Qui sont les leaders économiques de demain de la Région Sud?

Mis à jour le 28/09/2020 à 16:02 Publié le 28/09/2020 à 12:50
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Qui sont les leaders économiques de demain de la Région Sud?

Les rédactions du groupe Nice-Matin et de La Provence ont sélectionné parmi les 100 lauréats du classement Choiseul Région Sud dix jeunes dirigeants qui, de par leur vision, management, performances, jouent un rôle ou sont appelés à jouer un rôle majeur dans l’économie de la région, des Alpes-Maritimes au Vaucluse. Portraits de pépites en devenir.

1- Mémoire vive
des entreprises

Kevin Polizzi, pdg de Jaguar Network, 38 ans
Marseille (13)
1er du classement

Il est le premier du classement Choiseul pour la Région Sud. Un rang qui convient à son tempérament d’entrepreneur battant qui, dès ses vingt ans, a revêtu les habits du chef d’entreprise. Le 11 septembre 2001, jour de la création de Jaguar Network, Kevin Polizzi a aussi fait le choix de rester à Marseille plutôt «que de se perdre à Paris».
Pourquoi? «Parce que j’ai toujours pensé qu’il y a de la place ici pour un entrepreneur local. J’ai partagé mon idée avec mon frère jumeau et comme je suis plus entreprenant que lui, j’ai foncé bille en tête.»
Les premiers pas se sont effectués dans un garage avec une simple table et dessus, une batterie de serveurs. Objectif de Jaguar Network dont le nom a été inspiré par une console de jeux Atari: «Accompagner la révolution des nouvelles technologies, fournir aux entreprises des prestations de qualité dans un univers qui était en train de prendre forme autour des sites web, du e-commerce et de la digitalisation de l’économie.»
Mais Kevin Polizzi, ingénieur de formation et intensément curieux, ne pouvait se contenter de la façade. «Je me suis intéressé à cette économie masquée que sont les data centers et l’infogérance. Le choix d’être autonome s’est imposé, avec d’autant plus de force qu’il n’existait pas d’infrastructures à niveau à Marseille.»
Ainsi a débuté Jaguar Network, sous la houlette d’un Kevin Polizzi qui explique «n’avoir jamais eu le temps de douter».

Dix-neuf ans plus tard, Jaguar Network, dans la peau d’un hébergeur en perpétuelle adaptation et fort de ses huit datacenters (30 en réseau), a fait alliance avec Illiad. Un choix stratégique assumé par le fondateur : «Il le fallait pour de nouveaux combats.»

 

Kevin Polizzi, pdg de Jaguar Network, Marseille.
Kevin Polizzi, pdg de Jaguar Network, Marseille. (Photo V. Vrel)

2- Lever des opportunités, concrétiser avec prudence

Alexandre-Jacques Vernazza, président du Groupe Mediaco, 34 ans
Marseille (13)
4e du classement

Les engins de levage, Alexandre-Jacques Vernazza les a approchés dès son plus jeune âge.

«Le mercredi, j’allais au foot et au bureau avec mon père. Parfois, j’ai même pu conduire des grues.» Un plaisir que le jeune homme cultivera jusqu’à nourrir une passion pour l’univers des grues, en perpétuelle évolution.

Après des études à Londres et à Paris, il intégrera l’entreprise familiale Mediaco. A ses débuts ancrée dans une activité portuaire par son grand-père Jean-Jacques Vernazza, puis diversifiée dans le levage par Christian-Jacques son père, l’entreprise devenue un groupe, devient en 2007 son terrain d’action. « Je suis entré à l’agence de Paris, au planning. Le lieu où on voit tout.

L’agence de Toulouse m’a ensuite été confiée, puis une région. Et de là, en 2012, la direction générale. "Ce parcours m’a toujours mené sur le terrain, avec les équipes. Être présent et parler avec tous est formateur."

