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Pourquoi pour la première fois, une femme accède à la présidence de l'Union patronale du Var

Élue à l'unanimité présidente de l’Union patronale du Var, l’entrepreneuse dracénoise Véronique Maurel, aussi vice-présidente de la CCI du Var depuis novembre dernier, prend la succession de Gérard Cerruti en place depuis 27 ans.

Ambre Mingaz Publié le 20/06/2022 à 18:30, mis à jour le 17/06/2022 à 16:26
« J’ai l’intention de travailler avec tout le monde. Nous avons une maison, l’UPV avec des mandats, et tous ces mandats sont dans toutes les organisations. La priorité, ce sont les entreprises, les entrepreneurs, nos adhérents et les emplois. » Frank Muller

À la tête avec son époux de l’entreprise Ixarys à Lorgues et engagée de longue date dans différents mandats syndicaux patronaux, Véronique Maurel, 57 ans, est depuis jeudi soir la nouvelle présidente de l’Union patronale du Var (UPV). Elle a été élue à l’unanimité par le conseil d’administration pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois.

Après avoir longtemps travaillé aux côtés de son prédécesseur Gérard Cerruti en tant que présidente adjointe notamment, elle est la première femme à prendre la tête de cette institution varoise qui rassemble à la fois le Medef, la CPME du Var et plus de 5.000 adhérents.

Persévérante et efficace, Véronique Maurel –que certains ont pu croire à tort discrète ou soumise–, est en réalité une battante, une femme d’action qui a gravi une à une les marches jusqu’à cette distinction.

À l’UPV depuis 2008

Véronique Maurel est entrée en 2008 au syndicat patronal varois d’abord à la délégation de Fréjus, puis de Draguignan avant d’en devenir la vice-présidente pendant six ans. Elle a ensuite rejoint la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) du Var dont elle est la présidente depuis 2017. Vice-présidente de la CPME Sud et enfin élue en novembre dernier vice-présidente de la Chambre de commerce et d’industrie du Var (CCIV) aux côtés de Basil Gertis, l’entrepreneur assure à juste titre: «Pour moi l’UPV, c’est ma maison. Ça m’a beaucoup apporté. J’ai découvert grâce à cela le fonctionnement d’une délégation, l’importance des mandats, à l’Urssaf, aux tribunaux de commerce, aux prud’hommes... d’avoir une union patronale avec deux syndicats qui travaillent ensemble : le Medef et la CPME. Je veux garder cette unité, c’est important. Au fil des ans, j’ai beaucoup appris et su rester à ma place sans revendiquer quoi que ce soit. Si je suis là aujourd’hui, ça s’est fait naturellement. J’ai fait mon job, au mieux.» Et d’ajouter : «Je suis reconnaissante envers Gérard Cerruti qui m’a fait confiance. Il a toujours été là et je lui dis merci car il a ouvert la voie. Il nous a permis de changer les statuts sous son impulsion. J’ai toujours été franche avec lui. C’est quelqu’un que je respecte beaucoup ainsi que Thierry Balazuc, le secrétaire général de l’UPV.»

 

Pour l’unité et la mutualisation

Sa place de femme a-t-elle changé sa façon de travailler? «J’ai su m’imposer et ça s’est toujours bien passé. J’ai l’habitude de travailler en équipe et je sais m’entourer de gens compétents. Quand je ne sais pas, je préfère poser des questions. Je mesure aujourd’hui ce qui m’arrive. C’est un travail de longue haleine. Je connais la maison, les gens qui y sont. Ils me font confiance et je suis fière de mon parcours. Je vais faire le job. Sans me vanter. Je ne vais pas changer. Quand je prends la parole, c’est clair et net, j’essaie toujours d’être efficace.»

Un programme détaillé à la rentrée

Sa feuille de route? «J’ai l’intention de travailler avec tout le monde. Nous avons une maison, l’UPV avec des mandats, et tous ces mandats sont dans toutes les organisations. Nous sommes le noyau central où tout le monde peut venir travailler. La priorité, ce sont les entreprises, les entrepreneurs, nos adhérents et les emplois. Faire en sorte que les entrepreneurs soient reconnus et qu’ils puissent travailler au mieux, qu’ils puissent s’épanouir complètement dans le Var. Je veux qu’ils soient fiers d’être à l’UPV. J’y ai appris des choses, fait du réseau, trouvé des amis. Aujourd’hui, la priorité, c’est l’économie, préserver nos entreprises et nos emplois. Je vais mettre en place un programme que je dévoilerai en détail à la rentrée de septembre en conseil d’administration. J’annoncerai aussi la composition de mon bureau. Je vais apporter ma touche personnelle. Je suis discrète mais je suis une bosseuse. J’aime que tout soit bien fait et rapidement, de manière efficace. Mon programme s’articulera autour de quatre axes principaux : l’aspect humain et syndical ; les services aux entreprises ; le développement des compétences et les territoires. Je voudrais qu’on revienne à nos territoires et qu’on repositionne les délégations pour aller au plus près des entreprises et les valoriser ; la mutualisation avec certaines structures comme la CCI du Var pour voir comment on peut travailler sur des thématiques précises, éviter des doublons et trouver de nouveaux adhérents ; et les ressources, les moyens internes pour voir comment on peut développer des synergies.»

À l’image du Draguignan Union Club de basket qu’elle a présidé durant plus de quatre ans jusqu’en décembre dernier, Véronique Maurel est de ces chefs d’entreprise qui ne lâchent rien, qui croient en l’esprit d’équipe et l’optimisme avec une pointe d’admiration pour la jeunesse. «Comme dans une entreprise, ce n’est pas une personne mais tes collaborateurs qui font avec toi que l’entreprise peut se développer. Le dirigeant donne l’impulsion et la direction. Après, c’est l’équipe qui fait. D’ailleurs, à l’UPV, je suis là pour faire le job, pour assurer le maintien de l’unité entre le Medef et la CPME, et pour préparer l’avenir avec l’arrivée de jeunes chefs d’entreprise qui ont envie de s’investir. Et après, je passe la main.»

De jeune pousse à pépite varoise

Tout commence en 2008 lorsque Véronique Maurel et son époux Patrick Hyppolite fondent à Lorgues l’entreprise Ixarys qui conçoit et édite des logiciels de traçabilité pour la viticulture et l’aéronautique (18 collaborateurs, chiffre d’affaires non communiqué).

 

De startup, la jeune pousse est devenue au fil des ans une belle PME dont le chiffre d’affaires croît chaque année de 20%. Outre les grands domaines viticoles et caves coopératives de France, de Suisse et du Canada qu’elle compte déjà comme clients, la société a signé il y a quelque mois et pour la deuxième fois le label DataStream Essential avec Airbus Helicopters pour son logiciel Tracingflight. Ce logiciel permet d’optimiser la gestion et maintenance des balises sur les pistes des aéroports afin de suivre toutes les opérations de maintenance qui sont réalisées et à venir afin d’anticiper les pannes. Ainsi reconnu pour sa fiabilité et son professionnalisme, le logiciel permet un gain de temps, la rationalisation des coûts et une sécurité optimale des vols.

D’ailleurs, depuis 2018, l’aéroport de Nice l’utilise également pour assurer le bon état de fonctionnement de ses pistes d’atterrissage.

ixarys.fr

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