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"Pas de proximité, pas d’ambiance. Pas d’ambiance, pas de clients". Deux discothèques de Nice et Saint-Laurent-du-Var craignent de devoir "mettre la clé sous la porte"

Mis à jour le 26/05/2020 à 12:20 Publié le 26/05/2020 à 11:45
Le High Club, une PME de 52 salariés à l’arrêt.

Le High Club, une PME de 52 salariés à l’arrêt. Photo Eric Ottino

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"Pas de proximité, pas d’ambiance. Pas d’ambiance, pas de clients". Deux discothèques de Nice et Saint-Laurent-du-Var craignent de devoir "mettre la clé sous la porte"

Les discothèques de la Côte d’Azur n’ont reçu aucune directive en vue d’une réouverture et subissent la crise de plein fouet. La proximité dans ces lieux paraît un obstacle insurmontable. Deux patrons de boîtes de nuit à Nice et Saint-Laurent-du-Var craignent de devoir "mettre la clé sous la porte"

La dernière roue du carrosse. Qu’on soit au High Club, à Nice, au Carré ou au Trendy, à Saint-Laurent-du-Var, on entend la même chose: "Les discothèques et les lieux de loisirs sont laissés de côté!"

"On n’est au courant de rien, grogne Jean-François Viale, patron laurentin des deux établissements communiquants, le Carré et le Trendy. On ne sait toujours pas si on va pouvoir rouvrir le 2 juin comme les restaurants. Quand un député a posé la question à l’Assemblée nationale, tout le monde a rigolé. On n’est même pas pris au sérieux. C’est un manque de respect car on représente des milliers d’emplois."

Jérôme Calatraba, le gérant niçois du High Club, réclame qu’on "voit [son] établissement comme une PME de 52 salariés".

Les deux Azuréens sont dans l’attente. La décision étatique décidera de leur avenir. Mais ils restent certains que des "conditions sanitaires drastiques [les] forceront à mettre la clé sous la porte".

"On perd plus d’argent si on ouvre que si on reste fermé"

"Vous vous imaginez boire à la paille avec un masque? Ou commander une boisson? On a déjà du mal à s’entendre en journée avec ce truc…"

Pour Jérôme Calatraba, impossible d’imaginer une réouverture avec des règles aussi strictes que dans les autres lieux accueillant du public. 500 personnes autorisées au lieu de 1.000 actuellement? "Je préfère rester fermé!", tranche-t-il.

Les deux boîtes de nuit de Saint-Laurent possèdent, elles, une capacité de 700 personnes. "Avec le turn-over, on dépasse les 1.000 clients par soir, partage Jean-François Viale, si on me divise ce chiffre par deux, je ne rentrerai jamais dans mes frais. Je ne serai pas rentable. Dans ce cas-là, je n’espère pas qu’on nous fasse rouvrir le 2 juin."

Et de justifier: "Au moins si on reste fermé, on a encore droit aux aides et au chômage partiel. Si on ouvre, on licencie et on coule."

"Une discothèque, c’est le rapprochement social"

Les deux patrons mettent en avant un autre argument: "L’essence même d’une discothèque, c’est le rapprochement social et physique." Imposer des distanciations dans un établissement de ce genre reviendrait à interdire la vaisselle dans un restaurant. "On ne peut pas nous imposer l’impossible", clame le gérant laurentin.

"Et comment on fait si une fois alcoolisés, nos fêtards commencent à retirer leurs masques et à danser collé-serré? On les fout dehors? Pour avoir fait quelque chose qu’on fait normalement dans un night-club? C’est ingérable ", gronde Jérôme Calatraba. Il s’interroge: "Qui viendra en boîte si on ne peut plus s’y détendre et s’amuser?"

Jean-François Viale résout vite l’équation: "Pas de proximité, pas d’ambiance. Pas d’ambiance, pas de clients. Et pas de clients, pas d’argent."

Actuellement, c’est le flou total. Ils ne savent pas quand ils pourront rouvrir. Ni dans quelles conditions. "On devrait en savoir plus dans les jours qui viennent", indique Jean-François Viale.

"On sera obligé de suivre le système", appréhende Jérôme Calatraba.

Comment se réinventer?

Et si, pour survivre, les discothèques se réinventaient? Changer d’activité? "Impensable" pour Jérôme Calatraba et Jean-François Viale, patrons de boîtes de nuit à Nice et Saint-Laurent-du-Var. Les deux hommes sont d’accord, "il est inconcevable de changer de métier comme ça, et sans doute juste pour six mois".

"Former le personnel, investir des sommes colossales dans du nouveau mobilier et des travaux d’aménagement… Tout ça sans être sûr que les clients nous suivront? Hors de question!", tranche sans hésitation Jean-François Viale. Si Jérôme Calatraba songe à "changer de métier", ça passera par la vente de son établissement, forcé et contraint.


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