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Pour Najat Vallaud Belkacem, "l’intelligence artificielle génère une inquiétude quasi-identique à celle du réchauffement climatique"

Mis à jour le 21/10/2019 à 11:27 Publié le 21/10/2019 à 11:30
Najat Vallaud Belkacem, ancienne ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sur la scène de la salle des Étoiles.

Najat Vallaud Belkacem, ancienne ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sur la scène de la salle des Étoiles. Photo J.D.

Pour Najat Vallaud Belkacem, "l’intelligence artificielle génère une inquiétude quasi-identique à celle du réchauffement climatique"

Plusieurs chefs d’enteprise et décideurs se sont rassemblés au Sporting d’été et au Monte-Carlo Bay pour partager leurs expériences et leurs réflexions sur la révolution numérique.

Cette rencontre a été aussi discrète qu’intelligente. Entre le Sporting d’Été et le Monte-Carlo Bay, entrepreneurs, intellectuels, scientifiques, dirigeants de grandes entreprises internationales, de PME et de start-up, se sont retrouvés afin d’échanger leurs expériences et leurs visions sur les nouvelles technologies.

Une révolution numérique qui a chamboulé brutalement et définitivement les entreprises, tant d’un point social, entrepreneurial que sociétal.

L’humain comme objectif unique

Mercredi et jeudi, une centaine d’intervenants, répartis en plénières ou en ateliers thématiques, ont débattu autour de trois axes principaux: l’avenir du travail, la santé et les villes et territoires. L’ambition est pour le moins grande: "forger une vision inclusive du monde digital de demain, en conservant l’humain comme objectif unique."

Day One s’est donc logiquement associé à la Fondation INRC, une structure qui veut relever le défi, entre grands groupes économiques, de placer les relations entre les hommes et les femmes au cœur de la logique d’entreprise; une relation à la fois responsable, durable et inscrite dans une ambition d’excellence.

Par ailleurs, le bien connu Monaco e-healthworld et partenaire de la manifestation, avec le Technion, a apporté son savoir-faire et son réseau autour des problématiques liées à la santé connectée.

"Quand on apprend que du darknet peut être récupéré d’un dossier médical pour la modique somme de 50 euros, il est indispensable de mesurer les dangers pour savoir les contrer", explique le docteur Charles Nahmanovici, fondateur d’e-healthworld, au sortir d’une des conférences organisées jeudi au Monte-Carlo Bay. Lui a notamment invité le professeur Arnon afek, directeur général associé du Sheba Medical Center, qui est venu parler de l’hôpital connecté.

La veille, Najat Vallaud Belkacem, ancienne Ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche fut invitée par l’animatrice Leïla Gandhi à monter sur la scène de la salle des Étoiles du Sporting d’Été.

"L’IA génère une inquiétude quasi-identique à celle du réchauffement climatique"

Invitée par DayOne, Najat Vallaud Belkacem a expliqué les réalités du monde de l’entreprise et les perspectives que tracent les nouvelles technologies dans la relation employeur/employés.

"Deux tiers des gens qui travaillent pensent que l’intelligence artificielle est une aubaine. Mais en même temps, ils en perçoivent aussi les risques. Ils craignent notamment que l’IA diminue leur pouvoir de négociation et génère une précarité d’emploi. 40 % des salariés pensent en effet qu’à moyen terme, l’intelligence artificielle fasse tout ou partie de leur emploi, ce qui creuserait les inégalités. Ces chiffres sont issus d’études internationales mais ce sentiment est particulièrement fort en France."

Ce sentiment mitigé des salariés est bien moindre chez les patrons et décideurs qui, eux, ont un optimisme bien plus grand.

Les deux tiers voient dans l’IA un impact positif pour l’économie. 90% sont encouragés à poursuivre les investissements dans ce domaine."

Alors l’ancienne ministre du gouvernement de François Hollande souligne le "décalage de perception entre élus et citoyens. Que savons-nous réellement de l’impact que l’lA va avoir sur le marché du travail? Les bénéfices sur l’entreprise semblent très nets. Mais avec 30% des tâches remplacées par l’automatisation, quels métiers vont disparaître? Les tâches répétitives, manuelles mais aussi cognitives. Sont touchés les métiers de la finance, la comptabilité, les ressources humaines. À l’inverse, semblent valorisés les métiers qui peuvent accomplir des tâches variables (comme celles du plombier), de création (la communication ou le design) ou encore de relations humaines (la vente)."

De quoi se réjouir autant qu’être inquiet de l’avenir. Une chose est certaine: "Si les décideurs ne prennent pas leurs responsabilités, les inégalités vont se creuser de façon assez lourde, assure Najat Vallaud Belkacem. L’IA fera perdre à certains travailleurs leur emploi plus qu’ils n’en trouveront un autre."

Comment garder le meilleur de l’IA et éviter son pire? "D’abord, il faut avoir à l’esprit la spécificité propre de chaque pays. En France, les réactions sont fortes. L’IA va brouiller les codes. Les entreprises ont un rôle à jouer en matière de formation continue pour limiter le décrochage. Elles devront également identifier et signaler à nos employés tous les paliers qui marquent la transition. Les Français considèrent par exemple qu’ils ne sont pas bien formés en entreprise."

On le voit, l’IA, quand bien même elle marquerait une sorte d’abolition de la servitude des tâches, n’est pas pour autant l’avènement d’un monde du travail heureux et épanoui.

"L’intelligence artificielle génère une inquiétude quasi-identique à celle du réchauffement climatique. Au point qu’une personne sur cinq ne veut pas en entendre parler", précise tout de même l’ancienne ministre.


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