“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Monaco Telecom ouvre la voie au télétravail

Mis à jour le 20/09/2016 à 05:09 Publié le 20/09/2016 à 05:09
Corinne Pirinoli, directrice des ressources humaines et de la communication, et Martin Péronnet, directeur général de Monaco Telecom, ont lancé le télétravail le 1er septembre.

Corinne Pirinoli, directrice des ressources humaines et de la communication, et Martin Péronnet, directeur général de Monaco Telecom, ont lancé le télétravail le 1er septembre. Cyril Dodergny

Monaco Telecom ouvre la voie au télétravail

D'ici la fin de l'année, un tiers du personnel de l'opérateur monégasque travaillera une journée par semaine à la maison. Ils sont déjà quarante-trois à avoir franchi le pas le 1er septembre

Cela semble bien être un mode de travail qui réjouit employeur et salariés. En tout cas, de ce que l'on en a vu ! Chez Monaco Telecom, depuis le 1er septembre, quarante-trois salariés sont passés au télétravail. Depuis le 1er septembre, ils travaillent depuis leur domicile un jour par semaine. Et si les résultats continuent d'être aussi encourageants pour tous, environ quatre-vingts personnes seront concernées d'ici la fin de l'année. Sur un total de 220 salariés, c'est donc plus d'un tiers de l'entreprise qui sera télétravailleur !

Une révolution douce, fruit d'un long processus de concertation. « C'est un sujet collectif sur lequel nous avons beaucoup travaillé en amont, explique Martin Péronnet, directeur général de Monaco Telecom. Nous sommes tous très heureux de ce résultat-là. Tout le monde est enthousiaste. »

Un jour de travail à la maison, c'est l'accord entre les salariés et la direction de Monaco Telecom. « Nous nous sommes tous dit que, la première année, c'était un bon début. Car il ne faut pas oublier qu'il est important de travailler ensemble, d'échanger. Mais nous ne sommes pas bloqués. Nous avons prévu une réunion tous les six mois pour faire le point et envisager l'évolution de ce nouveau mode de travail. »

Du 100 % gagnant

Mais avec un télétravailleur, quel contrôle l’employeur a-t-il sur les heures de travail effectuées, la disponibilité du salarié? «Le télétravailleur ne travaille pas moins mais différemment, poursuit Corinne Pirinoli. Il est beaucoup plus efficace. Il peut travailler moins longtemps car il n’est pas sans cesse dérangé.»

Et Martin Péronnet de préciser: «Nous savons bien que le fait de pouvoir être isolé est très efficace. Ingénieurs, concepteurs, responsable marketing sont autant de personnes qui ont besoin de concentration. Le travail collectif est indispensable; mais il faut aussi se creuser les méninges et donc être dans un environnement propice à la concentration et la réflexion.»

Pour l’heure, c’est presque le bonheur parfait. «Ça nous oblige juste à être beaucoup plus rigoureux. Les réunions sont plus préparées, mieux structurées. Nous n’avons que des retours positifs du personnel quant à l’aménagement de leur vie personnelle et de leur vie professionnelle. Et la productivité des équipes est tout aussi bonne.»

Laure: "Essayer le télétravail c’est l’adopter!"

A la maison.
A la maison. Photo DR

Laure habite à Villeneuve-Loubet. Elle est maman de deux enfants.

Quel jour avez-vous choisi pour travailler depuis chez vous? Pourquoi?
Le mercredi. Cette journée coupe bien la semaine et me permet de faire une pause d’une journée sans transport. Je n’ai pas choisi ce jour pour les enfants qui sont inscrits au centre aéré, mais en accord avec mon manager et en fonction des impératifs de service et d’équipe.

Quels sont pour vous les avantages?
L’amélioration de la qualité de vie, le gain de temps et la fatigue en moins! Éviter le temps de transport et les problèmes liés au déplacement (retard, grève…) est un atout essentiel. J’ai habituellement presque 2h30 par jour dans les transports. Alors, le mercredi, le matin et le soir, j’arrête de courir après un train. Je peux aller chercher mes enfants à l’école tout en faisant mes horaires de travail habituels. Cela permet de mieux concilier la vie professionnelle et personnelle. Le télétravail offre également des conditions de travail qui permettent un niveau de concentration et donc une productivité plus élevée.

Avez-vous sincèrement le sentiment de travailler autant, voire davantage?
Des conditions de travail à la maison sont plus propices au travail. Il y a moins de bruit à la différence de l’open space (où nous avons plus d’interruptions, où les relectures sont plus difficiles…). Je peux également en profiter pour réaliser des travaux de fond…

Considérez-vous ce nouveau mode de fonctionnement comme un vrai changement dans la relation avec votre employeur?
En ce qui me concerne, pas de changement. Nous utilisons le même fonctionnement. Je reçois les appels comme au bureau, je récupère les dossiers sur le serveur de la société et j’ai accès à ma messagerie. La journée se déroule comme une journée au bureau. On ne rompt pas le lien avec nos collègues et responsable, c’est juste une pause d’une journée sans transport; où on profite pour travailler au calme!

