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"Nous garderons tout le personnel", Daniel Audemard dévoile son projet de reprise de l'entreprise Lafarge à Contes

Mis à jour le 14/05/2021 à 15:24 Publié le 13/05/2021 à 13:07
Monaco-Matin, source d'infos de qualité

"Nous garderons tout le personnel", Daniel Audemard dévoile son projet de reprise de l'entreprise Lafarge à Contes

Daniel Audemard (de l’entreprise du même nom) est candidat pour reprendre la cimenterie de Contes, dont la fermeture partielle implique la disparition de 65 emplois. Interview.

La nouvelle aura fait couler beaucoup d’encre.

Début février, l’usine de ciment Lafarge, à Contes, a annoncé la cessation de son activité de production pour la fin de cette année. 65 emplois sont menacés. Ce rebondissement a provoqué un coup de tonnerre qui a retenti dans toute la vallée du Paillon, où l’usine – rachetée par le groupe suisse Holcim en 2015 – est installée depuis une centaine d’années.

Alors que la signature du plan social est prévue ce mardi 18 mai et que la gronde des salariés ne cesse de se faire entendre: un nouveau nom vient de sortir du chapeau. Celui d’Audemard. Cette entreprise familiale, basée à Carros, serait candidate pour reprendre le site Lafarge à Contes.

Rencontre avec le directeur général, Daniel Audemard.

Quelle est l’activité de votre entreprise?

Ce groupe familial a été créé par mon arrière-grand-père en 1885. Aujourd’hui, je le co-dirige avec mon cousin Philippe Audemard. L’entreprise est une entreprise de taille intermédiaire qui ne fait que grandir depuis 20 ans. Nous avons 500 employés déployés sur 42 sites industriels, implantés dans les Alpes-Maritimes, le Var et dans les territoires d’Outre-Mer, où nous sommes leader. Nos principaux métiers sont: la production de granulats, la préfabrication et le béton prêt à l’emploi, le ciment, l’enfouissement de matériaux inertes et la création de routes, d’enrobés.

Quel lien avez-vous avec l’usine Lafarge de Contes?

Notre carrière à La Turbie, SOMAT, fournit l’usine de Contes. C’est l’un de nos plus gros clients. Et avec notre filiale "Les Bétons Niçois", nous nous fournissons chez Lafarge. Nous avons donc des relations commerciales fortes, dans les deux sens.

Cette fermeture vous concerne donc aussi...

Bien sûr. J’ai appris cette fermeture comme tout le monde, en lisant la presse locale. Et cela m’a inquiété également. Ça me concerne et ça va me poser problème, comme pour beaucoup de professionnels. D’un côté, je perdrai un gros client et de l’autre, où vais-je aller me fournir? Cette fermeture va avoir des répercussions économiques catastrophiques. Je ne pouvais pas regarder ailleurs.

C’est pour cette raison que vous êtes candidat à la reprise...

Oui, nous avions une vraie légitimité à agir. Lafarge à Contes, ce n’est pas seulement 65 emplois directs, c’est aussi 400 emplois indirects. C’est toute la vallée du Paillon qui se retrouve ébranlée par cette cessation d’activité. Notre groupe a déjà racheté de nombreuses entreprises. Nous les avons remis sur les rails en un temps record et n’avons eu besoin de licencier personne.

Quel serait votre projet pour Lafarge?

Nous voudrions apporter un vrai développement pour le fonctionnement de l’entreprise, y mettre les moyens, investir. Il existe des solutions pour réduire l’empreinte carbone de l’usine et la rendre moins "obsolète". Notre projet porte sur l’ensemble des activités du site: l’usine, les silos de distributions, les carrières... Nous avons les compétences en ciment pour réaliser cette opération et les capacités financières. Nous sommes implantés dans la région alors nous maintiendrons les activités avec les sous-traitants des vallées. Nous l’avons expliqué aux syndicats et le préfet des Alpes-Maritimes a validé notre projet de reprise.

Avez-vous pu échanger avec les employés?

Malheureusement, avec la crise sanitaire, je n’en ai pas eu l’occasion. Mais je sais qu’ils n’ont pas eu toutes les informations sur notre proposition. Ce que je souhaite aujourd’hui, c’est les rassurer. J’aimerais échanger avec eux, les remotiver. Nous garderons l’ensemble du personnel et dans les mêmes conditions salariales.

Quelles sont les chances pour que votre candidature de reprise soit validée?

Mon credo c’est: "Rien n’est impossible". Malgré tout, il faut savoir que nous avons eu de nombreuses discussions avec le groupe Holcim mais qu’on ne peut pas les forcer à vendre. La loi Florange [promulguée en mars 2014, NDLR] oblige une entreprise à trouver un repreneur lorsqu’elle envisage la fermeture d’un site qui aurait pour conséquence un licenciement collectif. Or, Lafarge ne ferme que partiellement. Seule leur production est déplacée. Ils gardent les silos de distribution et le stockage d’inertes à Contes, avec cinq employés pour les faire tourner. La direction s’appuie sur cet argument pour ne pas céder son activité cimentière. En 2019, une modification de la loi Florange a été proposée mais n’est pas passée. Elle prévoyait les mêmes obligations non pas à la fermeture d’un site mais à la "réduction substantielle d’activité". Ça aurait pu tout changer.

Comment faire évoluer cette situation qui se retrouve dans une impasse?

Le plan de sauvegarde de l’emploi va être présenté [le 18 mai, NDLR]... Si les salariés se mobilisent, peut-être que ça pourrait faire changer les choses. C’est un sujet sensible qui implique l’avenir de beaucoup de personnes. Les politiques s’en sont un peu mêlés mais nous sommes en pleine période électorale, c’est compliqué... Nous sommes au point mort. Le dossier semble être maintenant entre les mains du ministère de l’économie.

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