En 2013, au décès de son père, Alexandre-Jacques Vernazza prend les commandes à la demande de la famille. «Succéder à celui qui vous a tout appris n’est pas facile.»
Sorti amaigri de la crise financière «mais renforcé», Mediaco se devait de conforter son rang de leader français du levage. Un challenge que le jeune chef d’entreprise a pris à bras-le-corps, saisissant une à une des opportunités de rapprochement.

Jalons posés en Alsace et en Allemagne, création d’une filiale à Rheinau, rachat d’Altead en 2019, puis tout récemment de l’entreprise varoise Chieusse : Mediaco est aussi un acteur logistique dont la filiale Mediaco Vrac abrite une pépite, leader mondial de l’huile de pépin de raisin.

Alexandre-Jacques vernazza, président du Groupe Mediaco, Marseille.
Alexandre-Jacques vernazza, président du Groupe Mediaco, Marseille. (Photo D.R.)

3- cinquième génération
à cultiver le savoir-faire
de l’entreprise

Cécile Mul, président de Jean Gazignaire, 37 ans
Pégomas (06)
5e du classement

L’entrepreneuriat, elle est tombée dedans quand elle était petite. Cécile Mul, 5e génération de la dynastie familiale Mul, dirige aujourd’hui à la fois les filières agricole et industrielle du groupe. Son domaine d’activité ? La culture de plantes à parfums, aromatiques et médicinales (PPAM) sur les terres situées entre Pégomas, La Roquette-sur-Siagne, Le Bar-sur-Loup, Vallauris-Golfe-Juan et Châteauneuf-de-Grasse. Mais aussi la transformation de ces PPAM en extraits depuis la fin des années 70, avec l’intégration de la société Jean Gazignaire en 1990. Le tout au pays du parfum, Grasse.
Son super-pouvoir d’entrepreneuse? Traçabilité et politique RSE. Dans un métier où la normalisation du sourcing est un enjeu majeur dû à la nature vivante de la matière première, Cécile Mul a souhaité renforcer son positionnement stratégique: origine certifiée, qualité suivie et traçabilité complète ont permis de créer d’entretenir un dialogue d’experts avec ses clients, avec la Maison Chanel notamment, partenaire depuis plus de trente ans sur la production agricole et la transformation de certaines plantes à parfum comme la rose, le jasmin ou encore l’iris. Grâce à cette synergie entre agriculture et industrie, des programmes agricoles durables ont pu voir le jour à l’étranger comme la culture de la vanille par exemple, réel positionnement différenciant sur le marché des extraits aromatiques.
En plus de la terre, Cécile Mul cultive donc la croissance de son entreprise ajoutant ci et là des notes d’innovation et de RSE qui lui ont valu deux trophées en 2018 et 2019. Très humble, et touchée de prendre place au classement Choiseul 2020, Cécile Mul aime à rappeler : « C’est une reconnaissance du travail accompli, avec des équipes qui portent nos valeurs. Une reconnaissance de la qualité de nos produits mais aussi de la qualité environnementale et sociale qui entoure notre production. »

Le groupe Mul compte 106 salariés (équivalent temps plein) pour un CA 2019 à 33,7 M€ (48 salariés pour Gazignaire et un CA à 16 M€). Le vrai super-pouvoir des usines de Cécile Mul, c’est véritablement de transformer la terre en parfum.

Cécile Mul, président de Jean Gazignaire, Pégomas.
Cécile Mul, président de Jean Gazignaire, Pégomas. (Photo D.R.)

4- Une grande boîte
à outils de la nature

Valérie Vausselin, DG et cofondatrice Aroma Zone
40 ans
Cabrières-d’Avignon (84)
8e du classement

Avec sa formation d’ingénieur, Valérie Vausselin n’avait pas prévu d’ouvrir un jour une boutique de cosmétiques en plein cœur d’Aix-en-Provence, après Paris, Lyon, Strasbourg… Mais cette dirigeante passionnée, qui a fondé et copréside avec sa sœur Anne la PME vauclusienne Aroma Zone (20% de croissance, 100 ME de CA attendu en 2020), a laissé parler sa passion.

