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Pourquoi les marchés de niche prospèrent à Monaco

Mis à jour le 19/06/2017 à 11:46 Publié le 12/06/2017 à 05:02
Spécialisé dans l'importation de viande, le groupe Giraudi a misé sur une niche : la viande de luxe. Un choix qui lui a permis d'accélérer son développement. Riccardo Giraudi a fait partager son expérience aux partenaires du Club de l'éco de Monaco-Matin vendredi matin.

Spécialisé dans l'importation de viande, le groupe Giraudi a misé sur une niche : la viande de luxe. Un choix qui lui a permis d'accélérer son développement. Riccardo Giraudi a fait partager son expérience aux partenaires du Club de l'éco de Monaco-Matin vendredi matin. Photo Mickael Alesi

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Pourquoi les marchés de niche prospèrent à Monaco

Monaco est un terreau fertile pour les marchés de niche. Est-ce parce que la clientèle y est segmentée et internationale ? Est-ce parce que son ADN accélère la créativité ?

C’est l’un des traits majeurs de son économie: la Principauté de Monaco est propice au développement d’entreprises qui s’inscrivent dans des marchés de niche, que ce soit à Monaco intra-muros ou à l’international. Le Club de l’éco de Monaco-Matin le constate chaque année lorsqu’il se penche sur le dossier de sélection des Trophées de l’Économie, prix qu’il remettra cette année encore au Grimaldi Forum à la fin du mois de novembre. Vendredi, les partenaires du Club de l’éco se sont penchés sur cette spécificité monégasque. La Principauté porte-t-elle en son sein les ferments de cette éclosion de niches de marché? Comment les entrepreneurs monégasques tirent-ils leur épingle du jeu? Début d’analyse avec Riccardo Giraudi, le président délégué du groupe Giraudi, spécialisé dans l’importation de viande et la restauration. Un bel exemple de réussite focalisée sur une niche de marché.

Riccardo Giraudi, pourquoi avoir choisi de travailler un marché de niche avec l’importation de la viande de luxe?
Il y a un lien intrinsèque avec Monaco. Le groupe Giraudi créé par mon père est spécialisé dans l’importation de viande. Nous avons un savoir-faire important et le luxe fait partie de l’ADN de la Principauté. Il fallait tenter de conjuguer les deux et importer de la viande de luxe. Ce que nous faisons depuis quelques années en plus des 85.000 tonnes de viande qui transitent par Monaco.

Que vous apporte cette niche de marché?
Elle nous a permis de pousser notre développement beaucoup plus loin. Associer viande de luxe et Monaco a été un vrai levier.C’est à partir de ce moment-là que nous avons commencé à prendre des contrats au Japon, aux États-Unis, au Canada, en Australie…
Monaco permet à des entrepreneurs comme nous d’exister.

Pourquoi?
Parce que Monaco elle-même est un marché de niche. De par sa taille. C’est un pays, une nation, une ville, un village. Avec une diversité de la population qu’il est important de comprendre. Ceux qui arrivent ici en se disant, il n’y a que des riches à Monaco, on va gagner beaucoup d’argent, se plantent. Monaco est un pays de racines. On n’accepte pas les gens arrogants qui savent tout. Il n’y a pas une clientèle mais des clients à Monaco, il faut les analyser pour introduire sur le marché des produits qui ont une vraie valeur ajoutée.

Comment expliquez-vous votre réussite?
Par le fait que je suis né à Monaco et que j’y ai grandi. J’ai pu cerner la clientèle. J’ai ouvert le Beefbar parce que j’avais besoin de RP autour de la viande.à mon retour de Londres après l’université, en 2002-2003, j’ai pensé que la clientèle présente à Monaco était la même qu’à Londres, New York ou Moscou. À l’époque à Monaco, on avait le choix entre les restaurants étoilés et les trattorias, il n’y avait pas d’entre deux. Dans les années 2000, on était dans le plein boom d’Internet, les restaurants étaient devenus des marques. À Londres, j’avais appris la valeur ajoutée des restaurants, avec du lifestyle, de l’expérience. Nous nous sommes lancés en partant de notre valeur ajoutée: notre savoir-faire dans la viande. On a créé le Beefbar. Aujourd’hui, on vend des franchises, des licences, en propre. On est à Mexico, au Luxembourg, Dublin, Berlin, Hongkong, bientôt à Dubaï, Riyad.

