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Pâtes, viande, fruits... Les prix des produits alimentaires flambent et ce n'est pas près de s'arrêter. On vous explique pourquoi

Les effets conjugués de la Covid et de la météo ont une incidence directe sur la raréfaction de certaines matières premières. Donc sur les prix. Jusqu’à +30% sur les pâtes, et ce n’est pas fini.

Franck Leclerc et Yannis Dakik Publié le 12/10/2021 à 07:30, mis à jour le 12/10/2021 à 07:28
Le prix des pâtes alimentaires a bondi de 30% Photo E.O.

Un sondage Harris Interactive pour Euros Agency et Politico le rappelait ce lundi: le pouvoir d’achat constitue un sujet de préoccupation pour 87% des Français. Pour 40% d’entre eux, ce sujet les préoccupe même "beaucoup". Il faut dire qu’après l’énergie, ce sont des produits de grande consommation qui flambent. Au premier rang desquels figurent les pâtes alimentaires, dont le prix aurait bondi de 30% dans certains cas. Notamment pour les marques de distributeurs et chez les discounteurs, comme nous l’explique Olivier Dauvers.

L’été dernier, le rendement des cerises et des abricots avait chuté des deux tiers. Celui des pêches, de plus de 40%. La faute à la météo. Les yaourts, aujourd’hui, appliquent partiellement cette hausse. La valse des étiquettes ne tourne pas non plus dans le bon sens, côté viande.

Et spécialement pour les volailles. Il s’agit d’une répercussion directe du cours des céréales sur le coût de l’alimentation du bétail. Donc sur tout ce qui est issu de sa transformation. L’huile aussi en pâtit.

La répercussion directe du cours des céréales sur le coût de l’alimentation du bétail fait flamber les prix notamment ceux de la volaille Photo E.O..

Rendez-vous en mars 2022

Aucun élément de conjoncture ne permet d’envisager une inversion de la tendance dans les prochaines semaines. Ni même les prochains mois. Mais la grande distribution est en ordre de bataille. "Quelques produits font l’objet de renégociations, tout cela est en cours, de manière différente au sein de chaque enseigne", observe Jacques Creyssel, le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution.

Après les renégociations, une nouvelle campagne de négociation s’annonce: "Rendez-vous en mars 2022. Sous l’empire d’une nouvelle loi qui protège les produits agricoles. Et qui devrait renforcer l’aspect inflationniste."

Sur le blé dur, c’est une récolte médiocre au Canada qui serait à l’origine de cette flambée. Photo E.O..

Dur dur, le blé

Sur le blé dur, c’est une récolte médiocre au Canada qui serait à l’origine de cette flambée. Car l’Amérique du Nord fixe les prix. "Plutôt une bonne nouvelle pour les agriculteurs français qui, eux, ont à la fois de meilleurs volumes et des prix plus élevés", souligne Jacques Creyssel. La forte reprise de l’économie mondiale, dans tous les domaines, alors que l’appareil de production n’a pas repris partout complètement, est une autre partie de l’explication.

Deux autres secteurs en tension: les jouets et le bricolage. Qui s’ajoutent à l’automobile et à tout ce qui comprend une part d’électronique. Son et image. Avec des retards dans la livraison de nouveautés, que ce soit dans le domaine de la télévision ou de la photographie, les industriels étant parfois contraints de repousser la sortie.

Tout ceci n’est pas très bon. Ce qui gagne, c’est l’inflation. Menace sur le budget des Français? Un autre sondage, réalisé par Ipsos pour le Secours Populaire, révélait il y a quelques jours que 42% des parents se privent parfois de nourriture pour offrir de bonnes conditions de vie à leurs enfants.

Fruits, légumes, céréales, nombreux sont les produits à être concernés par la hausse des prix. Photo E.O. .

"Je vais là où c’est le moins cher"

Chez les consommateurs, la pilule a souvent du mal à passer. Et pour cause, fruits, légumes, céréales, nombreux sont les produits à être concernés par la hausse des prix. Et ce sont les clients qui en font les frais.

"J’ai remarqué que les prix ont augmenté, affirme Lucette, sacs à la main à la sortie du Lidl situé sur le boulevard du Mercantour. Je consomme beaucoup de fruits et légumes, donc je vais là où c’est le moins cher. Ici, les noix sont à 4 euros le kilo, alors qu’ailleurs c’est plutôt 6 voire 8 euros."

"Je ne fais plus attention à ce genre de choses"

Face à cette inflation, certains ont revu leur manière de consommer. "Désormais, j’achète à la semaine, alors qu’avant, je faisais mes courses au mois, dénonce Afef, qui s’occupe également des achats pour les personnes âgées. Maintenant, la bouteille d’huile d’olive est à 4 ou 5 euros. Il ne faut pas abuser."

Si la plupart zyeutent scrupuleusement les prix dans les rayons, d’autres ne donnent pas autant d’importance à ces changements de tarifs. "Je ne fais plus attention à ce genre de choses parce que je n’ai plus de charges familiales, donc je suis moins dans les problématiques financières", reconnaît Sylvie.

Ce qui n’est pas le cas de Dimitri, père de deux enfants. "J’ai la chance d’avoir un grand congélateur, donc je fais le plein une fois dans le mois, alors qu’avant je faisais mes courses une fois par semaine."

D’origine québécoise, René déplore le coût de la nourriture en France. "C’est probablement à cause du climat, mais je pense qu’il y a un acharnement sur le consommateur. Parfois, je me fais plaisir, mais c’est au détriment d’autres choses. On essaie de garder la tête hors de l’eau mais on est étouffé."

Véronique se sent, elle aussi, impuissante. Mais elle ne blâme pas les grandes surfaces. "Je suis commerçante aussi, donc je comprends ce qu’il se passe. Ce n’est pas de la faute des commerces parce qu’ils achètent plus cher. Malheureusement, on ne peut rien faire à moins de cultiver dans notre jardin (Rires)."

Face à cette inflation, certains ont revu leur manière de consommer. Photo E.O..

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