Qu'attendre du premier grand rush de l'été sur la Côte d'Azur?

Voilà l’été! Si les Français plébiscitent les Alpes-Maritimes et plus largement la région Paca pour leurs vacances d’été, les professionnels attendent avec impatience les "internationaux".

Stéphanie Gasiglia (avec nos agences locales) Publié le 03/07/2021 à 16:49, mis à jour le 03/07/2021 à 14:54
Frantz Bouton

L’été sera chaud, mais sera-t-il beau pour les professionnels du tourisme ? Beaucoup l’espèrent, mais ils sont encore dans l’expectative, échaudés, éprouvés par un été 2020 pâlichon, où les touristes étrangers n’ont pas eu la possibilité de venir profiter de la Côte d’Azur, crise sanitaire oblige.

Cafetiers, hôteliers, hébergeurs, patrons de camping ont tous les yeux rivés sur l’aéroport Nice Côte d’Azur, entre inquiétude et espoir. Une case cochée en rouge sur leur calendrier: le 21 juillet. "À cette date, nous rouvrons partiellement le terminal 1 jusqu’au 7 septembre", a annoncé la direction du deuxième aéroport de France. Qui précise cependant: "Si on ne pense qu’en passagers, le terminal 2 seul pouvait absorber le volume attendu cet été."

Il s’agit donc "seulement" d’une mesure destinée "à accompagner le renforcement des contrôles sanitaires sur certains vols internationaux tout en préservant la qualité de service due aux passagers".

Cependant, l’aéroport espère retrouver "55% du volume passagers de l’été 2019". Une "petite" reprise, "même si ces 55%, c’est le double de l’été 2020", précise un porte-parole de l’aéroport. Qui table plutôt sur le mois d’août: "On a vraiment l’impression que les déplacements de juillet ont été reportés au mois d’après."

Il le sait aussi: "Les longs courriers apportent une clientèle très attendue par l’économie locale". Ces touristes internationaux qui manquent cruellement depuis l’été dernier.

 

Noël Ajoury, président de l’UPCR, l’Union patronale des cafetiers restaurateurs Nice Côte d’Azur confirme: "Pour l’instant, nous avons 90% de nationaux et 10% de touristes, mais ils sont européens. Nous avons des Italiens, des Nordiques comme des Suédois, des Danois ou des Norvégiens. Et un tout petit peu d’Anglais. L’été dernier nous étions à peu près à 80% / 20%." 

Comme les autres professionnels, il se languit des "internationaux". "Nous voudrions voir revenir les Américains, les Japonais, les Chinois, c’est une belle clientèle pour nous. Et plus d’Anglais aussi, ils sortent énormément et consomment beaucoup", conclut le patron des cafetiers-restaurateurs.

Une consolation pour les professionnels, la région attire. Encore et toujours. D’après la dernière enquête d’Atout France sur les intentions de séjours des Français, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur arrive en tête cet été.

A Antibes et Cannes, un week-end entre deux eaux

À Antibes comme ailleurs, la saison estivale est lancée. Avec des perspectives plutôt réjouissantes pour les professionnels du tourisme. "A priori, comme chaque année, le mois de juillet démarre doucement, relève, avec flegme, Henri Mathey, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de la cité des Remparts. Avec tout de même une spécificité cette année: un Festival de Cannes qui commence le 6 juillet et Jazz à Juan qui démarre le 9 juillet. Aujourd’hui, les hôtels ne sont pleins qu’à 50%. Ce premier week-end de juillet ne donne que le top départ. Ça va monter crescendo. Il y aura du monde dans les restaurants, les plages. Ce ne sera pas non plus l’euphorie, mais on reste optimistes."

 
archives Frantz Bouton.

On est un peu plus content pour ce premier week-end de juillet du côté de l’office de tourisme d’Antibes. "Il semblerait que notre destination, pour les mois de juillet et d’août, est sur de meilleures perspectives que des villes voisines comme Nice et Cannes", se félicite Philippe Baute, le directeur.

Qui nuance: "D’un hôtel à l’autre, on n’a pas les mêmes perspectives. De manière générale, les hôtels 4 et 5 étoiles semblent mieux tirer leur épingle du jeu. Nous voyons aussi de plus en plus d’étrangers (notamment les Américains, des ressortissants de l’Union européenne et très peu d’Anglais, Ndlr) se présenter dans nos locaux."

L’office de tourisme de Cannes confirme que l’on n’atteint pas encore les volumes de fréquentation d’avant-crise mais le "Festival apporte une très belle dynamique et attire une clientèle majoritairement composée de Suisses, Italiens, Allemands et Hollandais. Habituellement, à cette période de l’année, on accueille majoritairement des Russes, Moyen-orientaux et Américains."

La durée moyenne des séjours dans la capitale du 7e art s’étire sur trois jours minimum. De bon augure pour l’activité des restaurateurs et surtout des commerçants alors que les soldes se profilent à grands pas.

Monaco gâte ses premiers visiteurs

Vendredi, la foule en balade sur la place du Casino de Monte-Carlo témoignait des prémices d’une belle saison estivale en Principauté. Il faut dire que Monaco a mis les petits plats dans les grands pour séduire les premiers arrivants.

Outre le premier week-end des soldes d’été dans les magasins et l’ouverture, aujourd’hui, de la grande exposition de l’été dédiée à Alberti Giacometti au Grimaldi Forum, les touristes peuvent encore profiter jusqu’à ce soir du Jumping international sur le port Hercule.