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"un accélérateur "de particules"

Geneviève Berti, Gouvernement Princier.
Geneviève Berti, Gouvernement Princier. Photo M.A.

"Le marché de niche n’est pas à proprement parler un sujet du gouvernement mais à la direction de la communication, nous nous sommes demandés   l’image que nous voulions montrer de la Principauté et avons travaillé sur la Touche Monaco.

 Elle apporte une valeur de rêve, de fantasme, de qualité qui fait la différence. Produits de luxe + Monaco = une alliance de marques qui donne quelque chose en plus. D’ailleurs, c’est ce que l’on trouvera dans l’incubateur MonacoTech. Produits de niche alliés à Monaco =  un plus. Monaco est un accélérateur de particules. C’est un motif de satisfaction et une source d’inspiration.

Les réseaux sociaux sont un formidable vecteur en terme d’audience. Le fait de taguer Monaco avec une belle photo donne une énorme viralité et on se rend compte du potentiel de notre marque qui dépasse le marché du luxe. Instagram est la meilleure publicité gratuite que l’on peut désirer."


"Créativité, réactivité, solidarité"

Corinne Pirinoli, Monaco Telecom.
Corinne Pirinoli, Monaco Telecom. Photo M.A.

"Monaco Telecom travaille avec le gouvernement sur l’incubateur de startups MonacoTech qui sera mis en place en septembre.Et on s’est demandé comment se différencier des autres incubateurs. La réponse est la Touche Monaco. Ce sera un endroit où se déroulera l’accélération des particules et où l’on peut réussir. Pour reprendre ce que disait Xavier Niel quand il a racheté Monaco Telecom, Monaco est un laboratoire.

C’est un pays, une nation, une ville, un village où l’on retrouve toutes les niches du monde et des pouvoirs d’achat très différents.Ce qui permet d’être très créatif. Autre avantage de Monaco: les événements qui s’y tiennent, notamment avec le Grimaldi Forum.Quand on est capable de gérer le Grand Prix de Monaco, que ce soit dans les télécoms, l’hôtellerie, la restauration…, on peut tout gérer.

Autre particularité monégasque, la solidarité. Des personnes qui, ayant réussi, ont envie d’aider des porteurs de projets. Des acteurs économiques, à l’instar de la Single Buoy Moorings, qui se proposent de les accompagner en mettant gratuitement à disposition des chefs de projet. Tout cela serait très difficile de mettre en place ailleurs.

La réactivité est une autre caractéristique, que ce soit la direction de la communication qui met sur pied une campagne de communication en quinze jours ou bien les aides au financement. Pour un chef d’entreprise, c’est capital."


"Accompagner les différents acteurs"

Olivier Mailliard, Caisse d’Épargne Côte d’Azur.
Olivier Mailliard, Caisse d’Épargne Côte d’Azur. Photo M.A.

"L’économie est très dynamique à Monaco avec de nombreuses entreprises souvent innovantes et tournées vers l’économie verte qui viennent s’installer chaque année.

À cela s’ajoute le marché immobilier très international dont les prix continuent à croître.

Cela nous permet d’accompagner les investisseurs, les promoteurs et les différents acteurs de l’économie dans leurs projets au travers de l’immobilier professionnel et du corporate.Ce sont ces atouts de Monaco qui ont suscité notre intérêt.

La demande, plus forte que l’offre dans le secteur immobilier, permet de tirer l’économie et d’appuyer la dynamique de créativité."


"Un terreau idéal pour les startups"

Michel Prost Dumont, Banque Populaire Méditerranée.
Michel Prost Dumont, Banque Populaire Méditerranée. Photo M.A.

"Considérée comme un bien de première nécessité, l’énergie est à l’opposé d’un marché de niche. Les fournisseurs d’électricité s’adressent à des marchés de masse et mettent en œuvre de moyens très génériques. À Monaco, la SMEG a développé une relation avec ses clients et des moyens techniques très différents de ceux des fournisseurs classiques. La raison est que l’on s’adresse à des niches de population et des entreprises très différentes.

