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Les salariés de Foreplast en grève pour leur avenir De Mecaplast à Foreplast, une histoire monégasque

Mis à jour le 10/04/2019 à 10:12 Publié le 10/04/2019 à 10:12
Visages graves et traits tirés, les salariés sont dépités, mais soudés.

Visages graves et traits tirés, les salariés sont dépités, mais soudés. Jean-François Ottonello

Les salariés de Foreplast en grève pour leur avenir De Mecaplast à Foreplast, une histoire monégasque

L’entreprise de fabrication de pièces en plastique pour l’industrie automobile était à l’arrêt hier. La quasi totalité des salariés proteste contre le licenciement du seul chargé d’affaires de la société

Les mines sont graves. Les traits tirés. Certains regardent dans le vague et semblent déjà connaître l’issue. Hier matin, une quarantaine de personnes étaient sur le trottoir devant l’usine Foreplast. En colère. Inquiets. Mais surtout, unis comme un seul homme.

La raison de cette mobilisation, c’est Jean-François Vestri, délégué syndical, qui l’explique : « On nous a annoncés hier (lundi, NDLR) le licenciement de notre chargé d’affaires, en vertu de l’article 6, donc un licenciement sans motif. On ne comprend pas, car c’est la seule personne qui nous ramène du travail et qui doit nous permettre de maintenir l’activité. Ça nous a mis en colère. Tout le monde est mobilisé. On demande des réponses : quel est notre avenir ? Qu’est-il prévu en remplacement de cette personne-là ? On attend des réponses claires de notre direction. Soit ils nous disent qu’ils ont un nouveau chargé d’affaires qui arrive avec les valises pleines de travail, soit ils nous disent que l’on ferme l’usine à la fin de l’année ! Mais qu’ils nous donnent les réponses. »

« Menés en bateau »

Alors, depuis lundi, ils sollicitent la direction. « Nous avons eu une première réunion lundi soir avec la direction et nous n’avons pas obtenu de réponses. Alors, nous nous mobilisons », annonce Marco Testi, délégué du personnel.

C’est qu’ils sont tous membres du personnel depuis au moins une vingtaine d’années. Autant dire que des catastrophes sociales, ils en ont vu venir d’autres (lire ci-dessous). Et cet événement réveille des souvenirs bien peu agréables. Ils sont à cran. « Début 2015, 70 personnes ont été licenciées, en vue de remettre l’entreprise à flot, mais on nous a menés en bateau », lance Jean-François Vestri.

S’ils sont aussi inquiets, c’est parce qu’il leur semble voir d’autres signes funestes. Le personnel est aujourd’hui très réduit, au point que certains employés sont les seuls à occuper leur poste. Et récemment, certains se sont vus proposer un reclassement. « S’il n’y a plus personne pour entretenir cette machine, autant dire qu’on va l’arrêter », plaque Jean-François Vestri.

Au sujet du chargé d’affaires, celui qui fait rentrer l’activité, il aurait été question de le remplacer en interne. « On connaît tout le monde ici, personne n’a la fibre commerciale », dit Marco Testi.

Les prévisions ne sont pas faites pour les rassurer. Sylvain Barotto est pessimiste : « Nous, ce que l’on pense, c’est qu’ils ne veulent pas que l’entreprise retrouve du travail. Le carnet de commandes ne nous charge qu’à 50 % pour l’instant, et les prévisions tablent sur 1,6 million d’euros de perte. Ça veut tout dire. »

Réintégration et investissement

Hier après-midi, ils ont rencontré la direction. Aucune proposition concrète ne serait ressortie de cette réunion. Les salariés restent fermes sur leur position : ils réclament la réintégration du chargé d’affaires, et exigent du groupe Novares des investissements à hauteur de 2 millions d’euros pour assurer le maintien de leur activité et donc leur avenir. Pour l’un des salariés, c’est la moindre des choses : « Quand on se targue dans la presse de faire 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires, c’est quelque chose qu’on peut faire. »

Contactée, la direction de l’entreprise ne souhaite faire aucun commentaire pour l’instant.

En ce temps-là, il y avait de l’industrie à Monaco. Fondée en 1955 par Charles Manni, Mecaplast a commencé en produisant des pièces de transistor, et très vite a bifurqué vers l’industrie des pièces détachées automobiles. En 1964, c’est par un ventilateur plastique pour Peugeot 204 que l’aventure commence. Très vite, c’est une belle histoire comme Monaco sait en produire. On parle de succès, de réussite, de prospérité.

Et puis c’est l’heure des crises. Frappée de plein fouet par celle des subprimes en 2008, l’entreprise est sauvée par le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles, grâce au groupe PSA qui considère Mecaplast comme un fournisseur stratégique.

Puis le chiffre d’affaires dégringole. De plus de 25 millions d’euros en 2008, il tombe à environ 9 millions en 2015.

Alors que l’entreprise comptait 300 salariés, ils sont une soixantaine à intégrer Foreplast à sa création en 2014. Cette filiale avait initialement pour but de diversifier l’activité en réalisant des sèche-cheveux ou des pièces d’ameublement, par exemple. Par ailleurs, Mecaplast rachète en 2017 Key Plastics, un équipementier américain, pour être plus près des lieux de production automobile, et forme alors le groupe Novares. Une entité dont les ventes atteignent 1,2 milliard d’euros en 2017, et dont la valorisation à son entrée en bourse en 2018 atteignait 500 millions d’euros.

Dans son actualité récente, le groupe Novares annonce avoir procédé à des investissements majeurs dans certaines de ses usines en Serbie et en Chine, mais aussi dans une start-up spécialisée dans la reproduction de sensations sur les écrans tactiles.

Franz Chavaroche

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