“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Licenciée alors qu'elle est en arrêt maladie

Mis à jour le 11/11/2017 à 05:29 Publié le 11/11/2017 à 05:29
Le Monte-Carlo Bay est un hôtel du groupe Société des Bains de Mer.

Le Monte-Carlo Bay est un hôtel du groupe Société des Bains de Mer. Jean-François Ottonello

Licenciée alors qu'elle est en arrêt maladie

Une salariée du Monte-Carlo Bay, ex-déléguée du personnel, a été licenciée au terme d'une grossesse difficile, après douze années sous les ordres d'un responsable très zélé

Douze ans de bons et loyaux services, et en guise de cadeau de naissance, on la licencie ! » s'indigne Olivier Cardot, secrétaire adjoint de l'Union des syndicats de Monaco.

Anne El-Abbassi a eu une grossesse compliquée. En arrêt dès le début, elle est également arrêtée au terme de son congé maternité, jusqu'au 20 octobre. Un arrêt qui est prolongé. « À chaque arrêt, j'envoie un mail pour prévenir avant d'envoyer le courrier. Par correction », se justifie-t-elle. À l'envoi du dernier arrêt, elle a la désagréable surprise de recevoir une « convocation à un entretien » datée du 23 octobre pour un rendez-vous le 27 octobre. « Mon arrêt maladie venait d'arriver au bureau. Les dates correspondent », explique-t-elle, encore sonnée. Aucune explication sur la nature de la rencontre ou son objectif. Elle envoie un mail à son responsable. Il lui répond qu'elle le saura pendant l'entretien. Elle doit y aller, et puis c'est tout.

Virée en moins de cinq minutes

Mais elle n'est pas dupe. Anne est assistante ressources humaines au Monte-Carlo Bay. En douze ans, elle n'a eu qu'un seul entretien d'évaluation. Mais ses collègues l'apprécient : « C'est souvent vers elles que se tournent les employés pour avoir des informations, parce qu'ils savent qu'ils seront bien reçus », raconte un délégué syndical. En plus, elle a été élue déléguée du personnel à plus de 80 % des suffrages lors des avant-dernières élections. Elle travaille dans cet hôtel depuis son ouverture, et connaît le zèle dont son responsable est capable avec les représentants du personnel.

Pendant son congé maternité, Anne reçoit un recommandé lui annonçant que la totalité de ses congés payés et récupérations seront soldés à l'issue de son congé maternité. « Jamais les congés n'ont été imposés dans notre service. J'ai contacté l'inspection du travail pour me renseigner », confie-t-elle. Mal lui en a pris.

Le 27 octobre, lors de son entretien, elle choisit de se faire accompagner par des représentants. « L'entretien n'a duré que quelques minutes. Il m'a demandé si j'avais bien contacté l'inspection du travail. J'ai dit oui. Il a alors poursuivi en disant : "Alors ça va être simple, tu es licenciée à partir de maintenant, au titre de l'article 6." Dans le couloir, je discutais avec deux collègues de la situation. Mon responsable a appelé la sécurité qui m'a escortée vers la sortie. »

Elle reçoit plus tard une lettre de licenciement bancale, avec erreur sur la date et syntaxe approximative.

Un coup d'œil rapide dans le rétro lui permet de constater que son licenciement intervient pile à l'expiration du délai de protection dont elle bénéficiait en tant qu'ex-déléguée du personnel. Un rôle que son responsable semble avoir pris en grippe.

Un responsable connu pour son zèle

En effet, celui-ci a défrayé la chronique il y a plusieurs années pour un sujet similaire. À une époque où le Fairmont était encore le Monte Carlo Grand Hôtel. Il avait alors licencié un délégué syndical au lendemain de sa nomination. Pour ratisser large, une dizaine de ses collègues proches avaient aussi été mis à la porte. Seulement voilà, les salariés ne s'étaient pas laissés faire. Alors que la chaîne Fairmont reprenait l'établissement, les salariés injustement licenciés étaient réintégrés et le chef de service, poussé vers la sortie.

C'est à peu près à la même époque qu'il est recruté par le Monte-Carlo Bay. Là aussi, ses techniques de travail ne font pas l'unanimité. Des délégués syndicaux confient qu'il y aurait plusieurs conflits en cours auprès du tribunal du travail, pour des raisons diverses. Eux-mêmes auraient fait l'objet de pressions de sa part. Et l'un des représentants qui accompagnait Anne El-Abbassi s'est vu décompter une heure de travail pour l'entretien qui n'a duré qu'une poignée de minutes, au mépris de la législation qui autorise un salarié à se faire assister par un collègue de son choix, sur son temps de travail.

Silence du groupe

Les salariés de l'hôtel font bloc derrière Anne El Abbassi. Une information a été affichée sur le tableau réservé aux communications syndicales. Mais mercredi dernier, une palette d'essuie-main d'une hauteur non réglementaire a « malencontreusement » été oubliée devant l'affichage, nécessitant l'intervention de l'inspection du travail. Bien qu'il ne soit pas possible d'attribuer formellement cette négligence au responsable des ressources humaines, le geste laisse perplexe.

Nous avons interrogé la Société des Bains de Mer sur cette affaire, sur le choix de recrutement d'un responsable des ressources humaines qui a défrayé la chronique par le passé pour des faits similaires. Le groupe n'a pas souhaité s'exprimer.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.