De leur enfance dans la Margeride, aux confins de la Lozère et du Cantal, les deux jeunes femmes ont retenu les bienfaits des plantes, et ont lancé à la fin des années 90, ce qui n’était encore qu’un forum d’échanges, pour les faire partager.
Rapidement, cet espace de bien-être et de convivialité s’est transformé en une plateforme d’achats de matières premières, parfois venues du bout du monde, s’appuyant sur 300 producteurs et une unité de production installée dans une ancienne usine de fruits confits depuis 2004, pour un catalogue de 1.700 références. L’idée de génie : permettre au consommateur de fabriquer lui-même ses cosmétiques.

«Nous proposons une grande boîte à outils de la nature, avec les matières premières mais aussi tout le savoir autour», confie la présidente qui a eu à cœur aussi de relocaliser certaines productions de plantes, dans la région, d’où elles avaient disparu.

En 2019, le duo a lancé une consultation de ses clients pour conforter la marque et faire les bons choix stratégiques. Résultat : 125 tonnes de plastique recyclé en moins par an, dans le packaging. Mariée et mère d’un garçon de 10 ans, Valérie Vausselin a «appris à gérer son temps». Mais vit pleinement son job de dirigeante; «On apprend sur soi, sur les autres, on partage avec les équipes, les clients.» 

Valérie Vausselin, DG et cofondatrice d'Aroma Zone, Cabrières-d'Avignon.
Valérie Vausselin, DG et cofondatrice d'Aroma Zone, Cabrières-d'Avignon. (Photo C. Cellier)

5- Une entreprise
haut-alpine du bâtiment
en bonne santé

Alexandre Queyras, directeur général de la STAM, 38 ans
Guillestre (05)
15e du classement

À la 15e place du classement Choiseul Paca, une «belle surprise» pour Alexandre Queyras, à la tête depuis seulement un an avec son frère Guillaume de l’entreprise familiale STAM (Société de travaux Alpes Méditerranée), basée à Guillestre (Hautes-Alpes).
À 38 ans, ce natif de Briançon, domicilié à Marseille depuis treize ans, tient à stabiliser la société et la rendre plus performante tout en accompagnant la création d’un nouveau siège social à Guillestre. L’entreprise qui compte 69 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de 30 ME en 2019, devrait terminer malgré la crise sanitaire, l’année 2020 au même niveau.
Titulaire d’un BTS Bâtiment, ce patron a d’abord travaillé dans une entreprise haut-alpine avant de rejoindre la boîte familiale du bâtiment, des travaux publics et du génie civil, créée en 2000 et d’en franchir en quatorze ans tous les échelons (chef de chantier, conducteur et directeur de travaux) pour occuper depuis 2019, le poste de directeur général. «L’entreprise a prospéré dans les années 2000, explique l’entrepreneur, grâce à un carnet de commandes bien rempli, atteignant jusqu’à 40 ME de chiffre d’affaires.»
Et d’ajouter: «Avec la crise de 2008, STAM qui travaillait à la réalisation de résidences de tourisme dans les stations de ski a dû réorganiser son activité et construire pour des promoteurs dans le Sud. En 2019, les fondateurs ont pris leur retraite et nous avons racheté les parts. En gros œuvre, nous avons participé au chantier de La Calanque, un projet immobilier imaginé par Jean Nouvel ou encore le Golden Tulip de Bonneveine ou le Castorama de Saint-Loup, tous trois à Marseille.»

Alexandre Queyras directeur général de STAM, Guillestre.
Alexandre Queyras directeur général de STAM, Guillestre. (Photo D.R.)

