Les pulls en laine Chandam tricotent une mode responsable

Proposer des pulls tout doux tricotés en France avec de la laine provenant de moutons de la Région Sud. C’est le défi relevé et réussi de la marque antiboise Chandam.

K.Wenger Publié le 29/09/2022 à 18:30, mis à jour le 23/09/2022 à 16:47
D’où vient le nom de la marque Chandam? "C’est un mélange de “Chan” pour chandail, champ pour le terroir, de chant pour donner la voix à ceux qu’on ne voit pas et d’âme pour l’humain. Mais aussi de ramdam pour son côté pêchu et d’AM pour les Alpes-Maritimes", explique Eléonore Bricca, sa fondatrice. (Photo Franz Chavaroche )

L’idée

Elle avait dû mal à trouver des pulls originaux, colorés, 100 % naturels "et qui ne grattent pas"! Alors Eléonore Bricca, grande tricoteuse devant l’Eternel, a eu envie de lancer sa propre marque, Chandam à Antibes. Pour se démarquer et surtout par conviction, elle a décidé d’utiliser pour ses créations un fil peigné 100% laine française, voire de la Région Sud. Un défi qu’elle a relevé, une maille après l’autre, puisqu’elle lance désormais sa deuxième collection.

Les produits

Chandam a sorti sa collection automne-hiver, "une gamme courte de cinq pièces comprenant deux pulls, un cardigan et deux accessoires – un béret et une écharpe – qui sera tricotée en France, en Vendée". Le tout dans des coloris vert émeraude, brique, bleu givré...

Afin de produire au plus juste de la demande, l’entreprise azuréenne a opté pour un système de précommandes sur Internet "avec un tarif spécial pour les early birds", précise Eléonore Bricca.

Il faut compter environ un mois et demi entre la commande et la livraison. Les prix: 70€ les accessoires et entre 190 et 290€ le pull. "En boutique, la même qualité avoisine les 600 et 700€."

La plus-value

Renouveau de la filière textile française, circuit court et respect de la planète sont les maîtres mots de Chandam. La laine provient de moutons Mérinos d’Arles élevés dans les Alpes-Maritimes, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône.

 

Eléonore Bricca a opté pour un fil de laine peigné, doux et soyeux et surtout, a supprimé le traitement superwash. Gourmand en eau, énergie et substances chimiques, il brûle les écailles de la laine et les enrobe d’une couche de plastique. Dans cette même optique de protection de l’environnement, la dirigeante reverse 1% de son chiffre d’affaires à une association qui promeut et aide au développement de l’agriculture paysanne indépendante et familiale.

L’investissement

Chandam a vu le jour en octobre 2021 à Antibes mais est hébergée et accompagnée à la pépinière d’entreprises InnovaGrasse depuis juin.

Elle emploie deux alternants et fait appel à une styliste freelance. "Comme nous sommes dépendants de la matière première et de sa qualité, notre croissance sera douce" comme la laine, image la dirigeante qui a investi 30k€ de fonds personnels dans l’aventure. Elle prévoit de décupler les 30k€ de chiffre d'affaires réalisés en 2021 et d’atteindre le seuil de rentabilité d’ici trois à cinq ans.

Le défi

"La laine française est méconnue. Seuls 4% de la laine produite dans l’Hexagone sont valorisés, regrette la jeune femme qui a peiné à trouver des partenaires et qui a dû organiser le circuit de la transformation. La filière française est disloquée: faute de volumes et de machines, les acteurs sont dans l’impossibilité de réaliser toutes les étapes de la transformation. Le lavage de la laine s’effectue en Haute-Loire, le peignage à Tourcoing, le filage et la teinture en Suisse."

D’autant qu’Eléonore Bricca a opté pour un fil peigné "alors que l’on utilise habituellement un fil cardé. Le nôtre est plus souple, plus lustré et fluide. Un peu comme si on avait fait un brushing à la laine. Les transformateurs n’en avaient pas l’habitude, il leur a fallu expérimenter pour trouver les bons réglages."

 

L’objectif

"Nous voulons que notre marque soit reconnue pour la qualité de sa maille mais aussi pour ses valeurs", insiste Eléonore Bricca.

C’est pour cela que Chandam restera à taille humaine, proche de ses clientes. L’an dernier, Chandam a récolté 2tonnes de laine, soit l’équivalent de 500 à 600kg de fil.

"Cette année, nous devrions en obtenir 2,5tonnes (70 kg)", estime la dirigeante qui, via son système de précommandes, espère dépasser les 200 pièces vendues en 2021. Pour l’heure, les créations de Chandam sont vendues sur le site ecommerce ainsi que chez Laine Rebelle à Vallauris mais "nous cherchons d’autres points de vente"
> chandam.co/

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