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"L'Etat a fait une bonne affaire": le patron du Medef national confiant en l'avenir

Mis à jour le 19/09/2020 à 10:45 Publié le 19/09/2020 à 10:21
Geoffroy Roux de Bezieux, le patron du Mouvement des Entreprises de France, a visité l'Ecole de la Deuxième Chance et le campus de La Grande Tourrache à La Garde. Sa crainte: la non-embauche des jeunes en cette crise.

Geoffroy Roux de Bezieux, le patron du Mouvement des Entreprises de France, a visité l'Ecole de la Deuxième Chance et le campus de La Grande Tourrache à La Garde. Sa crainte: la non-embauche des jeunes en cette crise. (Photo Patrick Blanchard)

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"L'Etat a fait une bonne affaire": le patron du Medef national confiant en l'avenir

Invité jeudi et vendredi à Toulon par l'Union patronale du Var, le patron du Medef national Geoffroy Roux de Bezieux s'est dit confiant en l'avenir. Des signes indiquent, selon lui, que "le pire n'est pas certain". Il appelle les entrepreneurs à embaucher des apprentis au nom du "devoir moral" car "le vrai risque c'est la non-embauche des jeunes plutôt que les licenciements".

Après être intervenu jeudi soir, à Toulon, lors de l'assemblée générale de l'Union patronale du Var, le patron du Medef national Geoffroy Roux de Bézieux a visité, ce vendredi après-midi, les locaux de l'École de la Deuxième Chance et de l'IMSAT à La Garde.

Le patron des chefs d'entreprise français a évoqué la situation économique, le Plan de Relance, ses inquiétudes et sa vision, ainsi que la prime de 8.000 € offerte aux entrepreneurs pour l'embauche d'un apprenti ou alternant.

Coup de pouce à l’apprentissage

À ce sujet, Geoffroy Roux de Bézieux a insisté sur cette aide de l'État en appelant énergiquement les chefs d'entreprise à y recourir. «Nous avons un devoir moral de maintenir le nombre d'alternants et d'apprentis. Certes, on craint des fermetures d'entreprises mais le vrai risque, je pense, c'est la non-embauche des jeunes.» Son objectif: «Atteindre le même nombre d'apprentis dans les entreprises que l'année dernière.»

Soit 490.000 contrats d'apprentissage comptabilisés en 2019 en France. «Il est important de garder cette dynamique. Chacun d'entre nous doit se demander s'il peut recruter. Nous avons la chance dans le Var d'avoir un patronat qui joue plus que son rôle dans l'insertion des jeunes.»

Des signes positifs

Au-delà de ça, Geoffroy Roux de Bezieux préfère se montrer optimiste et rassurant. «Il faut continuer à vivre, à travailler sous la Covid. La pire des choses, c'est de se replier sur soi-même. Cette crise est différente des précédentes. Nous sommes face à quelque chose de totalement nouveau. C'est pour cela que je suis toujours un peu sceptique sur les prévisions faites par les économistes qui sont toujours très pessimistes. Tout est fragile mais le pire n’est pas certain. De ce que je vois dans notre réseau, les enquêtes de la BPI et le retour des banques, le PGE (prêt garanti par l'État, Ndlr) a servi de bouée de sauvetage et n'a pas été majoritairement consommé. Et la consommation des ménages a été meilleure que prévu.»

Et de se réjouir: «Globalement l'État a fait le job.» En saluant au passage la réactivité des services de l’État et des banques pour le déblocage des prêts. «L'État a fait une bonne affaire, estime-t-il, car le chômage partiel a permis de maintenir la consommation des ménages et les emplois.» Et, pour preuve selon lui: «Fin août, 70% des montants des PGE avaient été versés par les banques mais pas consommés par les entrepreneurs.»

Le patron du Medef pense ainsi qu'au moment du remboursement des prêts, en avril prochain, beaucoup d’entreprises auront remboursé par anticipation. Et à 0,25% de taux sur le montant prêté par l'État, «l’État a fait une bonne affaire», martèle-t-il.

Les points faibles du Plan de Relance

Concernant les contreparties réclamées aux entreprises, selon lui: «Les entrepreneurs ne sont pas responsables de la crise. C'est logique que l'État nous aide puisqu'il nous a arrêtés. Nous faisons avec les réglementations sanitaires qu'on nous impose. On a fermé le robinet des entreprises, il est normal que l'État remette de l'argent dans l'économie.»

Ses inquiétudes? Le volet transition dans la formation prévu par le Plan de Relance est insuffisant. «Il ne met pas assez de moyens financiers et d'outils à disposition, notamment face au nombre croissant des personnes en reconversion. Ce plan mérite d'être complété. Il faut aussi retravailler ce congé de formation.»

La baisse des impôts de production qu'il réclamait? «C'est une première étape mais j'ai peur que l'impôt sur les sociétés soit faible.» Et le volet consacré à l'environnement et la transition énergétique? «Je suis un peu inquiet car c'est un système à guichet. Chaque entreprise va venir avec un projet, va avoir un taux de subvention, de l'argent sera versé mais ma crainte, c'est qu'on n'aura pas assez de projets. Les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire, ndlr) ont toutes des projets de transformation mais il faut avoir la capacité d'investir. Il faudra mettre 60% du montant. Bien sûr que c'est l'avenir, mais je crains qu'on n'ait pas assez de projets pour nourrir ce plan. On sera vigilants.»

À propos de l'industrie

«La souveraineté est souvent associée au protectionnisme mais il faut plutôt trouver un équilibre. Il faut continuer à commercer mais à armes égales avec nos concurrents internationaux. Bridgestone, pourquoi cette usine n'est pas compétitive? On a laissé accès aux pneus chinois bas de gamme low cost. On impose des coûts et des normes environnementales que ne respectent pas les Chinois. Il faut qu'on puisse se battre à normes équivalentes.» Et d'ajouter: «Je comprends l'émoi que cette fermeture créée mais ne décourageons pas les industriels étrangers qui vont vouloir ouvrir ou étendre leurs entreprises chez nous. Il faut tout faire pour que d'autres usines ouvrent à Béthune.»

À propos du télétravail

«Je ne suis pas favorable au tout télétravail. Oui peut-être lorsqu'on est une startup ou dans des métiers particuliers mais une société, c'est un corpus humain, on a besoin de cohésion sinon c'est Uber et c'est la voie ouverte à une délocalisation massive. Vouloir tout régenter depuis Paris à travers une norme nationale ne serait pas une bonne idée. Ne tombons pas dans le piège du formatage. Il faudra normer le télétravail mais laisser la main aux entreprises secteur par secteur.»

La 5 G sur tout le territoire ?

«J'ai bien rigolé en entendant le président Macron parler des Amish! Je comprends qu'il y a des citoyens qui craignent les effets électromagnétiques mais on ne peut pas être contre la croissance et revenir en arrière. C'est une polémique absurde."


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