Au menu: une série de courses d’obstacles réunissant la crème des cavaliers internationaux, dont le grand final sera jugé en nocturne.

 
Cyril Dodergny.

Pour parfaire le décor, ne manquait plus qu’une bonne plage. Et justement, le nouveau banc de sable du Larvotto et ses commerces seront inaugurés ce matin par le prince Albert II.

Aux hôtels et restaurants de tirer leur épingle du jeu après des mois de disette.

A Menton, des touristes "différents" mais présents

Du côté de Menton, les touristes semblent bel et bien revenir. Dans les trains, les places assises libres se font plus rares et dans la rue piétonne, les glaciers font le plein. Pour Matthew Likierman, responsable de l’Hôtel Napoléon de Menton et du Victoria de Roquebrune-Cap-Martin, la situation est "moins désastreuse qu’elle n’aurait pu l’être".

"Il nous manque pas mal de nationalités, notamment les Britanniques et les Nord Européens, mais ça tourne avec ce qu’on a", confie l’hôtelier. C’est-à-dire surtout des Français et des Italiens.

"Niveau réservations, on termine le mois de juin à 70-75% contrairement aux 90% qu’on fait lors d’une année normale, complète-t-il. Pour juillet-août, ça commence à bien prendre avec une clientèle simplement différente que celle qu’on accueille d’habitude."

A Villefranche, contrôler les voyageurs pour préserver la tranquillité des plages

Photo Celia Soddu.

"Préparez vos billets s’il vous plaît." Une contrôleuse de la SNCF répète inlassablement cette phrase. Elle ne cille pas lorsqu’une jeune voyageuse lui répond ingénument "mais quel billet?". Immanquablement, l’amende tombe.

De quarante à soixante PV sont ainsi dressés à chaque opération de contrôle. En saison estivale, les policiers nationaux, conjointement avec leurs collègues de la municipale et les équipes de la sûreté ferroviaire, en mènent trois par semaine en gare de Villefranche.

 

La célèbre plage des Marinières est juste en contrebas des rails. Des centaines de plaisanciers, touristes ou locaux, s’y pressent chaque jour. Et la cohabitation est parfois difficile. D’où l’idée de contrôler en amont les baigneurs qui, pour nombre d’entre eux, arrivent en train.

"Ceux qui ne paient pas leur billet sont souvent aussi ceux qui posent problème sur la plage", souligne le commissaire Olivier Malaver, adjoint au chef du SIAP de Nice. "Nous avons commencé à mettre en place ces opérations l’an passé et nous allons les renouveler cet été jusqu’à la mi-septembre car c’est très dissuasif. Depuis que nous les avons mises en place, les incivilités sur la plage ont grandement baissé."

Il faut dire que l’amende est de 50 euros. Elle se double parfois d’un contrôle en règle. Voire d’une interpellation, comme lorsque cette semaine, deux contrevenants étaient également détenteurs d’une arme blanche. Leur retour vers Nice s’est fait du coup par la route, et dans un véhicule de police. 

(Bien) moins qu'en 2019, mieux qu'en 2020

En ce qui concerne l’hôtellerie, au 25 juin, le taux de chambres déjà réservées pour juillet dépasse les 33%, selon les données récoltées et analysées par le CRT Côte d’Azur France. Un taux qui a plus que doublé au cours des cinq dernières semaines.

En comparaison avec la même période de l’an passé, on note une avance de 50%. Avec les réservations de fin juin et de dernière minute, l’occupation en juillet "devrait être bonne et supérieure à 2020, de l’ordre de 65% contre 55% l’an dernier", précise encore le CRT.

Pour le mois d’août, le taux de chambres déjà réservées est de 24%, en avance de 2 points par rapport à l’an dernier (mais 20 points de moins qu’en 2019). En 2020, on a observé une forte concentration des séjours sur août qui seront, cet été, mieux répartis sur la saison, pressent le Comité régional du tourisme.

Pour septembre, on note à ce jour une avance de 5 points du taux de réservation comparé à 2020. Pour les locations meublées, les nuitées réservées sur les mois de juillet-août sont, pour le moment, en hausse de 6% par rapport à la même période de 2020. En montagne, l’occupation acquise est en retard de 4 points par rapport à 2020.

Reprise des réservations

Au 30 juin, la fréquentation étrangère reste, encore cette année, très en dessous du niveau habituel (2 millions de séjours étrangers en 2020 contre 6 millions normalement, pour un total de 11 millions de visiteurs).

Du fait des craintes sanitaires, seuls les pays limitrophes ou proches représentent un volume significatif: Italie, Allemagne, Benelux, Suisse. Cependant, assure le CRT Côte d’Azur France, on note, depuis la deuxième quinzaine de juin, une accélération des arrivées d’étrangers, surtout Européens et une reprise des réservations sur l’été, y compris par des visiteurs américains et moyen-orientaux.

Au niveau des vols internationaux hebdomadaires, l’aéroport est passé de 130 vols vers Nice en mai à une projection de 566 en juillet.

Pour l’instant, les clientèles d’Asie-Pacifique et d’Amérique latine font défaut, "on ne s’attend pas à une amélioration à court terme", grince le CRT. En revanche, il y a une hausse des réservations aériennes provenant des pays d’Europe du Sud: Italie, Espagne, Portugal, Grèce.

Pour l’ensemble des pays étrangers, les réservations sur l’été, en date du 20 juin, montrent une avance de 8 % par rapport à l’été dernier. S. G.

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