“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

  • Et si vous vous abonniez ?

    Au quotidien, où que vous soyez, consultez le journal complet en ligne, dès 6h du matin.

    Abonnez-vous

Découvrez l’offre abonnés numérique > J’en profite

Pour les hôteliers mentonnais, "2021 sera largement pire que 2020"

Mis à jour le 14/04/2021 à 23:14 Publié le 14/04/2021 à 21:19
La majorité des hôtels du pays mentonnais sont fermés depuis octobre 2020.

La majorité des hôtels du pays mentonnais sont fermés depuis octobre 2020. Photo R. D.

Je découvre la nouvelle offre abonnés

Pour les hôteliers mentonnais, "2021 sera largement pire que 2020"

Le président du Syndicat des hôteliers de Menton et de la Riviera française, Benoît Borghese, est très pessismiste pour la profession. Et ne voit pas de reprise avant plusieurs années

Le constat est sans appel et tellement évident après tous ces mois sans clientèle: depuis octobre 2020, date du second confinement, la très grande majorité des hôtels de Menton et de la Riviera française sont fermés, subissant de plein fouet les annulations successives des événements touristiques par excellence de l’Est du département: les festivités de Noël, la Fête du citron... sans compter les manifestations incontournables de la Principauté, qui distillent normalement leurs retombées économiques sur Menton et alentour au fil des saisons. Explications.

Une situation "catastrophique"

"Même le Grand Prix, cette année, n’apportera rien aux hôteliers mentonnais, puisqu’il se déroulera quasiment à huis clos. À part ceux qui ont des contrats historiques avec des écuries, personne d’autre n’en profitera à Menton, c’est sûr que cette année, le petit nombre de participants va se concentrer sur Monaco et profiter des libertés qu’il n’y a pas ailleurs!" annonce le président du Syndicat de la profession à Menton et sur la Riviera française, Benoît Borghese. 

Jusqu’à présent optimiste, le directeur de l’établissement "L’Orangeraie" à Menton ne mâche plus ses mots, avouant aujourd’hui que la situation est "catastrophique. 2021 sera largement pire que 2020" se navre-t-il, tablant sur une réouverture des hôtels à la fin mai, début juin: "Pas avant, on essaie de se maintenir, mais avec zéro chiffre d’affaires, c’est très difficile et aujourd’hui, le moral des hôteliers est au plus bas. La profession souffre énormément. J’y vois une forme de désespoir".

Seulement trois ou quatre établissements sur Menton (il s’agit de grands hôtels) ont pu rester ouverts, accueillant des sinistrés de la tempête Alex, des ouvriers sur des chantiers ou encore des forces de l’ordre venues en renfort, "mais l’activité est de toute façon faible. D’autres ont tenté de rouvrir à plusieurs reprises, puis ont refermé au bout de quelques jours... Finalement, ce qui nous permet de tenir le coup et qui joue le rôle d’amortisseurs, c’est le chômage partiel et les aides qui nous sont accordées..."

Avec deux bonnes nouvelles tombées cette semaine*: la prise en charge d’une partie des coûts fixes et la possibilité de recruter dès maintenant les saisonniers. Mais le président modère cet élan: "La majorité des établissements ont contracté des prêts garantis par l’État, dont ils ont grignoté, pour la plupart, déjà plus de 80% au risque de s’endetter. Et malgré les reports de remboursement à 2022, ils pourraient être dans l’incapacité de le faire. Les cinq prochaines années seront difficiles et décisives pour la profession".

Et l’avenir à court et long termes?

"Les perspectives pour cet été sont quand même médiocres" fait remarquer Benoît Borghese, "avec un remplissage pas avant le 15 juillet. Juin sera très calme, et je pense que l’on aura une belle arrière-saison. L’activité oscillera donc entre mi-juillet et mi-octobre... Soit quatre mois! Ça ne suffira pas à régler les problèmes de trésorerie, surtout pour les petits hôtels. Certains pourraient disparaître...".

Et à plus long terme? Le président voit une forme de renouvellement du tourisme: un travail entamé depuis plusieurs mois avec l’Office du tourisme communautaire pour s’orienter vers un tourisme "vert". Soit, mais il est désormais conditionné par la reconstruction de la vallée de la Roya). Le chemin est encore long et certainement pas tranquille.

Un nouveau décret d’application accorde désormais à la profession du "plan tourisme" (comme c’était le cas pour les stations de sports d’hiver) la prise en charge d’une grande partie des coûts fixes, "ce qui va aider de nombreux hôteliers qui peinent à payer leur loyer"... Les hôteliers pourront bénéficier de cette prise en charge, "si leurs coûts fixes ne sont pas couverts par leurs recettes, leurs assurances ou les aides publiques...".

Par ailleurs, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, a annoncé lundi: les entreprises sont invitées à embaucher dès à présent les employés saisonniers "auxquels elles font appel tous les ans", et à les placer au chômage partiel jusqu’à la reprise de l’activité. Plus d’infos sur le site du ministère de l’Économie, des Finances et de la relance, via le lien ici. 

"Reconstruire la vallée de la Roya... et renforcer la vocation balnéaire du littoral"

La réflexion est menée depuis un certain temps, à l’initiative de l’Office du tourisme communautaire Menton, Riviera et Merveilles et sa directrice Marie Garcin Zaiter : quel tourisme pour l’Est du département demain ?

La Roya : un enjeu majeur pour le tourisme écodurable de demain

Mais la problématique s’est accélérée et compliquée avec la catastrophe climatique survenue dans la vallée de la Roya : la tempête Alex a chamboulé tous les projets sur son passage et a finalement contraint tous les professionnels du tourisme à faire preuve d’inventivité pour proposer, dès cet été, des possibilités d’offres sur le secteur.
Car il est clair que la vallée de la Roya est l’enjeu majeur, non seulement pour la relance de l’activité touristique à l’est du département, mais aussi pour l’émergence du tourisme écodurable de demain.

"Nous avons un territoire exceptionnel entre mer et montagne, mais beaucoup de choses sont à faire et à renouveler pour rester attractifs. Et avant tout la reconstruction de la vallée de la Roya, délaissée jusqu’à présent par les pouvoirs publics... Il faut renforcer ses accès routiers et ferroviaires, réinventer ses capacités touristiques. Les hôtels sont en grande souffrance, l’un d’entre eux a hélas disparu du paysage breillois...".

Des loisirs aquatiques et un centre de thalassothérapie

Quant au littoral, "Menton a la chance d’être une ville frontalière avec un accès facile pour l’Italie, la Suisse, l’Allemagne, le Benelux... C’est un avantage pour tous ceux qui plaident pour un tourisme décarboné, solidaire et citoyen, mais il va falloir que les pouvoirs publics aident la filière touristique à se réorganiser et qu’ils renforcent la vocation balnéaire de la cité avec, par exemple, des infrastructures de loisirs dédiés aux jeux aquatiques, un centre de thalassothérapie, il faut pouvoir divertir tout le monde en animant le littoral et ses ports jusqu’à Garavan !", préconise le président.

Espérant que le futur 5* intègre cet écosystème touristique, "afin qu’il devienne une locomotive pour les autres établissements hôteliers de la ville et non pas un concurrent de taille..."

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.