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Marchés de la Défense : pourquoi les entreprises doivent oser répondre aux commandes publiques

Une convention d’affaires des marchés de la Défense a rassemblé une centaine d’entreprises à Toulon au Palais du commerce et de la mer. Son but: offrir du business aux PME locales.

Ambre Mingaz Publié le 23/11/2021 à 18:30, mis à jour le 19/11/2021 à 16:56
Une centaine d’entreprises du Var et des Bouches-du-Rhône est venue découvrir les offres des différents services du ministère des Armées. Un poids économique majeur dans notre région. Ambre Mingaz

Les marchés de la Défense représentent des opportunités pour les entreprises. En France, selon Pierre Ricard, délégué à l'accompagnement régional pour le ministère des Armées et la Région Sud-Paca, la Défense réunit régulièrement des entreprises pour leur présenter toutes les opportunités d'achat. «Nous sommes le principal acheteur public. ça représente 14 milliards d'euros par an, tous services confondus.» Le ministère des Armées consacre ainsi chaque année 14% de son budget à des achats directs auprès des PME. Des achats qui intéressent tous les secteurs (hors armement): des équipements à l'entretien des bâtiments en passant par les fournitures et services... «Nous avons des besoins dans tous les domaines.»

Mardi, la Chambre de commerce et d’industrie du Var (CCIV), ses équipes du front office et développement économique dirigées par Carole Pétroni et son pôle filières porté par Bertrand Le Guiner, avaient organisé une convention d'affaires des marchés de la Défense à Toulon au Palais du commerce et de la mer. Le tout en partenariat avec l'Union patronale du Var (UPV), l'UPE 13, le BTP 83, le cluster de l'industrie System Factory de TVT Innovation et la CCI d'Aix-Marseille-Provence.

A la conquête de nouveaux marchés

Une centaine d'entreprises du Var et des Bouches-du-Rhône s'y était inscrite pour découvrir les offres de services militaires terrestres, aériens et de la Marine. Après une présentation des offres et de sa politique d'achats par le ministère des Armées, la matinée s'est poursuivie par des tables rondes façon «rencontres business» organisées par thématiques d'activités entre acheteurs et PME. «L'idée est de montrer que pour être fournisseur de ces services de l'armée, ce n'est pas compliqué. Il y a des gros marchés publics mais pas seulement. C'est assez large. Le but est de permettre aux entreprises de faire découvrir leur savoir-faire, de se faire connaître, de conquérir de nouveaux débouchés et de faire du chiffre d'affaires. Pour la Défense, c'est l'occasion d'enrichir son portefeuille de fournisseurs», résume Carole Pétroni.

Des plus gros aux plus petits marchés

Et Pierre Ricard du ministère des Armées de confirmer: «Cet événement est l'occasion de réunir des entreprises, d'exprimer nos besoins, de faire connaître la manière dont nous travaillons et de les inciter à répondre aux appels d'offres pour devenir fournisseur de la Défense. 90% des marchés sont ouverts à toutes les PME, ce n'est pas confidentiel. Nous sommes ici justement pour battre en brêche les idées reçues. Bien sûr, nous avons de gros marchés et de grands groupes comme Naval Group avec lesquels nous travaillons et qui emploient aussi des sous-traitants, mais, en dessous de 40.000 euros, il existe des marchés qui ne nécessitent pas d'appels d'offres et qui sont sur devis, des marchés publics pour de petits achats.» La Défense cherche aussi à étendre son panel de fournisseurs. «C'est l'occasion de renouveler nos fournisseurs, et de favoriser la concurrence et le tissu local.»

 

Un partenaire majeur sur le territoire

Une bonne nouvelle lorsque l'on sait qu'après l'Île-de-France, la région Sud-PACA arrive en deuxième position en termes d'importance des effectifs militaires et civils avec 46.000 personnels rattachés au ministère des Armées, soit 16% des effectifs nationaux. Le Var représente à lui seul la moitié de ces effectifs; Toulon étant la principale base navale française et la base de défense la plus importante avec plus de 17.000 personnels civils et militaires.

La Défense est ainsi un poids économique majeur sur le territoire et un volume d’achats conséquent d’équipements, de fournitures et de services: télécoms, ingénierie, travaux publics, bâtiment, maintien en condition des navires et aéronefs, services généraux...

158 Millions d'euros de recettes en 2020

En 2020, en Région Sud, les paiements directs du ministère aux PME régionales se sont élevés à plus de 158 millions d'euros. 1.812 entreprises ont profité de ces retombées, ce qui représentait 954 emplois directement liés à ces achats, sans compter les emplois indirects.

Enfin, pour renforcer des relations de confiance équilibrées et durables avec ses fournisseurs, le ministère des Armées a mis en place un plan «action PME» qui vise à faciliter l’accès des PME aux marchés publics, à réduire les délais de paiement, à valoriser les PME innovantes et à renforcer le soutien à l’exportation. Et remet, depuis 2014, un label «Relations fournisseurs et achats responsables».

Jacques Rouard, Pdg de la Librairie Charlemagne, a lancé Défense Bureau. Ambre Mingaz.

Clause de solidarité

Le ministère des Armées a signé avec certains de ses fournisseurs une clause de solidarité pour ses militaires blessés. La librairie Charlemagne (34 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020, 185 collaborateurs) a ainsi prévu d’accueillir une quinzaine de ces personnes pour les aider à se réinsérer «à travers tous types de métiers et de propositions», explique son pdg Jacques Rouard. Pour le dirigeant qui a créé en 2020 le Groupement momentané d’entreprises solidaires "Défense Bureau" afin de répondre aux besoins de l’armée en fournitures et petits matériels de bureau (15 membres de toute la France), «la solidarité fait partie de notre ADN».

Offre numérique MM+

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