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Pourquoi Monaco est le bassin d’emplois le plus dynamique de la Côte d'Azur

Le premier Club de l’Eco en présentiel s’est tenu au Café de Paris le 3 novembre. Des experts des ressources humaines ont pu échanger sur l’attractivité incroyable du bassin monégasque et ce, malgré la crise.

La rédaction Publié le 08/11/2021 à 18:30, mis à jour le 05/11/2021 à 16:51
De gauche à droite: Christian Huault (Groupe Nice-Matin), Corinne Pirinoli (Monaco Telecom), Guillaume Rose et Michel Dotta (Monaco Economic Board), Emmanuelle Cellario-Florio (Service de l’Emploi), Emmanuel Van Peteghem (SBM Monte-Carlo) et Ariel Barugel (CFM Indosuez Wealth Management). (Photo Jean-François Ottonello)

Difficile d’imaginer une cartographie de l’emploi plus attractive que celle du bassin monégasque. Malgré une crise sanitaire mondiale qui a bousculé tous les secteurs, Monaco tire son épingle du jeu avec des chiffres flirtant avec ceux de 2019. A savoir quelque 56.000 salariés alors même que la Principauté ne compte que 38.000 résidents. Le tour d’horizon de ce premier Club de l’Eco post-Covid, organisé par Monaco Economic Board (MEB) et le Groupe Nice-Matin, était donc plus que positif. Quatre experts y ont développé les atouts et le dynamisme du bassin monégasque et six salariés y ont témoigné de leurs parcours professionnels dans de sympathiques vidéos. Outre le climat et la douceur de vivre, tous ont évoqué l’ouverture à l’international.

Des carrières inédites

De nombreuses entreprises monégasques ont ainsi des sièges ou filiales à l’étranger, permettant aux collaborateurs une expérience à part et une évolution de carrière inédite, grâce à la formation continue et la mobilité interne.
Évidemment, les salaires sont plus attractifs qu’ailleurs car les charges sont moins élevées. Mais les postes sont aussi plus qualifiés, notamment dans la finance ou dans le luxe. Pour compenser le niveau de vie monégasque élevée, de nombreux salariés n’y résident pas.

"Le télétravail fait aujourd’hui partie des critères de recrutement chez les candidats", appuie Ariel Barugel, directeur des ressources humaines chez CFM Indosuez.
Le tissu économique est, par ailleurs, extrêmement diversifié. Outre le tourisme, l’hôtellerie-restauration et la finance, Monaco attire les activités de gens de maison, du commerce, de la construction, du transport, de l’immobilier, du numérique ou encore des activités scientifiques et techniques qui sont d’ailleurs le premier employeur de la Principauté.

Une diversité de secteurs

Cette diversité était notamment présente dans les témoignages vidéo. Brice Fromion, directeur export des Laboratoires Asepta, travaille à Monaco depuis seize ans. "Je voulais une carrière internationale, explique-t-il lors de la présentation de son parcours. Monaco permet un environnement mondial sécuritaire, à la fois exclusif et unique. Et nous souhaitons contribuer à mettre la Principauté en avant avec le ‘‘Made in Monaco’’ dans le secteur du cosmétique."
Simon Menaud, chargé d’affaires des professionnels de l’immobilier à la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, est, lui, né à Monaco et a choisi d’y faire carrière: "L’immobilier est un secteur en tension et cela pour toutes les entreprises: des TPE aux grands groupes en passant par les institutionnels. Il y a de belles opportunités à saisir."

 

Quant à Sébastien Clavé, courtier maritime depuis quinze ans chez Northrop & Johnson, la Principauté était une évidence: "Monaco est la capitale du yacht, elle regroupe tous les corps de métiers du secteur."
La prochaine rencontre du Club Eco qui réunira les principaux acteurs économiques de la Principauté aura lieu le 30 novembre au Grimaldi Forum pour les Trophées de l’Eco.

en chiffres


> 56.000 salariés à Monaco dont 51.008 salariés dans le secteur privé;

> 38.000 résidents,soit un bassin attractif pour les zones géographiques environnantes;

> 140 nationalités dont 63% de Français et 15,5% d’Italiens;

> 24.701 offres d’emploi en 2020;

 

> 8 secteurs qui recrutent: médical, juridique, hôtellerie-restauration, bancaire, construction, numérique, aide à la personne, comptabilité-audit.

