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"Nous n’avons pas encore subi de contrecoup": malgré le couvre-feu et les restrictions sanitaires, le BTP se porte bien à Monaco

Mis à jour le 12/11/2020 à 15:22 Publié le 12/11/2020 à 10:58
À l’heure du couvre-feu, des restrictions et de la deuxième vague de la pandémie, le secteur du bâtiment, cette fois, n’est pas à l’arrêt dans le pays.

À l’heure du couvre-feu, des restrictions et de la deuxième vague de la pandémie, le secteur du bâtiment, cette fois, n’est pas à l’arrêt dans le pays. Photo Jean-François Ottonello

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"Nous n’avons pas encore subi de contrecoup": malgré le couvre-feu et les restrictions sanitaires, le BTP se porte bien à Monaco

Le président de la chambre patronale du bâtiment fait le point sur une corporation impactée par les règles sanitaires cette année, mais qui affiche une stabilité sur son activité

L’adage "quand le bâtiment va, tout va" ne saurait mentir en Principauté. Le président de la chambre patronale du bâtiment, Fabien Deplanche, qui démarre un nouveau mandat, y croit. Il défend sa corporation qui reste mobilisée face à la crise actuelle. Preuve que le secteur sert l’économie nationale? Le déficit du budget de l’État, cette année, a été amoindri par les rentrées de TVA immobilière. Puis, dans le budget primitif 2021, le gouvernement a confirmé la tenue de tous les chantiers publics.

En Principauté, le secteur du bâtiment accompagne depuis des décennies le développement du pays. En 2019, les entreprises de la place (348 sociétés) ont cumulé un chiffre d’affaires de 1,92 milliard d’euros. Et l’activité emploie 9.392 salariés.

Covid-19 oblige, la chambre patronale du bâtiment n’organisera pas, en fin d’année, son traditionnel cocktail bilan. Mais le président se fait le porte-voix de la profession pour résumer une année bien particulière. Entretien.

À l’heure de la deuxième vague, cette fois, le secteur du bâtiment semble préservé…
En effet, des décisions raisonnables et raisonnées du gouvernement pour éviter un confinement trop dur, permettent une activité économique de jour encadrée. Au travers du confinement au printemps, nous avons pu élaborer des mesures sanitaires à appliquer de manière stricte sur les chantiers.

Un arrêté ministériel les encadre et après six mois, nous pouvons dire qu’elles ont fait leurs preuves et ont su rassurer tous les acteurs de notre profession. Tout le monde arrive à travailler avec une application stricte, en toute logique, pour la sécurité de nos employés, qui est notre première préoccupation.

Ce travail a permis à notre corporation de ne pas souffrir d’une deuxième vague épidémique. Et à la différence du printemps, nous n’avons plus le stress de devoir se fournir en masques et en gel.

Ces règles sanitaires ont-elles changé la méthodologie sur les chantiers?
Elles nous ont obligés à réviser nos méthodes de travail. Notamment dans la transmission de l’outillage, où la désinfection est obligatoire et où nous essayons, quand les conditions le permettent, d’équiper chaque membre du personnel avec ses propres outils.

Ces mesures encadrent aussi les déplacements dans le chantier: l’endroit où l’on mange, où l’on se change… tout est très organisé. Et le masque est obligatoire en co-activité, mais on s’efforce de le faire porter en permanence.

Malgré un arrêt en mars, le secteur du BTP en Principauté n’est pas impacté par la crise?
Pour l’heure, le bâtiment a encore beaucoup de travail et nous n’avons pas encore subi de contrecoup.

On respecte les carnets de commandes bien remplis avant la crise. On s’adapte à cette complexité, mais c’est le maître mot de nos métiers: s’adapter et être solidaire. On est sur cette dynamique, avec quelques retards logiques dus à l’inertie d’un confinement.

