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Ouverture des commerces : entre espoir et inquiétudes à Monaco

Dès lundi, les commerces pourront rouvrir, marqueurs d’une relance de l’économie à Monaco. Dans la profession, il a fallu préparer cette reprise et s’adapter aux règles de distanciation.

Cédric Vérany Publié le 01/05/2020 à 14:36, mis à jour le 01/05/2020 à 15:49
Après presque deux mois d'arrêt imposé, une grande partie des commerces vont pouvoir rouvrir ce lundi en Principauté. Photo J.-F.O.

Après presque deux mois d'arrêt imposé, une grande partie des commerces vont pouvoir rouvrir ce lundi en Principauté.

Dans la galerie commerciale de Fontvieille, les professionnels du secteur attendent le feu vert depuis plusieurs jours déjà. Et ont commencé à préparer leurs boutiques pour s’adapter aux règles de distanciation sociale obligatoire dès lundi dans les commerces.

Krystelle Costa y a bien réfléchi, et son magasin est fin prêt. L’enseigne de prêt-à-porter, baptisée Subtil, qu’elle a ouvert il y a un an propose des vêtements et accessoires féminins.
"Nous avons fait plusieurs simulations pour adapter le sens de circulation, comment placer le distributeur de gel hydroalcoolique à l'entrée", explique-t-elle.

Dans la boutique, elle pourra accueillir jusqu’à trois clients plus une vendeuse selon les règles à respecter de 4 m2 par personne. Devant la caisse, trop petite pour installer un plexiglas, l’équipe a positionné un meuble pour garder une distance raisonnable.

 

"Rassurer nos clients"


"De plus, notre centrale vapeur sera toujours branchée pour nettoyer un vêtement après un essayage. Pour ceux qu’on viendra nous échanger, nous les amènerons au pressing avant de les remettre en vente."

Son espoir aujourd’hui, est que la clientèle soit au rendez-vous. "Nous avons ressenti une attente. D’abord parce que la file d’attente pour accéder à Carrefour, se forme tous les jours devant notre vitrine. Certains clients ont pu voir nos produits, d’autres nous ont découverts. Et c’est un important car dans le prêt-à-porter, à cette période, on commence à vendre la collection de printemps dès mars, avant les soldes, ce que nous n’avons pas pu faire", confie la patronne.

"sinon c'est
la faillite"

Après deux mois compliqués, une de ses deux employées restera en chômage partiel pour garder son enfant à la maison. Elles seront donc deux pour tenir la boutique de 10 heures à 18 heures.

"Ces presque deux mois sans activité ont occasionné beaucoup de frais. Aujourd’hui, on vit au jour le jour, on ne sait pas comment ça va se passer. Seule la reprise des achats pourra nous sauver, sinon c’est la faillite. C’est pourquoi nous nous sommes bien organisées pour rassurer nos clients".

Beaucoup d’inconnues

Un peu plus loin dans la galerie, l’espoir et l’inquiétude se mélangent aussi dans le discours de Patrice Runco, responsable d’un salon de coiffure. Lui aussi a adapté son établissement aux règles sanitaires. L’activité du salon, habitué à recevoir les gens sur leur passage dans la galerie commerciale, sans rendez-vous, doit aussi s’adapter.

 

"Notre habitude est de recevoir principalement les gens qui passent dès qu’ils ont un moment pour une coupe ou un brushing. Tout cela à changer car les rendez-vous sont désormais obligatoires. Et nous savons que nous allons avoir une grosse demande en couleurs et en mèches."

Le carnet de rendez-vous en témoigne. Il est déjà plein pour lundi et mardi. Mais le salon ne fonctionnera pas à plein régime pour respecter la distanciation sociale.

"Notre crainte est de ne pas pouvoir satisfaire toutes nos demandes en attente, car on nous a précisé qu’il faudrait respecter les horaires à la minute pour les clients n’attendent ni dehors, ni devant la boutique. Mais dans la coiffure, difficile d’être dans les temps, le client peut avoir besoin de choisir, de rectifier une coupe qui ne plaît pas."

"On a l'habitude de se débrouiller"

L’entreprise familiale emploie d’ordinaire une vingtaine de salariés. Ils seront six coiffeurs à se relayer pour l’heure.

Jusqu’à quand ? "Ce qui inquiète, c’est le manque de visibilité : on ne sait pas si on pourra travailler sans rendez-vous, ni quel sera notre chiffre d’affaires, ni combien de temps ça va durer. Le confinement a commencé le 15 du mois. Généralement dans un commerce les quinze premiers jours du mois, on travaille pour payer ses charges, les quinze autres pour payer les salaires. Nous avons perdu notre trésorerie pour compenser le manque de chiffre d’affaires. Même si la suspension des loyers pour trois mois est une bonne chose."

Mais à l’heure de la reprise, Patrice Runco veut rester optimiste : "les commerçants, nous sommes habitués aux crises, on a l’habitude de se débrouiller".

Dans la boutique de prêt-à-porter et d’accessoires, Subtil, l’équipe a réorganisé le magasin pour créer un sens de circulation et éviter aux clients de se croiser. Photo Jean-François Ottonello.

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