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Pourquoi la voiture aura encore toute sa place demain selon les professionnels de l'automobile

Mis à jour le 10/12/2019 à 18:31 Publié le 10/12/2019 à 18:23
Francis Bartholomé, président national du CNPA: "Nous avons actuellement un parc automobile essentiellement thermique et il le sera encore demain car l’électrique ne représentera, en 2030, que 15% environ."

Francis Bartholomé, président national du CNPA: "Nous avons actuellement un parc automobile essentiellement thermique et il le sera encore demain car l’électrique ne représentera, en 2030, que 15% environ." Photo A.M.

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Pourquoi la voiture aura encore toute sa place demain selon les professionnels de l'automobile

A quoi ressemblera la voiture de demain et comment les professionnels de l’automobile participeront aux futures mobilités et feront face aux défis environnementaux? Francis Bartholomé, le président du Conseil national des professionnels de l'automobile nous a livré sa vision de l'avenir.

À l’occasion de la restitution de l’étude commandée par la Région Sud sur la filière liée aux sports mécaniques, à l’automobile et à la mobilité intelligente qui a eu lieu récemment au Circuit Paul Ricard, Francis Bartholomé, président national du Conseil national des professionnels de l’automobile (CNPA), nous a livré sa vision de l’avenir de cette filière, sujette aux mutations face aux enjeux environnementaux et aux questions de la mobilité.

Les voitures thermiques seront encore nombreuses dites-vous?

Nous avons actuellement un parc automobile essentiellement thermique et il le sera encore demain car l’électrique ne représentera, en 2030, que 15% environ. Certes, il faut que nos concitoyens achètent demain des véhicules propres mais on ne va pas transformer un parc automobile du jour au lendemain. La voiture aura encore sa place. Il restera un parc essentiellement thermique qu’il va falloir faire vivre. Il faut globalement en tenir compte, les entretenir, les améliorer et éliminer les plus anciens et les plus polluants. Nous sommes favorables à essayer de développer au maximum des voitures décarbonées et principalement électriques. Nos entreprises sont orientées dans ce sens, nous avons des objectifs, on les réalise mais il est aussi important d’éliminer les voitures anciennes qui sont des nids de pollution. Et nous ne pourrons pas accélérer pour deux raisons simples, c’est que l’électrique est adapté à l’utilisation urbaine et, si les constructeurs ont tout fait pour des raisons économiques, le problème de l’électrique reste l’autonomie et la recharge. 

"Je vous prédis un Electric Bashing dans trois ans"

Qu’en est-il de l’hybride?

L’hybride n’est pas non plus une réponse pour les grands rouleurs, c’est encore un leurre. Dans les voitures thermiques, ce qui va se vendre, ce sera du diesel car, en matière de CO2 et de Nox, les moteurs diesel en produisent moins que l’essence. C’est pour cela que nous allons publier un livre blanc car il y a des réalités que tout le monde doit connaître. Nous sommes dans une bulle de verre. L’électrique, c’est bien pour lutter contre le réchauffement climatique mais les gens ne sont pas prêts. Je vous prédis un Electric Bashing dans les deux à trois ans qui viennent quand nous parlerons du cobalt, du nickel et des batteries. Qu’est-ce qu’on fera de toutes ces batteries? Je pense que nous avons besoin de l’électrique principalement dans les grandes villes. Donnons-nous cinq à dix ans pour faire disparaître complètement le thermique mais on ne peut pas dire qu’en 2024, à Paris, il n’y aura plus de diesel. Ça ne se fera pas. 

Que dites-vous du projet Hynovar et du projet de développement de l’hydrogène?

Le projet ici dans le Var de produire de l’hydrogène propre avec des panneaux photovoltaïques est excellent, même s’il en faut beaucoup. L’Allemagne vient d’investir 3 milliards d'euros dans l’hydrogène pour mettre des bornes à hydrogène partout. En France, le problème c’est que nous sommes encore en train de réfléchir. C’est maintenant qu’il faut y aller! Actuellement, il n’y a que onze stations en Ile-de-France. S’il n’y en a pas assez, les gens n’achèteront pas. On ne parle pas suffisamment des réalités et des vrais projets portés. Le Gouvernement préfère évoquer les budgets financiers, les bonus-malus. On invective les gens. Il faut arrêter. Les gens en ont marre. 

Vous proposez de participer à l’intermodalité, comment?

