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Pierre Dartout : "L’économie se redresse à Monaco et je suis optimiste"

Le ministre d’État Pierre Dartout se réjouit de la relance de l’économie qui permet un budget quasiment à l’équilibre. De bon augure pour le prochain budget primitif 2022.

Propos recueillis par Joëlle Deviras Publié le 16/10/2021 à 11:05, mis à jour le 16/10/2021 à 11:23
Pierre Dartout, ministre d'Etat de Monaco. Photo Cyril Dodergny

Trois soirées de discussions au Conseil national et un budget rectificatif voté haut la main. Les comptes publics, approuvés par vingt voix (et trois abstentions), ont montré une gestion presque à l’équilibre alors que la crise sanitaire est encore là. Le ministre d’État, Pierre Dartout, explique le contexte actuel.

Êtes-vous satisfait du vote des élus de jeudi soir ?
C’est effectivement une satisfaction. Le budget rectificatif traduit un déficit de 8,8 millions d’euros seulement ; c’est une bonne chose. La situation économique s’est améliorée dès juillet, mais surtout en août. Septembre a été très bon de surcroît. Sur la TVA, nous avons 120 millions de plus par rapport à la prévision d’avant l’été.


Le statu quo sur l’usine de retraitement des déchets a soulevé la forte désapprobation des élus. Ne faut-il pas agir vite maintenant ?
Il y a eu un temps long pour la réflexion ; j’en conviens. C’est un sujet très difficile qui doit prendre en compte les contraintes géographiques, dans un territoire hyperurbanisé. Il est indispensable que ce centre de traitement soit installé en Principauté.Ce projet doit respecter des objectifs importants en matière environnementale et en particulier sur la limitation des émissions de gaz à effets de serre et autres polluants. On y travaille. Ce sera un projet coûteux.

"La politique c'est l'art du possible"


L’option de l’incinération est définitive ?
L’incinération d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celle d’il y a vingt ans. On est plutôt sur des systèmes beaucoup plus modernes et propres, avec, en amont, un tri beaucoup plus efficace, notamment pour les matières plastiques et un processus d’élimination performant. Dans le projet retenu, il faudra qu’il y ait la production d’énergie. Nous sommes maintenant pressés parce qu’il faut trouver une solution à la fin de cette décennie. Mais on ne peut pas confondre vitesse et précipitation.

 


Monaco traitera les déchets des communes limitrophes ?
À titre personnel, j’y suis favorable. C’est la solidarité. D’autres déchets - et non des moindres - sont expédiés en France, comme ceux du bâtiment et des travaux publics. Des centaines de milliers de tonnes partent dans le pays voisin. On peut donc comprendre que Monaco prenne les déchets des communes voisines.


Un budget quasi équilibré, c’est une annonce de nature à forcer l’optimisme, non ?
La situation économique s’étant améliorée, elle permet une situation budgétaire plus favorable que prévu. Le budget presque à l’équilibre est ainsi et effectivement un signal très positif pour les investisseurs, les entrepreneurs et tous ceux qui s’intéressent à Monaco. Nous sommes partis d’une situation difficile en début d’année. L’organisation des Grands Prix fut une première étape pour rouvrir au public. En septembre, le Monaco Yacht Show et le salon Luxe Pack ont attiré beaucoup de monde.
Oui, l’économie se redresse et je suis optimiste, même si, sur le plan international, un certain nombre de sujets se posent avec le retour de l’inflation. Et puis la crise qui n’est pas encore achevée…

"La menace inflationniste est réelle"


Les élus ont noté sur différents sujets la lenteur des décisions ou la frilosité du gouvernement (usine d’incinération, port du masque, échec dans l’acquisition d’un casino à Londres,…). Faut-il une gestion plus dynamique des dossiers ?
Nous nous efforçons de faire cette gestion dynamique ! La politique est l’art du possible. Je ne pense pas que l’on puisse nous taxer de frilosité. Avec la crise pandémique, il faut de la prudence. On ne veut pas prendre de décisions qui peuvent être nuisibles à terme. Le plan de relance mis en œuvre a été développé dans des conditions tout à fait satisfaisantes avec « Carlo » qui a très bien marché, des actions beaucoup plus structurelles comme au titre du « plan bleu », le cloud souverain… Quant au casino de Londres, il s’agissait d’un dossier complexe qui impliquait l’acquisition d’une autre salle de jeux dans le nord de l’Angleterre et une autre en Égypte. Un certain nombre de choses n’était pas clairement exprimé dans le dossier. Je conteste la notion de « dysfonctionnement » évoqué par le Conseil national.


Deux élus ont expliqué leur abstention en raison des mesures très strictes prises par Ordonnance dans le cadre de la loi contre le blanchiment. Une Ordonnance trop stricte pour eux. Ne serait-on pas passé de « pas assez » à « trop » de contrôle ?
Je conteste cette analyse. C’est un sujet extrêmement grave. Comme d’autres pays européens, mais peut-être plus que d’autres, nous sommes très attendus là-dessus. Les choses se passent bien. Mais il faut continuer le processus. Il est dans l’intérêt de tous. Nous aurons des contrôles l’année prochaine dans le cadre du conseil de l’Europe.


La reprise de l’économie permet-elle d’envisager un Budget primitif 2022 « entreprenant » ?
C’est à voir. Je l’espère. Nous sommes attentifs à l’évolution de la situation. Le budget primitif sera l’occasion de débattre sans préjugés de la bonne gestion des finances publiques.

 


1,3 % de revalorisation de salaire pour les fonctionnaires, ce n’est pas suffisant selon le Conseil national…
Il s’agit d’une majoration de salaire qui s’applique dès octobre et jusqu’à la fin de l’année. Le principe général, dans la fonction publique, est de réévaluer l’indexation en janvier et en juillet. Mais cette réévaluation peut avoir lieu plus souvent si nécessaire. Nous suivons d’assez près la réalité économique. Il n’y a pas eu d’indexation des salaires depuis deux ans parce qu’il n’y avait pas d’inflation. Aujourd’hui, elle est importante. La forte reprise économique fait augmenter les prix. Nous verrons ce qu’il conviendra de faire en janvier. La menace inflationniste est réelle même si elle est moins nette en Europe qu’aux États-Unis. Avec ce 1,3 %, c’est une mesure d’urgence que nous avons prise. Il sera tout à fait possible d’actualiser les choses au regard de la situation. Nous agissons plus en prévision qu’en bilan.

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