Le besoin du résident monégasque qui habite dans un logement domanial diffère de celui d’un propriétaire d’un triplex avec piscine. Il faut savoir répondre aux deux. C’est la même problématique pour les entreprises. On n’adresse pas un restaurant comme les data centers de Monaco Telecom.

De plus, la transition énergétique est un sujet qui nous tient à cœur.L’État monégasque est très impliqué dans les enjeux environnementaux et la population, cosmopolite, y est sensible.A la SMEG, nous nous voulons être ce relais industriel entre la volonté gouvernementale et la déclinaison opérationnelle pour chaque client.

C’est possible car les circuits sont courts et que l’on sait mettre en place très rapidement des opérations innovantes. À Fontvieille, par exemple, il existe un système de climatisation urbaine quasi unique au monde car venant d’une usine de valorisation des déchets et de l’énergie thermique marine.C’est un ensemble très imbriqué qui n’existe nulle part ailleurs."


"Faire de Monaco la plus belle expérience de luxe d’Europe"

Axel Hoppenot, SBM.
Axel Hoppenot, SBM. Photo M.A.

"C’est notre rôle à la SBM de développer le thème de la plus belle expérience du grand luxe en Europe en créant des moments uniques.

Cela se décline dans les jeux avec le Casino de Monte-Carlo, par exemple. L’Hôtel de Paris, pour sa part, nous aidera à nous affirmer comme la plus belle expérience du luxe en matière d’hôtellerie. Ce sera le seul établissement au monde à bénéficier d’une activité comprenant son casino, son opéra, sa plage, ses thermes marins, sa galerie commerciale du luxe…

Le projet de complexe immobilier The One Monte-Carlo devrait être la plus belle expérience de résidences de luxe en Europe.

À la SBM, nous travaillons sur l’ADN de la marque Monte-Carlo.Elle s’articule autour de quatre territoires: la destination de la réussite; puis celui de la performance du bien-être et du cocooning.

Le 3e territoire concerne de l’art de vivre avec les plus belles tables gastronomiques qui sont aussi responsables.Enfin, le dernier point est celui de la découverte : surprendre les gens qui ont déjà vu beaucoup de choses.

Pour construire l’image de Monaco, on travaille sur le bénéfice émotionnel qui est le frisson, le bien-être, le plaisir et la surprise. Nous sommes une vitrine des talents des autres. On a un rôle de démultiplicateur de succès."

"Proximité et qualité du relationnel"

Hervé Zorgniotti, Grimaldi Forum.
Hervé Zorgniotti, Grimaldi Forum. Photo M.A.

"Pour l’offre tourisme d’affaires de la destination Monaco, la notion de marché de niche est très importante car elle correspond à la taille de la Principauté où tout est concentré sur 2 km2. Les concurrents sont nombreux dans l’industrie du congrès et de la réunion mais le Grimaldi Forum joue sur le facteur proximité.

Le congressiste a l’impression de faire partie d’un club et vient chercher une qualité de relationnel et d’échanges. On ne fait pas de l’industriel à haut niveau comme Paris, Vienne, Londres…Le Luxe Pack pour le packaging de luxe est un parfait exemple de niche. En décembre, nous accueillerons un nouveau salon de l’industrie du jeu et des casinos.

On profite de thématiques qui font la renommée de Monaco(sport, luxe, qualité…) mais adaptées à des secteurs économiques misant sur la qualité du relationnel et du potentiel.

C’est pour cela que nous attirons des événements dans la mobilité digitale, le e-commerce.Ce ne sont pas des raouts internationaux mais ils comptent car ils sont efficaces en termes de BtoB et de networking. La qualité de vie monégasque change aussi la qualité du congrès en apportant un supplément d’âme.

L’an dernier, le Grimaldi Forum a organisé 103 événements et enregistré son meilleur chiffre d’affaires (17 ME), ce qui a engendré plus de 50 M€ de retombées économiques."

Offre numérique MM+

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