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Nos startups misent et gagnent au CES de Las Vegas

Ce qui se passe à Vegas, reste à Vegas. Pas cette semaine. Rapide débrief du succès de quelques-unes de nos startups azuréennes et varoises au CES.

A. Farrugia et K. Wenger Publié le 10/01/2022 à 18:30, mis à jour le 08/01/2022 à 15:07
L’édition 2022 du Consumer Electric Show de Las Vegas, grand-messe de l’innovation technologique, a accueilli près de 140 startups françaises, deuxième plus importante délégation du show! (Photo D.R.)

Perturbé par la Covid-19, le Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas ne s’est tenu que sur trois jours au lieu de quatre, du 5 au 7 janvier. Avec des poids lourds de la tech comme Google, Microsoft, Amazon ou encore Lenovo, absents-excusés pour cause de crise sanitaire. Mais nos startups françaises étaient bien présentes, en physique pour la plupart, et même, à près de 140, elles constituaient la deuxième délégation du salon derrière les Etats-Unis.

Dans les Alpes-Maritimes, le Var et Monaco, une vingtaine de nos jeunes pousses y a présenté ses innovations.
La Région Sud, en partenariat avec la French Tech et Bpifrance a suivi de près nos startups innovantes et Bernard Kleynhoff, président de la commission développement économique et digital, industrie, export et attractivité à la Région Sud n’est pas peu fier de leur performance à Vegas.

Pour se tester
à l'international

 

"Ce n’est pas le CES rêvé, il est vrai. Cependant, c’est l’occasion de se tester à l’international et c’est bien là ce que souhaitent les entreprises que nous avons envoyées. On prend la température des marchés, on glane des contacts avec quelques investisseurs présents et éventuellement de futurs partenaires. Surtout, on a accès à de grands dirigeants, plus détendus qu’à l’accoutumée, donc plus accessibles. Le CES de Vegas, c’est ça."
Alors oui, la grand-messe de l’électronique grand public était moins fréquentée qu’au temps béni des grands rassemblements sans masque et sans Pass mais l’expérience reste intéressante et formatrice.

Bernard Kleynhoff d’ajouter: "Je dis toujours à nos entrepreneurs qu’ils ne sont pas uniquement exposants mais aussi visiteurs! A eux d’ouvrir l’œil sur ce qu’il se passe à Vegas et ailleurs."
Les retours des quelques startups régionales que nous avons sélectionnées sont bons (lire par ailleurs).

Globalement, le CES "booste la visibilité et valide la pertinence d’une innovation". Sur place, les équipes du Village francophone Côte d’Azur Monaco ont animé trois studios connectés sur les thèmes TechForLife (santé, sport...), TechForCity (proptech, smartcity, greenTech) et TechForBusiness (blockchain, IA, FinTech...).

Ce qu’il s’est passé à Vegas va donc dépasser Vegas!

La Niçoise Nanaba se met à l’heure américaine

Pour sa première participation au CES, la Niçoise Nanaba qui a développé une solution éducative bloquant les applis préférées des enfants et ados le temps d’une pause révision a préféré jouer la carte de la sécurité et annulé sa présence physique au salon. Un choix étayé par l’absence des grands noms de la tech.
En revanche, la visio a chauffé à plein durant les trois jours du salon: "Nous nous sommes mis à l’heure américaine pour assurer les rendez-vous avec d’éventuels investisseurs, clients, participer aux nombreuses conférences et concours", explique Sébastien Defosse, responsable communication de la startup.

Le distanciel lui a plutôt bien réussi puisque "nous avons gagné le pitch EdTech, Smart Education et Sport Tech MyGlobalVillage face à une vingtaine de concurrents dont de nombreux sur place", s’enthousiasme-t-il.
Si remporter des concours d’éloquence est gratifiant, l’objectif premier de cette participation au CES est aussi d’avoir de la visibilité et de décrocher des contrats: "Anne-Laure Monier et Olivier Guérin, nos cofondateurs, ont plusieurs rendez-vous avec des responsables de l’éducation américains et canadiens."

Mission réussie puisque "Nanaba a un partenariat en cours avec une marque américaine de montres connectées et une autre entreprise qui a développé un robot éducatif se montre intéressée."

Des contacts encourageants pour la startup qui veut investir le marché canadien cette année avant d’attaquer celui américain en 2023. Et Sébastien Defosse de se projeter déjà dans un an: "Au prochain CES, nous n’irons pas en tant que startup mais en tant que grosse entreprise avec des projets très établis."
> nanaba.tech/

Même si Nanaba n'a pas fait le déplacement à Vegas, toute l'équipe s'est mise à l'heure américaine. (Photos K.W.).

Nodeus cocoone l’American Family

La startup fondée à Cagnes-sur-Mer en 2019 a mis au point Kokon, une solution d’assistance aux personnes isolées par le biais de capteurs dopés à l’intelligence artificielle disposés à domicile (30minutes seulement pour équiper un logement, sans travaux).