6- C’est dans la difficulté qu’on voit la différence

Julien Einaudi, vice-président d'Ortec, 37 ans
Aix-en-Provence (13)
20e du classement

Julien Einaudi le confesse: «Je n’imaginais pas au début de ma carrière, être chez Ortec. J’ai fait des études d’ingénieur et j’ai été à HEC. Et c’est sur le campus que j’ai créé une entreprise, Peopledoc, pour digitaliser la gestion des ressources humaines et les documents qui s’y rattachent. J’ai ensuite cédé cette entreprise pour franchir le pas en 2010, un peu par hasard. Il a fallu que je fasse mes preuves et c’est d’ailleurs pour cela que je suis allé jusqu’à pratiquer la soudure.»
Dans ce groupe aixois spécialisé dans la maintenance et les services à l’industrie cofondé par André Einaudi en 1992, devenu au fil du temps un poids lourd international de l’ingénierie et des travaux fort de 11 500 salariés dans 24 pays, son fils Julien a donc arpenté le terrain. En Angola à ses débuts, pour ensuite gravir les échelons au fil des missions. Discret et réputé efficace, adepte du «parler peu mais faire beaucoup», il est à présent à la tête de la branche environnement d’Ortec.
«Nous sommes un groupe de services qui intervient dans des domaines diversifiés, avec des activités essentielles, comme le nucléaire (…). Il faut être proche de ses équipes, dialoguer sans cesse pour nourrir une confiance et une solidarité internes. Nous devons dans le même temps être proches des clients qu’il faut accompagner. Cela suppose des valeurs, des offres de services nouvelles et de proximité, de l’innovation.»
Des principes devenus règle d’or durant le confinement et toujours à l’œuvre «Parce que c’est dans la difficulté que se voit la différence», martèle Julien Einaudi. Le slogan d’Ortec.

Julien Einaudi, vice-président d'Ortec, Aix-en-Provence.
Julien Einaudi, vice-président d'Ortec, Aix-en-Provence. (Photo D.R.)

7- Une alchimie
qui fait peau neuve

Grégoire Tutenuit, président et cofondateur de B2B Cosmetics, 36 ans
La Seyne (83)
36e du classement

Récompensés deux années de suite au CES de Las Vegas, Grégoire Tutenuit et Julien Gros, son associé, sont à la tête d’un laboratoire de formulation de produits cosmétiques des plus innovants en France, Pôle Cosmétique, qui vient de fêter ses dix ans d’existence. Implantée à La Seyne-sur-Mer, la société, qui a ouvert la filiale R&D B2B Cosmetics en 2015, compte aujourd’hui 21 salariés et a réalisé 1,5 ME de chiffre d’affaires en 2019.
Le secret de leur réussite? Une alchimie qui fonctionne bien entre ces deux jeunes ingénieurs chimistes qui se sont connus sur les bancs de l’école, avant d’aller travailler dans la même entreprise en Suisse. Arrivés dans le Var où Grégoire a de la famille, les deux hommes commencent par créer des produits cosmétiques de A à Z à la demande de petits entrepreneurs locaux.

«Nos clients venaient avec des idées, des projets, et nous leur faisions la formule du produit pour les aider à lancer leurs gammes.»

Jusqu’au jour de 2015 où les deux hommes ont l’idée géniale de créer Emuage en sortant d’un cours de cuisine. Leur machine permet de confectionner ses propres produits cosmétiques à la maison, à l’aide de simples capsules, de la même façon qu’une machine à café.
Elixir anti-rougeurs, anti-cernes, mousse raffermissante, masque capillaire ou fluide anti-tâches: plus de 100.000 combinaisons sont possibles à partir des textures, parfums et principes actifs encapsulés et garantis sans conservateurs.
Des capsules recyclables. Objectif: assurer la transparence et la fraîcheur des produits préparés chez soi. Le tout en lien avec une application pour en conserver l’historique et la liste exacte des ingrédients.
Après cinq ans de recherche, la production d’Emuage devrait démarrer d’ici à la fin de l’année. Pour l’heure, les pièces made in France sont assemblées à Toulon en attendant de trouver, en 2021, un sous-traitant français. En 2018, BSF, le numéro un mondial allemand de la chimie a déjà investi dans ce projet plus d’1 ME, coupant l’herbe sous le pied de L’Oréal qui s’est aussi montré intéressé. Emuage serait actuellement la meilleure plateforme pour faire ses cosmétiques maison. Le potentiel est colossal et dépasse les frontières.
En attendant de voir leur machine décoller, les deux Varois planchent déjà sur d’autres innovations notamment à l’aide des plastiques rejetés dans la mer afin de les recycler pour en faire de nouveaux flacons personnalisables pour leurs clients. Une façon de faire un geste pour l’environnement alors même que l’industrie cosmétique est réputée polluante. 

