Qu’est-ce qui rend la Principauté si attractive?

Accompagnement, expertise, innovation... La Principauté de Monaco ne manque pas d'atouts qui la rendent très attractive aux yeux des entreprises. Telle était la thématique abordée par le Club de l’Eco de Monaco-Matin mardi dernier à l'occasion du 10e salon Monaco Business.

O. Bosquier Publié le 07/10/2022 à 17:07, mis à jour le 07/10/2022 à 17:24
Le Club de l’Eco de Monaco s’est tenu à l’occasion du 10e salon Monaco Business. (Photo Jean-François Ottonello)

Dans la salle de conférence de l’hôtel Méridien Beach Plaza, le public était au rendez-vous pour assister au Club de l’Eco du Groupe Nice-Matin organisé en partenariat avec le Monaco Economic Board (MEB).

Au programme de cette première rencontre matinale du Monaco Business: l’attractivité de Monaco pour le pays et ses environs. Un thème majeur présenté au préalable par Guillaume Rose. Le CEO du MEB a ensuite donné la parole à Christian Huault, rédacteur en chef du Groupe Nice-Matin en charge d’animer le débat: "Nous vivons dans un monde en plein mouvement, la pandémie d’abord, la crise économique ensuite, qui ont eu des incidences importantes sur nos vies et celles de vos entreprises, a-t-il rappelé. Alors comment fait Monaco pour sortir la tête haute de ces crises successives?"

"Adapter notre modèle aux nouveaux actifs"

"Ce qui rend le modèle monégasque prospère, c’est sa capacité à attirer des résidents, des investisseurs, des entreprises, des travailleurs quotidiens [45.000 Français et 8.000 Italiens chaque jour, ndlr] en adaptant notre modèle à leurs besoins, a répondu Frédéric Genta. Et d’ajouter: La crise du Covid a profondément modifié la manière de vivre et de travailler, elle a accéléré la numérisation du monde. Aujourd’hui, un dirigeant qui habite à Londres ou Zurich peut envisager de s’installer ici." 

Conséquence: les résidents monégasques ont changé. "Ils sont plus jeunes, souhaitent être actifs, investir, se faire un réseau, améliorer leur qualité de vie et accéder à une vie culturelle forte", a poursuivi le délégué interministériel à l’attractivité et à la transition numérique.
C’est bien là que se situe la mission du gouvernement monégasque: s’assurer de rester attractif auprès de ces nouveaux actifs qui font la croissance de la Principauté.
Ecosystème économique et numérique performant
Parmi les atouts indéniables de la Principauté relevés par nos partenaires, "son emplacement et sa qualité de vie exceptionnelle" devenue un critère primordial après la crise sanitaire, mais aussi "ses valeurs et son style occidental fort qui n’ont rien à envier à Singapour ou Dubaï", a rappelé Frédéric Genta.
Monaco n’a pas attendu la crise pour agir. Le pays a entamé depuis plusieurs années un travail de modernisation de ses services. Un panel d’outils numériques a vu le jour: Cloud souverain, 5G, e-administration.

 

Une transformation que la Principauté a également initié dans le secteur de l’énergie (bouclier tarifaire, investissement dans les énergies renouvelables en partenariat avec la SMEG) et la mobilité avec le développement du covoiturage (2.000 trajets par semaine aujourd’hui) et le recours au télétravail.
Les partenaires ont ainsi salué les nombreux dispositifs mis en place par l’État pour les accompagner. "Le gouvernement investit pour l’avenir. Nous avons créé différents fonds de soutien. Parmi eux, le Fonds bleu a permis d’accompagner plus de 400 entreprises dans leur transformation numérique", a ajouté le délégué interministériel.

Un nouveau plan d’attractivité

Ce dernier insiste, le vrai défi de demain est humain. "Au-delà des mesures déjà mises en place, nous souhaitons aujourd’hui aller plus loin dans l’accompagnement des futurs résidents. Nous visons des procédures encore plus simplifiées leur permettant d’investir, de se développer et de créer de l’emploi. C’est pourquoi, en équipe avec le MEB, nous allons à leur rencontre. On s’assure qu’à chaque étape Monaco soit compétitrice et on se demande comment on fait d’un résident potentiel, un résident actif, un investisseur."
Un chantier parfois difficile a-t-il reconnu, mais que Monaco mène de front grâce à une adaptation excessivement rapide et agile.
"Cette époque donne une chance encore plus forte aux villes-États de compter. Cela montre qu’une économie peut croître à distance sans être dépendante uniquement de son foncier. C’est une opportunité unique de nous affranchir de notre territoire", a conclu le représentant du gouvernement.

Fonds bleu: relancer par le numérique

Après la crise sanitaire, la Principauté a lancé une palette colorée (bleu, vert, rouge et blanc) de fonds de soutien aux différents secteurs d’activité visant à relancer l’économie. Avec le Fonds Bleu, le gouvernement a investi 20M€ en 2021 pour soutenir les projets de transformation numérique menés par des sociétés de toutes tailles et secteurs confondus. Cela représente une prise en charge financière de 30 à 70% du projet global. À ce jour, plus de 400 entreprises en ont bénéficié.

Frédéric Genta, Guillaume Rose, Chloé Zaïed, Fabrice Volpi, Pierfranck Pelacchi et Loïc Chollet-Vergé. (Photo Jean-François Ottonello).