Le but étant d’informer en temps réel, une personne de confiance (proche, ami, voisin) de signaux de fragilité de ladite personne.

C’est cette solution, Kokon fruit de trois années de R&D et basée sur les travaux du CHU de Nice, que l’équipe, emmenée par James Nicolai, concepteur et président de Nodeus, a présenté au CES.

"Nous nous sommes préparés pour ce rendez-vous américain dès l’été 2021! Nous ne voulions pas le manquer. Certes, le Salon est moins fréquenté que celui de 2020 mais nos contacts sont de qualité et nous avons bien été coachés par la Région et la Métropole NCA."

Nodeus a signé cet été avec la Métropole Nice Côte d’Azur pour équiper une cinquantaine de logements de personnes isolées.

"De plus, nous avons conclu un partenariat avec une entreprise de sécurité, NS Citadelle, installée à l’Arenas et à Tahiti, pour prendre le relais, de nuit, des personnes de confiance choisies par le senior isolé. Ce que nous souhaitons, c’est recréer une vague de solidarité."

> nodeus.solutions

"Le CES de Vegas nous permet de voir que notre solution est très concurrentielle!" (Photo D.R.).

MyCoach tracke les partenariats

Pour sa première sortie à l’international, MyCoach Tracker fait fort en s’exposant au CES de Las Vegas. Une superbe "vitrine", souligne Jérémy Garcia, business unit manager Objets connectés de la sportech nicoise MyCoach et fier papa de cette solution.

Lancée en décembre après trois années de R&D, elle permet de mesurer et valider ses performances sur les terrains de football mais devrait bientôt être déclinée dans d’autres sports comme le rugby pour lequel "nous venons d’obtenir la certification mondiale", précise-t-il.
Participant pour la première fois à la grand-messe de l’électronique grand public, la startup entend donc profiter de cette exposition mondiale pour asseoir sa dernière innovation et de nouer des partenariats de distribution au-delà des frontières européennes.

"Nous avons des touches avec le Canada", affirme le chef de projet ravi de cette expérience, même si, à cause du Covid, il est le seul de l’équipe à avoir fait le déplacement et doit se démultiplier sur le stand.

"C’est un peu l’urgence pour accueillir et répondre à tous les visiteurs" curieux d’en savoir davantage sur la gamme de produits développés par la startup à l’instar de MyCoachTV, plateforme digitale mettant à disposition du grand public des tutoriels vidéos de grands champions.

Mais Jérémy Garcia sait les tracker.

> www.mycoachsport.com/

Claire Chapaz, directrice de la French Tech, s’est rendue sur le stand de MyCoach. (Photo D.R.).

Fair Vision mouille le maillot pour les States

Déjà remarqué à Lisbonne lors du Web Summit de novembre 2021, Fair Vision, fondée à Nice en 2018 par Jean-Michel Felderhoff et Louis Loonis développe une technologie très prisée, appuyée par des chercheurs d’Inria Sophia Méditerranée spécialisés dans l’analyse comportementale.

Sur un terrain de football, par exemple, leurs caméras fixes qui s’installent sans fil et se rechargent à l’énergie solaire, capturent les images des joueurs. Vitesse, distance, déplacement sur le terrain, chaque joueur est analysé.

Ensuite, le logiciel "vous refait le match, comme si vous étiez à la télé, avec tableau de performance pour chaque équipier". C’est la Fair Cam, l’innovation présentée au CES de Las Vegas.

Jean-Michel Felderhoff, cofondateur, est ravi de l’aventure: "On ne vient pas ici pour signer des contrats mais pour prendre la température du marché et récupérer des contacts au sein de cet écosystème au potentiel gigantesque."

Et ça paye. La Fair Cam plaît. "Il faut dire que nous avons mis la barre très haut avec notre techno. Nous considérons que l’intelligence est déjà dans l’image, qu’il n’y a pas besoin de capteurs embarqués sur le terrain pour récupérer les données, on s’affranchit de toute contrainte technique."

À Vegas, l’équipe Fair Vision a mouillé le maillot et visiblement, pas pour rien!

> www.fairvision.fr/

"Les Etats-Unis sont friands de datas sportives" : ça tombe bien, Fair Vision en fournit plein. (Photo D.R.).

La télé connectée d’Emotivi teste le marché américain

Emmanuel Castellani est un habitué du CES pour y avoir déjà participé à deux reprises en tant que cofondateur d’Emotivi qui a vu le jour à Sophia Antipolis il y a quatre ans.

Le voilà de retour, hors délégation de la Région Sud, après une édition 2020 peu intéressante car 100% digitale. "Cette année, il y a beaucoup moins de monde, il y a de nombreux stands vides mais les contacts sont qualifiés et finalement, ce n’est pas plus mal", analyse-t-il.