Travailler sur le Rocher

Loi 629
C’est la loi qui encadre l‘embauche à Monaco. Chaque emploi nécessite ainsi un permis de travail.

Sont prioritaires à l’emploi: les Monégasques et résidents de la Principauté; les personnes domiciliées dans les communes limitrophes (Beausoleil, Cap-d’Ail, Roquebrune-Cap-Martin, La Turbie) ayant déjà travaillé à Monaco, ainsi que les personnes inscrites au Service de l’Emploi.

Salaires
Le salaire brut médian est de 2.450 euros à Monaco contre 1.797 euros en France. Concernant le salaire minimum, le net horaire est supérieur de 16% à celui versé en France. Par ailleurs, il n’y a pas de CSG/CRDS et les cotisations sociales sont nettement inférieures: 12% contre 25%. Toutefois, la semaine de travail est de 39 heures.

Avantages sociaux
Le taux de remboursement des soins médicaux est pratiqué à hauteur de 80%. La prise en charge par les employeurs est totale pour les cotisations maladie, maternité ou encore invalidité. Enfin, il y a douze jours fériés et certains sont récupérables s’ils tombent un samedi ou un dimanche!

Une place technologique sur la scène mondiale

Monaco Telecom compte 230 salariés en principauté et 800 personnes avec ses filiales à Chypre et Malte. La Principauté est ainsi aujourd’hui une grande place du numérique dans le monde. Et cela a été prouvé avec le déploiement de la 5G.
"Quelqu’un qui vient à Monaco, très souvent, a envie d’y rester", sourit Corinne Pirinoli, directrice RH de la société. Pourtant, il n’est pas toujours évident de recruter certains profils comme les développeurs et ingénieurs. "C’est un secteur en tension et la concurrence est forte, notamment avec Sophia Antipolis", reconnaît-elle.

Les entreprises doivent ainsi s’adapter, notamment grâce aux possibilités qu’offre le télétravail et à des méthodes plus agiles. "Il y a également une grande diversité d’entreprises: de la startup au grand groupe. Monaco est capable de fédérer ces entreprises. Cela crée un écosystème qui regorge d’opportunités pour faire carrière et évoluer. Par exemple, 70% des salariés qui quittent Monaco Telecom retrouvent un emploi sur Monaco par la suite.»

Le boom du numérique

Car le secteur du numérique explose à Monaco. En dix ans, il a connu une augmentation de plus de 60% et compte aujourd’hui 861 entreprises et 1 727 salariés. C’est ce qui a attiré Max Duca, chef de projet chez Monaco Digital, qui a présenté son parcours en vidéo. Le développeur travaille à Monaco depuis treize ans, tout en habitant à Menton.

Son objectif: "Se former, évoluer et rester à la pointe des nouvelles technologies et de l’innovation." Il a ainsi évolué au sein de son entreprise, qui a elle-même grandi.

"A mon arrivée, nous étions 40 collaborateurs; aujourd’hui, nous sommes 250. Et les choses continuent de bouger avec Monaco Cloud." Grâce à Monaco Cloud, opérationnel en 2021, la Principauté devient, en effet, le premier pays européen à se doter de son propre cloud souverain.

Corinne Pirinoli, directrice RH, Communication, Expérience Client à Monaco Telecom. (Photo JFO).

L’importance de la formation et de la mobilité interne

"Dans le secteur du tourisme, on attire pas mal de talents. On est une place internationale pour le luxe dans l’hôtellerie et la restauration, explique Emmanuel Van Petegem. A la Société des Bains de Mer (SBM), nous comptons 130 métiers différents. Et il est essentiel de favoriser la mobilité interne. Nous avons une vraie politique de formation pour permettre à nos talents de rester et d’évoluer."

