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Malgré un bénéfice monstre le groupe Novares ferme sa filiale Foreplast à Monaco: les salariés dénoncent un "plan social low-cost"

Mis à jour le 02/08/2019 à 10:41 Publié le 02/08/2019 à 10:30
Salariés depuis plusieurs décennies, ils veulent des conditions de départ à la hauteur des performances du groupe.

Salariés depuis plusieurs décennies, ils veulent des conditions de départ à la hauteur des performances du groupe. Photo Jean-François Ottonello

Malgré un bénéfice monstre le groupe Novares ferme sa filiale Foreplast à Monaco: les salariés dénoncent un "plan social low-cost"

Le groupe Novares, qui réalise un bénéfice net de 6,5 millions en 2018, ferme sa filiale de Monaco. Avec 28 ans d’ancienneté en moyenne, les 59 salariés veulent un plan de départ digne.

Soixante-quatre ans, c’est jeune pour mourir. L’année prochaine, l’usine Foreplast aurait fêté ses 65 ans. Avant, elle s’appelait Mecaplast. C’était autrefois le fleuron de l’industrie monégasque. Fondée par Charles Manni, l’entreprise a grandi, et est devenue en 2017 le groupe Novares (1.123 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018, 6,5 millions d’euros de bénéfice). Le siège est aujourd’hui à Clamart, en région parisienne. Le groupe a ouvert des usines dans des pays où la main-d’œuvre coûte peu. Et a décidé de fermer sa filiale monégasque Foreplast.

Le choc

"Cette décision brutale a surpris tout le personnel monégasque à qui la direction de Novares avait scrupuleusement caché son dessein" lance Me Delphine Frahi, leur avocate, experte en droit du travail, et qui a vu passer de nombreux plans sociaux.

Car oui, les salariés ont pris une avocate. "Ça va nous coûter cher, parce qu’on a de petits salaires. Mais c’est indispensable" explique un salarié qui souhaite rester anonyme. La raison ? La communication qui passe mal avec le groupe Novares. Ce qui les a poussés à se remettre en grève depuis mardi.

En avril dernier, déjà, ils avaient cessé le travail pour exiger qu’on leur explique la situation. Le seul commercial chargé de faire grossir le carnet de commandes avait été licencié et aucun remplacement n’était prévu. C’est là qu’ils ont compris. Il aura fallu une grève pour qu’on leur confirme.

Usine asphyxiée

"Cette mesure a été manifestement orchestrée depuis de longs mois à l’insu des salariés et des autorités monégasques. En effet, le groupe a isolé et asphyxié son usine historique et entendait la vider complètement de sa substance avant d’annoncer sa décision au personnel", analyse Me Frahi.

D’informations cachées en engagements oraux non tenus, ces ouvriers qui travaillent là depuis plusieurs décennies ont décidé de prendre un conseil. Quitte à se saigner.

Un plan social a été présenté aux représentants du personnel le 26 juin 2019. "Très léger sur la motivation économique, ses mesures sociales d’accompagnement des salariés licenciés le sont encore plus et aucune discussion constructive avec la Direction n’est parvenue à s’instaurer, lance l’avocate des salariés. Le groupe Novares, à la “forte croissance organique” et aux “performances financières impressionnantes” selon les dires de Pierre Boulet, le PDG, (rapport annuel 2017 "le mot du Président"), entend "se séparer de son usine historique à moindre coût. Il propose un plan social “low cost”, bien inférieur à ce qui se pratique habituellement en Principauté de Monaco dans le domaine industriel."

Neutralité

Des propos que le conseiller de gouvernement ministre des Affaires sociales et de la Santé, Didier Gamerdinger, conteste: "C’est sans doute en dessous de ce qu’attendent les salariés, et cela, on peut l’entendre. Mais on ne peut pas dire que c’est du low cost."

Présent dans le conflit depuis le mois d’avril, le département des affaires sociales entend jouer un rôle neutre et impartial. "J’ai demandé aux représentants de la direction d’intégrer la dimension humaine. Le groupe conserve les services de recherche et développement, ainsi que la facturation à Monaco, ils ont affirmé souhaiter que cela se passe bien."

Si les autorités s’engagent sur un accompagnement personnalisé, et dérogatoire (la plupart des salariés sont italiens et ne bénéficieraient pas de ces mesures en temps normal), l’avocate elle, entend faire appel à la responsabilité sociale de l’entreprise: "Les actes doivent être en adéquation avec les déclarations. Une entreprise ne peut pas communiquer sur un code d’éthique sans le mettre en application."

 Sauf à concéder que ce n’est que de la communication. Interrogé, le groupe Novares n’a pas répondu à nos demandes.


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