Grégoire Tutenuit, président et fondateur de B2B Cosmetics, La Seyne.
Grégoire Tutenuit, président et fondateur de B2B Cosmetics, La Seyne. (Photo Sophie Louvet)

8- Des tatamis
aux lunettes contre le mal
des transports

Antoine Jeannin, pdg de Boarding Ring, 36 ans
Ollioules (83)
45e du classement

Ancien judoka international, trois fois champion de France et cinquième au championnat d’Europe de judo, Antoine Jeannin, 36 ans, a décidé de raccrocher son kimono en 2015 pour rejoindre son père Hubert et son frère Renaud, 32 ans, dans leur projet de développement de startup.
Cette année-là, les trois Ollioulais créent Boarding Ring. Une société conçue pour promouvoir l’invention de leur père née dans les années 2000: des lunettes contre le mal des transports.
«J’avais fait une école d’ingénieur avant, raconte Antoine Jeannin. Ce projet était très excitant et le fait d’avoir fait du sport avant, de me sentir libre, responsable de mes réussites comme de mes échecs, j’ai trouvé beaucoup de parallèles entre ces deux mondes. Et c’est un projet familial auquel je crois énormément. Aujourd’hui, l’entreprise a fait ses preuves.»
Le papa Hubert, philosophe de formation à l’origine et vendeur de lunettes loupes auprès des pharmacies, avait eu l’idée d’inventer ces lunettes en s’intéressant aux perceptions sensorielles et visuelles pour lutter contre le mal des transports. La solution consiste à répondre au conflit sensoriel entre le sens de l’équilibre et la perception de l’œil.
Dès les premiers symptômes de malaise, il suffit de mettre les lunettes une dizaine de minutes pour passer un voyage serein en voiture, en bateau ou en avion. Le liquide bleu dans les anneaux clipsés sur les lunettes permet de créer un horizon artificiel pour l’œil.
Loin d’être une invention farfelue, en juillet 2018, la marque automobile aux chevrons, a produit ses propres modèles, les Seetroën. Depuis 2015, plus de 40 000 paires ont déjà été vendues, commercialisées sur le site sous le nom de Boarding Glasses ou chez certains pharmaciens, opticiens, magasins d’accastillage, de sport ou encore chez Norauto, Le Vieux Campeur…
L’an prochain, un modèle pour enfant devrait faire son apparition.
Par ailleurs, les Jeannin ont développé d’autres modèles innovants pour lutter contre la nausée, adaptés aux masques de réalité virtuelle (Seenetic VR), et aux véhicules et avions sous forme de colonnes lumineuses (Boarding Light). Le premier dispositif, récompensé au CES de Vegas, devrait être prêt en cette fin d’année.
Quant au second, il a déjà attiré des partenaires de l’automobile et de l’aéronautique comme Faurecia et Daher qui réalise des pièces pour les jets et Airbus, Naval Group ou encore la Marine nationale.
Si, avec l’arrêt de l’usage des transports lié à la crise de la Covid, l’activité s’est trouvée ralentie, elle semble repartir de plus belle pour Boarding Ring. «Depuis deux ans, on double chaque année notre chiffre d’affaires. On espère dépasser le million d’euros l’année prochaine», confie le jeune entrepreneur varois.