Êtes-vous prêt à télétravailler davantage?
Oui.

Quels inconvénients ou difficultés nouvelles avez-vous rencontrées?
Comme vous avez pu constater, pas de difficulté. Essayer le télétravail, c’est l’adopter!

Au bureau.
Au bureau. Photo C.D.

Richard: "Ça peut paraître étonnant mais on travaille davantage"

A la maison
A la maison Photo C.D.

Richard, directeur Relations opérateurs, Niçois, papa de deux enfants d’âge scolaire, a opté pour le vendredi en télétravail, «parce que c’est la journée la plus calme de la semaine pour mon activité».

Lui y voit une meilleure organisation dans le travail puisque s’oblige «à organiser [sa] semaine pour traiter les dossiers de fond» le vendredi. Et comme ses collègues, Richard, qui travaille à Monaco en open space, note une «meilleure productivité» et «meilleure concentration».

Quand il est à la maison, il ne travaille pas moins, mais plus. «Ça peut paraître étonnant, mais on travaille davantage lorsqu’on fait du télétravail. Les journées démarrent pour moi systématiquement à 8 heures et peuvent se terminer à 19 heures passées. Attention, ce n’est pas non plus le même travail effectué qu’au bureau.»

Il s’agit donc d’un autre mode de fonctionnement et non d’un bouleversement dans la relation de travail. Richard considère qu’il ne sent «pas vraiment de changement. Par ailleurs, je manage des collaborateurs eux-mêmes éligibles au télétravail et ça se passe très bien».

Et pas question non plus de ne voir que par le télétravail. Pour une raison tout évidente : «La mission de manager suppose de conserver un lien direct avec ses collaborateurs.»

Alors, si ce nouveau mode de fonctionnement n’engendre, selon Richard, «aucun inconvénient ou difficult黫J’ai même réussi à participer par téléphone à des réunions “physiques” à Monaco» – la possibilité de travailler un jour à la maison est, pour l’heure, semble-t-il, la bonne formule.

Ce qu'ils en pensent

Jean-Jacques, responsable Contrôle de gestion
Jean-Jacques habite Cagnes-sur-Mer. «J’ai choisi le jeudi car c’est le jour où la maison est la plus “vide”, ce qui me donne des conditions de travail optimales.» Comme Laure, il a deux heures et demie de transport par jour, « quand tout va bien!»

Alors forcément, une journée sans aller-retour, c’est « moins de fatigue et une meilleure concentration car l’espace ouvert sur le lieu de travail favorise la communication, mais génère aussi beaucoup de perturbations qui peuvent nuire à la qualité du travail fourni».

Et puis, bien sûr, il y a un gros avantage pour la famille, comme «quelques bouffées de vie privée avec, par exemple, la possibilité de pouvoir prendre mon petit-déjeuner avec mon épouse».

Alors, avec tous ces atouts, le travail est-il mieux fait? «Ce n’est pas un simple sentiment, c’est une réalité. Et ce n’est pas tant une question de quantitéque de qualité, dans une relation de travail qui repose sur la confiance mutuelle.»

«Il faut planifier un peu plus sa journée de télétravail, en emportant la veille certains documents dont on peut avoir besoin par exemple. Mais c’est un inconvénient bénéfique que d’avoir à se projeter dans les tâches du lendemain: on pense par avance à ce qui doit être fait et c’est à nouveau un gain de temps.»

Philippe, Network Engineer
Philippe a opté pour le jeudi à la maison, à Èze, afin d’«être au calme chez moi et pour coller à l’organisation de mon service». Le calme, c’est le premier atout du télétravail pour cet ingénieur.

«Il y a également le fait de casser cette routine stressante du trajet avec embouteillages et de disposer d’un cadre privé qui augmente ma concentration.» Et Philippe pense aussi “travail durable”: « L’environnement ne s’en portera que mieux !»

Mieux, également, le travail: « Sincèrement, je pense que mon travail est plus productif sur les tâches de réflexion car il y a moins d’interférences qu’en open space.»

Philippe ne voit pas le télétravail comme une révolution. «Je suis déjà familiarisé avec ce mode de fonctionnement à distance que j’utilise quand je suis en service d’astreinte. »

Mais ce n’est pas son aisance à travailler seul qui l’encourage à quitter davantage le bureau. «Je suis de nature sociable. De manière exceptionnelle, ce serait intéressant deux jours consécutifs pour palier à des problèmes de grève SNCF. »

Un inconvénient ? «Je trouve assez rigide de fixer le jour de télétravail.» Un jour flexible ? Tiens, une idée à souffler.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.