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"Nous sommes étranglés"... Brasserie du Comté, Scierie du Mercantour, le SOS des entreprises de Saint-Martin-Vésubie

Mis à jour le 24/03/2021 à 20:18 Publié le 24/03/2021 à 18:45
La Brasserie du Comté affichait l’an dernier un chiffre d’affaires de 790.000 euros, en hausse de 16%, malgré trois mois d’activité en moins. Elle compte sept salariés, contre huit avant la tempête. Elle peut désormais disparaître.

La Brasserie du Comté affichait l’an dernier un chiffre d’affaires de 790.000 euros, en hausse de 16%, malgré trois mois d’activité en moins. Elle compte sept salariés, contre huit avant la tempête. Elle peut désormais disparaître. Photo Côte d’Azur France – Yann Savalle

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

"Nous sommes étranglés"... Brasserie du Comté, Scierie du Mercantour, le SOS des entreprises de Saint-Martin-Vésubie

Alors qu’on la croyait quasi sauvée, la Brasserie du Comté lance une bouteille (de bière) à la mer. Ses jours sont comptés. Même inquiétude, également, à la scierie du Mercantour

"Nous lançons une bouteille (de bière) à la mer." Edwards Dilly, patron de la Brasserie du Comté, à Saint-Martin-Vésubie, arrive encore à glisser un peu d’humour, mais le cœur n’y est plus.

Le 2 octobre dernier, son établissement était emporté, avalé par la Vésubie, dans le fracas et les pleurs de la tempête Alex. Depuis, tout le monde la croyait quasi sauvée. Edwards Dilly et son équipe en premier.

La Remontada titrait en décembre Nice-Matin, pour évoquer le fabuleux destin de cette entreprise qui a depuis le drame bénéficié d’aides de la commune, de la Métropole, de l’État et surtout d’un soutien populaire hors normes.

Pour qu’elle puisse continuer à brasser, la profession s’est mobilisée, avec l’appui des Brasseurs indépendants des Alpes Maritimes et d’une cagnotte. La bière "Mounta Cala" (1), était l’emblème de cette résurrection. Las. Alors qu’un emplacement était prévu dans la future zone artisanale de Saint-Martin-Vésubie, plus rien n’avance depuis un mois.

"Nous avons un plan d’investissement de 1,5 million d’euros, mais au premier octobre, les assurances arrêteront de compenser les pertes d’exploitation. Or, pour commander du nouveau matériel, il faut six mois. C’est donc déjà trop tard. Je n’accuse personne, la situation est compliquée, mais là on n’a plus d’options."

Entre-temps, l’inox a augmenté de 15%. La facture d’un million, déjà salée, a augmenté de 150.000 euros. Tous les acteurs de cette future zone artisanale du quartier du Touron sont concernés.

Alors pourquoi ce retard? Le maire pointe du doigt la Métropole, décisionnaire. Plusieurs rendez-vous auraient été annulés, notamment pour cause de Covid: "Je leur ai donné un ultimatum, répond Ivan Mottet. Les choses paraissent simples, mais dès qu’il faut réunir plusieurs acteurs, Etat, Métropole et autres, ça se complique. Les paroles données, il faut les coucher par écrit. Et quand arrive le moment, tout le monde a peur."

"Nous sommes étranglés"

La Brasserie du comté affichait l’an dernier un chiffre d’affaires de 790.000 euros, en hausse de 15%, malgré trois mois d’activité en moins. Elle compte sept salariés, contre huit avant la tempête. Elle peut disparaître.
La Brasserie du comté affichait l’an dernier un chiffre d’affaires de 790.000 euros, en hausse de 15%, malgré trois mois d’activité en moins. Elle compte sept salariés, contre huit avant la tempête. Elle peut disparaître. Photo Côte d’Azur France – Yann Savalle

Ce mercredi après-midi, une réunion d’urgence se tenait, enfin, en mairie de Saint-Martin-Vésubie, avec les services de la Métropole. Contacté par Nice-Matin, le préfet tempête, Xavier Pelletier, affirme "être en train de trouver des pistes".

Idem côté Métropole qui assure que Christian Estrosi ne les lâchera pas. Cette situation apparaît insupportable aux yeux des patrons de la Brasserie, de la scierie, et des autres professionnels.

"Nous avons refusé des terrains dans la plaine du Var car notre priorité c’était Saint-Martin, souligne Edwards Dilly. Ils ne sont plus disponibles. Aujourd’hui, j’envisage la fermeture administrative et la mise au chômage des salariés."

Une situation ubuesque, alors que les commandes affluent. Mais Edwards Dilly veut plus que des pistes. Il exige une réponse avant la fin de la semaine. "À force de perdre des semaines, nous sommes étranglés. Nous sommes une petite entreprise. Je ne peux me permettre de laisser partir 70.000 euros en fumée chaque mois parce que nous sommes obligés de louer le matériel."

Sous pression, les autorités vont-elles réussir à se faire violence et à signer? La survie de l’économie locale, de l’école, en dépend.

(1) Mounta cala: "monte et descend", faisant écho aux trajets effectués par l’équipe de la Brasserie du Comté vivant à Saint-Martin-Vésubie. Un succès commercial.

Les restes de la scierie après la tempête.    (Photo DR)
Les restes de la scierie après la tempête. (Photo DR) Système / Nice Matin
Scierie du Mercantour : "On ne se paye plus, c’est critique"

Depuis la tempête Alex, Pierre-Jean Dalmasso et Aurélie Augis, de la Scierie du Mercantour, courbent l’échine. Quel autre choix ? Ils s’alarment de cette situation ubuesque.

"Tout le monde dit vouloir nous aider, il y a d’ailleurs un soutien des collectivités, mais la situation est bloquée depuis plus d’un mois. Ils devaient venir, et ne sont pas venus."

Le couple, dont la scierie a été emportée, a acheté une scie mobile pour glaner quelques marchés de particuliers. Bien loin de leur activité d’avant. S’ajoutent à ces difficultés, colossales, des problèmes d’assurance.

"En France, aucune assurance ne voulait prendre en charge les scieries. Nous avions donc dû, via des coutiers, prendre une assurance en Slovénie. Depuis la tempête, nous bataillons. C’est entre les mains d’un avocat."

La Scierie du Mercantour, et ses quatre salariés, pourra-t-elle survivre ? Rien n’est moins sûr. "On ne se paye plus, c’est critique."

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