Antoine Jeannin, pdg de Boarding Ring, Ollioules, avec son frère et son père.
Antoine Jeannin, pdg de Boarding Ring, Ollioules, avec son frère et son père. (Photo Luc Boutria)

9- Parfum tricolore

Adrien Gautier, pdg du Parfum citoyen, 34 ans
Nice (06)
56e du classement

Authentique, éthique et responsable, trois adjectifs qui pourraient être inscrits sur le fronton du Parfum citoyen fondé il y a trois ans à Nice par Adrien Gautier.
Le concept imaginé par cet ancien recruteur RH? Bousculer les codes de la parfumerie traditionnelle avec des fragrances de luxe manufacturées localement, vegan, écoresponsables, non testées sur les animaux et vendues à un prix juste. Le tout vaporisé d’une touche de fun.
Une évidence pour ce petit-fils de parfumeur qui rend ainsi hommage au savoir-faire de la région. Tous ses fournisseurs sont localisés dans le Sud-Est et la fabrication artisanale est réalisée à Vallauris dans les Alpes-Maritimes. «Même les étiquettes sont collées à la main», précise Adrien Gautier. Une façon de créer de la valeur en soutenant l’emploi sur place.
Autant de spécificités qui font du Parfum citoyen «l’une des marques les plus propres sur le marché», annonce fièrement son fondateur et unique employé.
Côté prix, le positionnement résolument abordable pour le consommateur – 29 e les 30 ml et 59 e les 100 ml - permet de rémunérer le fabricant et la marque «sans lésiner sur la qualité des matières premières. Au lieu d’aller au marketing, tout notre budget passe dans la fabrication.»
Quitte à disrupter l’univers très premier degré de la parfumerie, autant y aller fond. Adrien Gautier a imaginé avec un nez de Grasse une gamme de dix senteurs pour hommes et femmes aux noms décalés: French Fatale, Geek Chic, Le Hipster…

Plus que des parfums, ce sont des «Des portraits olfactifs qui retracent une personnalité imaginaire. Les accords que l’on a créés racontent ces traits de caractère.»
Pour l’heure, Le Parfum citoyen est distribué dans des circuits alternatifs: concept stores, parfumeries indépendantes ou sélectives «qui partagent nos valeurs. Nous avons trois cents revendeurs dans le monde: Japon, Allemagne, Belgique…», détaille le dirigeant qui veut faire de sa marque une référence en France avant de dupliquer le modèle à l’étranger.
Pour atteindre cet objectif, il mise sur le digital, notamment son site ecommerce, qui devrait prendre le pas d’ici la fin de l’année sur le réseau de boutiques physiques.
Taiseux sur le chiffre d’affaires, le jeune homme prévoit d’étendre sa gamme de portraits olfactifs et de la décliner en savons solides et parfums pour la maison. Egalement dans ses cartons, des parfums 100% naturels…

Adrien Gautier, pdg du Parfum citoyen, Nice.
Adrien Gautier, pdg du Parfum citoyen, Nice. (Photo D.R.)

10- Miss Bikini

Audrey Lieutaud, présidente de MonPetitBikini.com, 36 ans
Mouans-Sartoux (06)
69e du classement

Paris, février 2010. Une question toute simple «Où trouver un maillot de bain en plein hiver?» posée lors d’un déjeuner entre copines va donner naissance à une belle aventure entrepreneuriale.
Impossible pour Audrey Lieutaud qui travaille alors dans la mode d’y répondre. La jeune Grassoise titulaire d’un master spécialisé en luxe de Skema Business School à Sophia Antipolis se rend compte qu’il y a là une niche à occuper. Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle quitte Paris pour Mouans-Sartoux et en décembre de la même année, le site MonPetitBikini est en ligne avec pour objectif de devenir «le plus important des ventes de maillots de bain de l’Hexagone».