C’est notamment le cas de Céline Martin, responsable communication interne, qui a présenté son parcours en vidéo. Céline est salariée à la SBM depuis trente ans! "J’ai fait un BTS Tourisme à Monaco puis j’ai commencé comme saisonnière avant de rejoindre Ducasse au Louis XV comme attaché presse. Quand on commence à travailler à Monaco, on y reste... C’est un cadre de vie privilégié, on est chanceux."

Emmanuel Van Petegem, secrétaire général à la SBM Monte-Carlo. (Photo JFO).

la finance internationale à échelle humaine

"Pour la belle histoire, nous avons également une collaboratrice qui est entrée en stage chez nous en 1977 et qui prendra sa retraite à la fin du mois, souligne, ravi, Ariel Barugel, DRH de CFM Indosuez Wealth Management. Elle a évolué dans la société jusqu’à devenir secrétaire générale de la banque et membre du Comex. Nous avons ici des entreprises suffisamment grandes pour offrir de telles évolutions aux profils agiles et talentueux."
Car, aujourd’hui, on change de carrière plusieurs fois dans une vie professionnelle. La mobilité interne est ainsi essentielle. "Il existe beaucoup de filiales à Monaco qui ont des sièges à l’étranger, ce qui peut être une chance pour les collaborateurs. Cela implique également que nous recrutons des profils de plus en plus multiculturels."
Et pour la gestion de fortune, Ariel Barugel est formel: "Monaco n’a pas d’équivalent dans la région. La principauté compte trente banques et soixante sociétés de gestion et la concurrence y est vive." En dix ans, on dénombre ainsi une augmentation de 30% de professionnels dans le secteur de la finance pour atteindre désormais 4.000 salariés.La finance verte
en plein essor

Un secteur à part sur la scène internationale, qui a également été vanté par Jérémy Genin dans sa vidéo de présentation. Le directeur de la recherche de Monaco Asset Management est revenu de l’étranger il y a six ans, après des expériences à Singapour, Hong-Kong et Londres.

"J’étais originaire de la région et il y a de vraies possibilités de développement pour la finance ici. Tout particulièrement la finance verte qui est en plein essor. Monaco est une place financière internationale à échelle humaine.Elle permet des opportunités impossibles ailleurs."

Ariel Barugel, DRH CFM Indosuez Wealth Management. (Photo JFO).

L’expertise d'Emmanuelle Cellario-Florio, cheffe du service de l’Emploi, Direction du Travail

L’administration de proximité

"Ce n’est pas un frein à l’embauche mais, au contraire, un outil de travail qui nous rapproche des employeurs et nous permet de connaître tous leurs besoins. Chaque employeur est ainsi suivi individuellement."

Le télétravail

"La loi permet aux entreprises de proposer jusqu’à trois jours par semaine de télétravail. Dans les faits, cela ne dépasse pas un jour ou deux de façon à conserver le lien social. La crise sanitaire a évidemment accéléré les choses puisque nous avons connu une augmentation de 80% entre mars 2020 et 2021. Et l’on ne reviendra pas en arrière. Aujourd’hui, les managers sont rassurés et les salariés plus épanouis. Et c’est également un comportement plus éco-responsable. Dans le même sens, de nombreuses aides sont proposées, notamment avec le covoiturage."

L’alternance

"C’est aujourd’hui une mesure phare avec une plateforme dédiée lancée l’année dernière. Nous comptons 160 contrats signés en un an. De la même façon, le secteur de la finance nécessitait des compétences particulières, nous avons ainsi mis en place un diplôme spécifique en 2007. C’est le pragmatisme de Monaco : action, réaction."

Emmanuelle Cellario-Florio, cheffe du Service de l’Emploi, Direction du Travail. (Photo JFO).

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