Nous avons un rôle à jouer dans l’intermodalité. Il faut que l’ensemble des professionnels puissent y trouver leur part. Nous ne pouvons pas faire de mobilité intelligente sans parkings ni créer des services. Il faut une réflexion et des engagements avec les pouvoirs publics et nos élus régionaux pour donner du temps au temps.

La filière a connu un marché en baisse en novembre, pourquoi?

Le marché national a baissé d’environ 10% en prise de commandes par rapport à l’an dernier sur novembre. Je pense que c’est lié au problème de malus avec les changements annoncés en 2020. Ça veut dire qu’on ne sait pas trop ce qu’on va acheter. Ça ralentit un peu cette activité. Et puis, qu’est-ce qu’on achète? Nous avons été très déçus du coup de sabre porté à la prime à la conversion. ça marchait très bien. Ça a coûté de l’argent mais nous avons éliminé des vieilles voitures polluantes chez des gens au faible pouvoir d’achat qui ont pu acquérir des véhicules non pas neufs mais récents avec très peu de CO2. Depuis cette réforme, les destructions de vieux véhicules ont chuté.

"Le monde des services est en pleine mutation"

Vos métiers et services sont aussi en pleine mutation...

Nous sommes sur un changement complet. Nos métiers se digitalisent et il faut qu’on garde, par les formations professionnelles, la capacité de réparer des objets connectés. Nous allons réfléchir à comment, dans cette région, être présents dans ce domaine. Tout cela est en train de bouger énormément. La nécessité de s’adapter en permanence est primordiale pour une mobilité plus douce, plus sympathique et pas punitive vis-à-vis des automobilistes. L’ensemble de nos adhérents des différents métiers et branches professionnelles du commerce seront encore là demain. Nous avons bien compris le virage qu’il a fallu prendre pour devenir le CNPA des services de l’automobile et de la mobilité, pour essayer d’avancer, car le monde des services est en pleine mutation. L’idée est que nous soyons un syndicat professionnel qui participe de manière active à cette évolution en apportant notre contribution. C’est pour cela que le CNPA a créé, il y a un an, une Alliance des Mobilités, composée de startups de l’incubateur parisien Station F que nous soutenons. Le CNPA en assure le pilotage pour accompagner ces nouvelles mobilités. Nous avons déjà accompagné une cinquantaine de startups. Le but est que ça serve nos métiers traditionnels, que ça revienne chez nos concessionnaires, réparateurs, loueurs. On ne peut pas changer les choses sans apporter un esprit novateur. Je veux que nos métiers traditionnels s’en sortent en utilisant les méthodes digitalisées, modernes, pour pouvoir avancer. 

De nouveaux emplois émergent-ils?

Les services de l’automobile représentent en France 130.000 entreprises et 500.000 salariés. Il y a des métiers en tension comme les auto-écoles, les distributeurs de carburants. Le commerce s’adapte aux nouvelles demandes, aux réformes et développe les services, notamment chez les concessionnaires et à travers les startups. Et il y a des métiers qui émergent comme la déconstruction automobile, motos, camions, avec une filière propre et pour éviter aussi que des voitures sans carte grise circulent encore.

Les activités, entreprises, salariés

La France compte 134.300 entreprises (commerce et réparation auto, poids lourds, motos, cycles, commerce d’équipements auto, auto-écoles, stations-service, location de véhicules, contrôle technique, parcs de stationnement, démolisseurs recycleurs, stations de lavage) pour près de 500.000 salariés. Ces services de l’automobile et de la mobilité en Paca représentent 20.000 entreprises et 37.800 salariés.

Les Alpes-Maritimes comptent plus de 3.400 entreprises et 8.2OO salariés et le Var plus de 3.000 entreprises et 7.600 salariés.

Résultats de l’étude

Si la Région Sud n’est pas historiquement positionnée sur l’automobile, elle abrite des savoir-faire et compétences technologiques à valoriser dans l’automobile comme dans d’autres mobilités (aérien, maritime...), notamment autour des nouvelles mobilités, du véhicule connecté, autonome et décarboné, de la mobilité. La Région recèle plusieurs pépites, PME remarquables et grands industriels de l’économie numérique et électronique, et porte des projets novateurs (hydrogène, solaire, électrique, projets flexgrid, Cité des Energies, centres de R&D à Sophia Antipolis...) Un atout et un écosystème qu’elle doit porter vers l’excellence pour faire la différence avec d’autres régions.


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