On vous emmène visiter le labo photo de Huawei à Sophia Antipolis

Le géant chinois de la téléphonie, Huawei, nous a ouvert les portes de son centre de recherche à Sophia Antipolis dédié à la photo et au traitement de l’image.

Agnès Farrugia Publié le 20/09/2022 à 18:30, mis à jour le 16/09/2022 à 19:21
Stephen Busch, responsable du centre de R&D Huawei à Sophia Antipolis, explique comment, avec la trentaine d’ingénieurs installés sur le site, il entend participer à construire le meilleur ISP du monde, un processeur capable de proposer la meilleure qualité d’image avec une optique réduite. A.F.

Le roi de la caméra, en partant de rien. » Voilà comment Stephen Busch, responsable du centre de recherche et développement Huawei ouvert en 2014 à Sophia Antipolis, résume l’ascension fulgurante du géant chinois en matière de qualité photo sur les smartphones qu’il commercialise. Trois d’entre eux sont d’ailleurs classés dans le Top 8 monde pour cette raison, avec le P50 Pro hissé au 2e rang. Certes, Huawei a fait les frais d’une interdiction commerciale américaine qui l’empêche de travailler avec certains de ses partenaires, comme Google. C’était en mai 2019 et cela a bouleversé les ventes de smartphones du géant chinois. Mais pas au point de le déstabiliser car la force du géant chinois c’est aussi son rapport qualité-prix, notamment au vu de la techno contenue dans les caméras de ses appareils.

Ingénieurs du monde

Une technologie issue en partie du premier centre de recherche et développement de la marque installé en France, à Sophia Antipolis en 2014(1).
S’ils n’étaient que neuf ingénieurs au départ, ils sont aujourd’hui trente-deux, aidés de trois à cinq stagiaires par an, à contribuer à "produire le meilleur ISP du monde", sourit Stephen Busch, le responsable du centre et de l’architecture ISP. Un ISP qu’est-ce que c’est? C’est un processeur d’images. Un composant, de taille de plus en plus réduite et de poids de plus en plus léger, qui analyse de mieux en mieux chaque pixel de l’image que vous visez avec votre objectif pour le retranscrire le plus fidèlement possible, via un algorithme complexe, sur votre écran.
Des ingénieurs venus du monde entier (France, Allemagne, Moldavie, Algérie, Espagne, Chine...) concourent à atteindre cet objectif "tout à fait envisageable, selon le directeur du centre. Au bout de deux ans d’existence nous avons livré un premier ISP assez exceptionnel et en quatre ans, nos travaux ont placé Huawei dans les meilleurs du classement DxOMark [référence mondiale en matière de test et évaluation des caméras, ndlr]."

Excellence

Dans cette course à l’excellence, il va falloir recruter. "Nous recherchons des compétences spécifiques, nous travaillons déjà en collaboration avec les meilleures universités européennes parce que les dirigeants de Huawei sont toujours en quête de synergies entre chercheurs et industries." Des partenariats ont été noués avec Polytech et Eurecom dans les Alpes-Maritimes.

Intelligence artificielle et couleur

Dans le laboratoire basé à Sophia Antipolis, on trouve des salles de réunion, des bureaux avec ingénieurs en pleine concentration, des écrans d’ordinateur plus chers qu’une (bonne) voiture, et une pièce destinée à valider l’avancée des recherches en matière d’architecture et de design, toujours autour de la qualité de l’image. Le directeur du centre, ancien de Texas Instruments déjà spécialiste de l’ISP, d’appuyer: "Huawei investit chaque année 20% de son chiffre d’affaires en recherche et développement, justement, pour donner les moyens à ses équipes d’atteindre l’excellence, rapidement." Il faut aller vite, les concurrents aussi investissent et performent. Animées par la volonté d’offrir à un utilisateur, aussi novice soit-il, la possibilité de réaliser des photos extraordinaires grâce à son Huawei, les équipes expliquent les étapes (sans nous faire entrer dans les secrets des dieux) qui mènent à ce résultat.

 

Bruits numériques

Le principal challenge est le travail sur la luminosité, le contraste. L’utilisateur veut de plus en plus de pixels [éléments qui contiennent les informations concernant les nuances de couleurs, leur nombre, la transparence ou la texture, ndlr], mais cela entraîne des zones grises quand il y a du mouvement par exemple et affecte donc la qualité de l’image. Alors on travaille. Dans le box de cette salle de l’image, on trouve tout ce qu’il faut pour des tests optimisés: des matières différentes (corde, pelote de laine, peluche, couleur de peau humaine, cadre photo, porcelaine blanche, paysage en fond...). "Certaines de ces matières peuvent être considérées comme du bruit numérique." Le travail de l’équipe sophipolitaine est de faire en sorte que ce qui apparaît sur votre écran soit un copier-coller de la réalité. Certains smartphones reconnaissent les éléments de votre photo: ciel, voiture, verdure..., la mise au point se fait toute seule, y compris après un zoom, sur une zone que vous déterminez... avec au final, toujours la même qualité d’image. Le centre de Sophia Antipolis assure avoir trois ans d’avance sur le développement et cinq ans au moins en recherche. Un focus sur l’avenir bien! 


(1) Cinq autres centres présents en France par la suite : un à Grenoble, deux à Boulogne-Billancourt et deux à Paris (design et recherche fondamentale).

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