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Monaco : des milliers de salariés pris en otage

Mis à jour le 19/10/2019 à 10:30 Publié le 19/10/2019 à 10:30
La gare de Monaco, hier à 8 h 45. Le désert de Gobi.

La gare de Monaco, hier à 8 h 45. Le désert de Gobi. A.C.

Monaco : des milliers de salariés pris en otage

Du jamais vu, ou presque.

Du jamais vu, ou presque. Hier matin, aucun train n’est arrivé en gare de Monaco/Monte-Carlo. Toute une partie de la journée, les quais, les couloirs, les escalators, les ascenseurs et le parvis de la gare sont restés totalement déserts.

« En raison d’un mouvement de grève inopiné, aucun train ne circulera jusqu’à nouvel ordre. » Le message, encadré par le célèbre jingle de la SNCF, était diffusé à fréquence régulière, dans cette gare fantôme, en ce vendredi noir sur le rail azuréen. À Monaco, cette ville-Etat dont les entreprises et administrations accueillent chaque jour quelque 50 000 salariés originaires de Nice, Menton et d’Italie, les conséquences de cette grève surprise sont considérables. On estime ainsi à 10 000 le nombre de salariés, dans les secteurs public et privé, qui viennent travailler en train.

Les conséquences d’une grève inopinée et totale, fait rarissime, ont empêché tous ces actifs de prendre leurs dispositions. Les conséquences du mouvement des cheminots sont ainsi de trois ordres. Humaines, d’abord. « Le stress et le désarroi de ces milliers de salariés qui ne trouvent pas de train pour venir travailler à Monaco sont, à mes yeux, le plus grave problème, réagit Philippe Ortelli, le président de la Fedem, la Fédération des entreprises monégasques. Tous ces employés ont besoin de pouvoir compter sur la SNCF, d’avoir confiance dans leur moyen de transport. » Les conséquences sont financières, ensuite, pour ces mêmes salariés. Car, comme le rappelle le responsable patronal, sauf accord particulier, « les entreprises acceptent les retards mais ne paient pas ceux qui ne viennent pas travailler. Les salariés perdront ainsi une journée de salaire ». Et d’enfoncer le clou : « Les cheminots doivent prendre conscience qu’ils enquiquinent non pas leur direction ni des grands patrons par ce mode d’action, mais de simples employés qui travaillent dans des boutiques, des administrations et des sociétés monégasques. »

Reste la troisième conséquence, difficile à évaluer : l’impact économique de l’absence totale de train sur une journée de semaine. Il est évident. Mais aucune étude globale n’existe en Principauté pour le chiffrer. On ne peut donc que se fier aux avis de dirigeants interrogés. « Nous sommes particulièrement touchés aujourd’hui car la grève n’était pas prévue et nos salariés n’ont pas pu s’organiser en amont », soupire Johanna Houdrouge, directrice administrative et juridique chez Mercure International. Le groupe emploie une centaine de personnes à Monaco, dont la plupart vivent du côté de Nice - 60 % des salariés de Mercure prennent le train. Comment ont-ils fait ? « Quarante pour cent ont pris le Thello, le train privé de 8 h, qui était bondé, indique Céline Bouzinac, responsable ressources humaines de la société. Cinquante pour cent sont venus en covoiturage et 9 % ont pris le bus. Une seule personne était absente. » Résultat, des retards et des coûts supplémentaires pour réussir à venir travailler.

D’autres entreprises monégasques avancent des chiffres de pertes. C’est le cas de Cruiseline, leader européen de la vente de croisières en ligne, qui emploie 338 salariés sur ses trois sites à Monaco. Hier matin, Pierre Pélissier, le président administrateur délégué, croulait sous les SMS de ses employés pris au dépourvu. « J’ai dit à ceux qui sont équipés de rentrer chez eux et de passer en mode télétravail. Mais tous nos commerciaux ne le peuvent pas. » La perte estimée ? « Il vaut mieux que cette grève tombe un vendredi, c’est moins lourd qu’un lundi. Environ 20 % des commerciaux ne travaillent pas, ce qui correspond à une perte, sur la journée, de 10 000 à 15 000 e. » Un exemple parmi cent…


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