Mais je ne peux pas présager de ce qui se passera en 2021. Pour autant, il me semble primordial que nous continuions nos activités pour soutenir l’économie nationale, dont nous sommes au cœur. Le plan de relance proposé par le gouvernement contient d’ailleurs beaucoup de travaux. C’est un gage de sérénité pour soutenir l’économie et ne pas l’entraver.

Le chantier du Palais Honoria à Monaco
Le chantier du Palais Honoria à Monaco Photo Jean-François Ottonello

Parmi les équipes, la motivation est-elle aussi la même?
Tout ce cadre sécurisé a permis de pérenniser notre activité. Le personnel est convaincu, nous l’avons formé à ces nouvelles règles, mis du matériel sanitaire à disposition. Tout cela a rassuré immédiatement les équipes avant toute reprise. Aucun droit de retrait n’a été enregistré à ma connaissance. Et on constate que les chantiers en Principauté se déroulent correctement.

Pour autant le secteur semble parfois mal-aimé. C’est aussi votre sensation?
Oui, quelque part… Nous représentons des forces vives pour le pays. Mais le secteur du bâtiment a été aussi stigmatisé, face au malaise au sein de la population par rapport aux nuisances sonores. Sur ce point, un grand travail a été fait en collaboration avec les services de l’État pour toujours améliorer le système de fonctionnement d’un chantier. On continue à travailler sur l’application de ces arrêtés, on se remet en question constamment pour revoir les conditions de travail. Beaucoup d’investissements sont faits sur le matériel permettant de réduire le bruit, et nous constatons une nette amélioration. Il faut arriver à trouver un juste milieu entre la qualité de vie et le développement économique. On s’en rapproche.

Il ne reste plus de grands terrains constructibles en Principauté. Les opérations vont devenir de plus en plus complexes?
En effet, la réalité de notre territoire exigu, aujourd’hui, nous oblige à aller davantage vers la verticalité et s’adapter au bâti existant. À l’avenir, on ne pourra permettre l’évolution de la Principauté que dans le cadre de chantiers organisés de manière intelligente, en harmonie avec le paysage du pays.

Fabien Deplanche, patron de Probat et président de la chambre patronale du bâtiment.
Fabien Deplanche, patron de Probat et président de la chambre patronale du bâtiment. Photo Dir. Com.
Les "chantiers" de la chambre patronale

Ils représentent les bâtisseurs de la Principauté. Mais quand ils se réunissent, les membres de la chambre patronale du bâtiment réfléchissent à des projets pour faire évoluer leur profession.
Dans le viseur du président réélu, Fabien Deplanche, la volonté d’apporter des bases solides à sa corporation. "Nous devons aboutir sur certaines choses pour pérenniser encore plus l’avenir de la profession", espère-t-il.

Notamment voir concrétiser le projet d’arrêté ministériel qui reprend des valeurs de la profession inscrites dans un vade-mecum, sur des questions relatives aux marchés publics. "On aimerait garantir la participation la plus large possible d’entreprises monégasques sur des chantiers d’envergure et ainsi sacraliser ce document de référence qu’est le vade-mecum", complète le président. Sur le sujet, des discussions sont en cours.

Soutenir la reconversion

Autre chantier, celui d’accentuer la formation en Principauté sur les métiers du bâtiment, pour susciter des vocations. "Nous avons du chemin à faire sur la formation, pour assurer une meilleure qualification encore de nos employés, de nos collaborateurs. Mais aussi proposer des formations aux jeunes qui souhaiteraient s’intéresser à cette noble corporation qui est la nôtre."

En parallèle, dans ce climat de crise, la chambre patronale soutient les ambitions de reconversion. "Notre volonté est de proposer un centre de formation lisible pour les gens intéressés de trouver une voie dans nos métiers. On a pu le ressentir ces derniers mois. Le bâtiment a souvent intéressé des personnes en reconversion. Sûrement que la crise que nous traversons va accentuer ce phénomène. Des licenciements vont pousser des gens à se reconvertir dans des métiers plus porteurs. Cela peut être le bâtiment."


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