Outre la visibilité, le startupper est venu présenter au marché américain son boîtier qui, installé sur une télévision, permet de rompre l’isolement des seniors. La télé reçoit alors messages, photos, visioconférences, le tout automatisé, sans intervention de la personne âgée

Et la startup qui a levé 440k€ en fin d’année pour industrialiser la production de sa solution a reçu un excellent accueil. "Les gens qui passent sur notre stand sont fans mais il nous faut développer un produit spécifique au marché américain, revoir notre approche BtoB en nous adressant directement aux assurances, reprend Emmanuel Castellani qui a déposé un brevet européen et américain pour son innovation. Il y a une vraie demande et nous avons une histoire à écrire. Mais pour l’instant, notre taille est trop petite et nous reviendrons l’année prochaine!»

> www.emotivi.fr/

Le CES est toujours une expérience exceptionnelle, selon Emmanuel Castellani. (Photo D.R.).

Boarding Ring: "Pour des contacts privilégiés"

La Varoise Boarding Ring n’est pas à l’Eureka Park comme les autres startups de la délégation régionale mais à l’espace dédié à la réalité augmentée où se retrouvent tous les gros acteurs du marché.

"Cette année, il y a certes moins de passage mais il est qualifié", concède Antoine Jeannin, son cofondateur et CEO. Il y présente Seenetic VR, un dispositif qui, placé dans des lunettes de réalité virtuelle, limite l’apparition du mal de la réalité virtuelle (VR sickness).

Sortant des sentiers battus, sa solution séduit, ce qui conforte le dirigeant dans le bien-fondé de sa démarche: "Nous apportons une réponse à la cause réelle du problème physiologique [différence entre ce que perçoit la vision périphérique et l’oreille interne, ndlr]. On est les seuls à traiter ainsi ce problème."

La startup basée à Ollioules cherche à entrer en contact avec des constructeurs de casques virtuels – "nous avons rencontré des personnes de chez Meta [ex-Facebook, ndlr] – mais pas que... aussi des gens qui comptent dans l’industrie et qui pourraient nous faire gagner du temps dans le développement de partenariats. L’industrie de la réalité virtuelle est assez jeune et c’est aux États-Unis qu’elle se trouve."

Et de conclure, "C’est pour ce genre de contacts privilégiés que nous venons à Vegas."

> boardingglasses.com/

Petit selfie à Vegas pour la Varoise Boarding Ring. (Photo D.R.).

Instant2gether, l'American Dream en digital

Fondée en 2018 à Toulon par Caroline Hervé, Instant2gether propose, grâce à une application mobile, de répertorier en quelques secondes toutes les activités à disposition autour de vous, en rapport avec vos centres d’intérêt.

La pdg Caroline Hervé et la directrice design et produit, Khaera Belkadi, ont été contraintes de suivre le show en digital. "Pour avoir déjà participé au CES 2020, le digital impose des interactions moindres, cependant, ceux qui nous contactent sont très intéressés comme cette agence d’événementiel sur Paris, New York et Miami: un potentiel gros client qui peut nous faire décoller très vite!"

Avec son univers très "gaming", son positionnement sur le marché innovant des metaverses et le proche lancement du #NFT, Instant2gether promet de grandes choses. Comme un rêve américain.

> instant2gether.com

Caroline Hervé et Khaera Belkadi ont participé au CES en version digitale et décroché des rendez-vous qualitatifs. (Montage Instant2gether).

IoThink solutions à la conquête de l’Ouest

"On a carrément l’esprit Conquête de l’Ouest!"

Jean-Philippe Chouika, le dynamique développeur d’affaires à l’international de la startup IoThink Solutions créée en 2016 à Nice, n’a pas déplacé son équipe à Vegas pour planter des fraises. Spécialisée dans l’édition de logiciels et de solutions pour connecter les objets, la jeune pousse déjà bien implantée en France et en Europe en est à son troisième CES.
"Le marché américain est très exigeant et difficile à pénétrer. On y travaille depuis longtemps mais il faut être présents. Il faut montrer la solution. Nous avons déjà calé des rendez-vous. D’ailleurs, je reste une semaine de plus dans la Silicon Valley pour les honorer."

Mais l’intérêt du salon, c’est aussi de rencontrer les grands comptes français. Jean-Philippe Chouika de confirmer: "ça peut paraître étrange mais c’est de Vegas que l’on revient avec les meilleurs deals français!"
IoThink Solutions a présenté son savoir-faire qui a fait mouche: l’équipe est capable, en moins de cinq jours et parfois même en quelques clics, de livrer une application clés en main, sur mesure et en marque blanche. Déjà, Engie, Orange, Vinci et bien d’autres startups, TPE et PME utilisent leur solution.
"Cette année, pour ce premier salon américain nous sommes venus chercher des partenaires, construire notre écosystème, au sein de ce marché à l’énorme potentiel. Parce qu’une fois que les premiers clients auront signé il faudra être très réactifs."

La Niçoise ramène donc dans ses bagages de belles opportunités!

> iothink-solutions.com/fr

Jean-Philippe Chouika, le développeur d’affaires à l’international de la Niçoise IoThink Solutions a consolidé ses partenaires sur le marché américain. (Photo D.R.).

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