Le concept: proposer aux clientes un très large choix de marques françaises et étrangères.
Dix ans après, son objectif est atteint avec plus de un million d’articles vendus et un chiffre d’affaires de 2 ME. Entre-temps, Audrey Lieutaud a lancé dès 2015 MonPetitBikini, sa propre ligne de maillots dont elle assure le stylisme et «qui connaît un succès fou». Ce qui l’a incitée à arrêter le multimarque pour se consacrer uniquement à sa ligne en nom propre qu’elle veut désormais écoresponsable avec des tissus 100% recyclés.
Pour financer ce pivot, la dirigeante devenue maman il y a deux ans est en train de boucler une levée de fonds de 1 ME sur la plateforme de financement participatif Sowefund. Une levée qui lui permettra aussi de développer sa gamme de homewear testée à l’hiver dernier «afin de contrer la saisonnalité du maillot».
Autre virage bien négocié, celui du passage d’une marque digital native à une phygitale. L’entrepreneure/influenceuse qui a bâti sa réussite sur les réseaux sociaux s’est déjà essayée aux pop-up stores et, face à la réaction enthousiaste de ses clientes, elle prévoit d’ouvrir une dizaine de boutiques partout en France d’ici cinq ans. «MonPetitBikini, c’est, avec mon enfant, la plus belle aventure de ma vie.»

Audrey Lieutaud, présidente de MonPetitBikini.com, Mouans-Sartoux.
Audrey Lieutaud, présidente de MonPetitBikini.com, Mouans-Sartoux. (Photo D.R.)

Méthodologie
du classement

Basé à Paris, l’Institut Choiseul est un think tank indépendant dédié à l’analyse des questions stratégiques internationales et de la gouvernance économique mondiale.
Présidé par Pascal Lorot, son ambition est de créer des espaces de dialogue au carrefour du monde politique et institutionnel, de la sphère économique et de celle des idées pour fertiliser les débats sur les problématiques contemporaines.
En organisant des événements de prestige et des rencontres informelles entre les principaux dirigeants à Paris, à Bruxelles, à Moscou ou en Afrique, en diffusant ses publications auprès des décideurs et des leaders d’opinion influents, l’Institut Choiseul nourrit continuellement les décisions des acteurs économiques et politiques.
Identificateur de talents à travers notamment le Choiseul 100, le Choiseul 100 Africa, le Choiseul 100 Russia ou encore le Choiseul Ville de demain, l’Institut Choiseul contribue activement à l’émergence d’une jeune génération de dirigeants reconnus au niveau international.
Publié depuis 2013, le Choiseul 100 est un classement qui vient recenser les jeunes dirigeants économiques français de moins de 40 ans qui jouent ou sons appelés à jouer un rôle majeur dans le développement du pays.

Avec le Choiseul Région Sud, l’Institut signe sa seconde déclinaison régionale, fruit d’un travail mené tout au long de l’année avec de nombreux spécialistes du tissu économique régional, qui dresse un état des lieux des forces vives qui participent au dynamisme et au rayonnement de la RégionSud.
La réalisation du Choiseul Région Sud a été conduite en 2019-2020 et s’est articulée autour de trois étapes principales : la définition des objectifs et l’ajustement méthodologique ; la recherche et la sélection des profils ; la validation et l’élaboration du classement final faisant ressortir les 100 jeunes leaders économiques les plus prometteurs en RégionSud.
Seuls les profils répondant à certaines conditions ont été retenus: avoir 40 ans ou moins au 1er janvier 2020 ; opérer dans la Région Sud et avoir une contribution active à l’économie régionale.
À classer les profils retenus, plusieurs critères ont été pris en compte comme les accomplissements (expériences, réalisations, progression…), la situation (position, réputation, influence…), le potentiel (créativité, vision, agilité). Les 100 lauréats sont classés de la 1re à la 100e place. L’étude étant arrêtée au 1er juin 2020, les évolutions professionnelles postérieures à cette date n’ont pas été prises en compte.


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