Financement et proximité humaine

Parmi les partenaires présents, Loïc Chollet-Vergé, directeur de la succursale de la Caisse d’Épargne de Monaco, et son client Fabrice Volpi, directeur administratif et financier de Monaco Digital, ont donné un exemple concret de ce qu’est l’attractivité monégasque à travers leur binôme.
"En tant que banque, nous participons modestement à l’attractivité de la Principauté en permettant aux entreprises d’investir. Nous intervenons dès le début puisque le dépôt de capital d’une société va se faire au sein d’une banque. Au-delà de cela, notre attractivité va se jouer à travers l’accompagnement que l’on offre à nos clients. Grâce à des banquiers experts, mais aussi à une réactivité forte et le développement d’outils digitaux à destination de nos clients à l’international. Un des facteurs clés de l’attractivité monégasque est de mettre face à face ces personnes", a expliqué Loïc Chollet-Vergé.

"Les entrepreneurs se sentent soutenus"

Un accompagnement dont a pu bénéficier Fabrice Volpi: "Avant de parler de partenariat avec la banque, je tiens à souligner les nombreux dispositifs qui existent en Principauté et accompagnent l’entrepreneur dans son installation. On se sent soutenus avec une proximité et une disponibilité des différents intervenants. Il existe par ailleurs à Monaco une particularité due à son petit territoire: une proximité humaine importante entre les acteurs et dirigeants qui permet aux nouveaux entrepreneurs de se rencontrer, de trouver des compétences ou d’avoir des retours d’expériences. Cela favorise les liens de confiance. Les banques s’inscrivent pleinement dans ce type de partenariat, dans la constitution de la société, mais aussi l’accompagnement dans le foncier, très cher à Monaco. Nous avons 2.800 mètres carrés de locaux dans la Principauté et nous venons de prendre 800 mètres carrés supplémentaires financés par la Caisse d’Épargne. La banque a également soutenu récemment le développement de Monaco Cyber Sécurité, notre nouvelle société. Je les remercie, car ils nous permettent de pouvoir continuer notre croissance."
Autre sujet abordé, la circulation. Point noir de la Principauté, sujette à de gros embouteillages. "Dans notre société, nous avons mis en place des partenariats pour proposer des vélos électriques à nos collaborateurs par exemple. On favorise les déplacements en transports en commun et on réfléchit aux moyens de favoriser une mobilité plus écologique. Nous avons peu de travailleurs monégasques, c’est une vraie question", a conclu Fabrice Volpi.

Loïc Chollet-Vergé, directeur de la succursale de la Caisse d’Épargne de Monaco, et Fabrice Volpi, directeur administratif et financier de Monaco Digital. (Photo Jean-François Ottonello).

Un tremplin pour les nouveaux entrepreneurs

Ancienne capitaine de bateau, Chloé Zaied a eu envie de réconcilier sa passion de la vitesse et sa volonté de protéger l’environnement. C’est ainsi que la fondatrice d’Hynova a mis au point le premier bateau à propulsion électro-hydrogène. Un bateau 100% écologique qui ne rejette rien si ce n’est de l’eau réutilisé ensuite à bord.
Alors que chez elle, à La Ciotat, son projet ne trouve qu’un écho relatif, Monaco s’y intéresse immédiatement. "La première fois que le bateau a montré le bout de son nez, c’était ici il y a deux ans. En tant que capitale du yachting et de la transition énergétique, cela a de suite fait mouche. Les gens ont compris l’intérêt de ce que je faisais alors que ce n’était pas le cas en France. Aujourd’hui, on sait que le bateau à hydrogène peut être une alternative intéressante en termes de mobilité. Ici, par exemple pour faire la navette entre Monaco et Cap-d’Ail ou Nice. La Principauté est moins procédurière ; il y a beaucoup moins d’inertie administrative et cela permet à des chefs d’entreprise comme moi d’avancer beaucoup plus vite."

Afin de continuer son développement, Hynova a aujourd’hui besoin de stations à hydrogène pour fournir de l’énergie à ses bateaux. Sa fondatrice lance un appel à la Principauté pour mener un projet pilote d’installation de bornes: "Il faut agir et je suis sûre que Monaco pourrait être pionnière dans le domaine!"

Chloé Zaied, CEO d’Hynova Yachts. (Photo Jean-François Ottonello).

"Le relais du gouvernement dans la transition écologique"

Pierfranck Pelacchi, directeur général adjoint de la SMEG (Société Monégasque de l’Électricité et du Gaz), estime que "Notre attractivité passe par deux stratégies qui peuvent paraître à l’opposé et qui sont pourtant complémentaires. Nous cherchons d’un côté à être invisibles et en même temps à être mieux visibles. Concrètement, à Monaco l’électricité ne doit pas être un sujet pour nos clients. Ce sont les agences immobilières qui s’occupent d’ouvrir les contrats. Nous avons un des réseaux électriques les plus performants au monde et nos électriciens se déplacent en vingt minutes en cas de panne. C’est une vraie clé de notre attractivité.
Par ailleurs avec la transition écologique, nous déployons beaucoup d’énergie à faire de la pédagogie et à nous faire connaître. Nous sommes le relais du gouvernement sur ces questions et nous agissons en conséquence.
Par exemple, nous avons déployé des compteurs partout dans Monaco qui nous permettent de faire des télédiagnostics et éviter les déplacements. Nous avons également le pays le plus dense en termes de bornes de recharge de voitures électriques avec plus de 600 bornes."
Concernant les craintes d’une augmentation du prix de l’énergie en 2023, le directeur de la SMEG se montre plus prudent. "Nous avons des inquiétudes, car nous prévoyons une augmentation de 74 % des prix en 2023. Nous attendons de voir ce que va faire le gouvernement à ce sujet."

Pierfranck Pelacchi, directeur général adjoint de la SMEG. (Photo Jean-François Ottonello).

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