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Les pépites de la Région Sud voient la vie en vert à VivaTech

À VivaTech Paris, la Région Sud s’est mise au vert avec les 36 startups qui l’ont accompagnée. L’innovation au service de la planète, c’est la green tech. Et ça, c’est le Sud!

K.Wenger Publié le 20/06/2022 à 12:00, mis à jour le 17/06/2022 à 16:57
Le stand végétalisé de la RégionSud a accueilli 36 pépites régionales dont HySiLabs. L’Aixoise, qui résout le problème du transport de l’hydrogène, fait partie de la nouvelle promotion du FT20 Green qui met en valeur des Green Tech tricolores possédant un fort potentiel de croissance et de développement à l’international. (Photo Sébastien Nogier)

A VivaTech 2022, grand rendez-vous de la tech qui s’est tenu la semaine dernière à Paris, les stands ont rivalisé d’originalité. L’entrée d’une boutique au chic très parisien pour LVMH, le nez du TGV-M – le train du futur plus économique – pour la SNCF et celui, entièrement végétalisé de la Région Sud. En harmonie avec la thématique choisie "La Green Tech, ça, c’est le Sud" et en résonance avec l’objectif zéro émission carbone, l’un des six grands thèmes du salon.
Mais c’est surtout une volonté de la Région Sud et de son Plan Climat "Gardons une Cop d’avance" qui fait de Provence-Alpes-Côte d’Azur un territoire tourné vers la green tech.

"Nous devons être plus vertueux en termes de développement économique, rappelle Bernard Kleynhoff, à la fois président de la commission développement économique et digital et de RisingSUD. Le développement durable, de plus en plus demandé par les Français, n’est pas en opposition avec celui économique et est un levier d’accélération. La green tech est une évidence pour une région comme la nôtre."
"C’est une filière transversale, ajoute Françoise Bruneteaux, présidente de la commission transition numérique des entreprises et des territoires à la Région. Elle touche l’agriculture, la mobilité, la transition énergétique... mais aussi l’intelligence artificielle et la blockchain. On ne pourra pas atteindre la neutralité carbone en 2050 si nous ne mettons pas de l’innovation dans notre façon d’aborder le changement climatique."

36 pépites

Ce sont donc 36 pépites issues de l’écologie, de l’agritech, de la mobilité décarbonée en passant par la protection de l’environnement et de l’énergie qui ont fait partie de la délégation sudiste et qui ont été mises en avant sur son stand. Étaient également du déplacement des jeunes pousses spécialisées dans la fintech, le cloud ou encore la data.
"VivaTech, estime Françoise Bruneteaux, est porteur pour nos entreprises car il adresse le marché francophone et européen."
Selon sa maturité, chaque startup a fait montre durant les quatre jours du salon de sa technologie, a pu rencontrer de potentiels clients, investisseurs ou futurs partenaires.
Impossible de parler de toutes mais voici nos coups de cœur.

 

Green ou pas, ils représentent tous l’expertise et l’excellence du Sud.

Repères

> 6e édition de VivaTech, le plus grand rendez-vous de la tech en Europe qui a accueilli 1.500 exposants dont 1.200 startups et quelque 100.000 visiteurs.

> La Région Sud et ses partenaires, les Métropoles Nice Côte d’Azur, Toulon Provence Méditerranée, Aix-Marseille-Provence, la communauté d’agglomération Sophia Antipolis a accueilli 36 startups régionales sur son stand, les a coachées pour rencontrer les journalistes et de potentiels futurs partenaires, clients, investisseurs.

SudPlace bien en place

Le salon a été l’occasion pour la Région de lancer officiellement la plateforme SudPlace.
S’inscrivant dans le plan de la reconquête économique, cette première marketplace de l’innovation est 100% gratuite et a pour objet de faciliter les collaborations entre les donneurs d’ordre, les startups et les PME innovantes très en attente de cette relation.

"Si on veut faire du codéveloppement et du circuit court, il faut que les réseaux fonctionnent mieux, que les entreprises soient en connexion directe avec les donneurs d’ordre", analyse Bernard Kleynhoff.
En comblant ce manque, SudPlace permet donc de référencer sa startup – sous réserve que son siège soit basé sur le territoire – ou structure d’accompagnement, d’entrer en relation, d’accéder à l’ensemble des aides régionales, nationales et européennes, de consulter les offres de collaboration proposées par les donneurs d’ordre du territoire.

 

"À ce jour, 1.300 jeunes pousses figurent déjà sur la marketplace. C’est l’atout attractivité supplémentaire de la région", résume-t-il.
> sudplace.maregionsud.fr

L’intelligence artificielle de Highwind sauve des vies

L’objectif d’HighWind est tout simple: sauver des vies grâce à sa solution d’appels d’urgence smartphone prédiagnostiquée par l’intelligence artificielle.

"Les appels d’urgence sont apparus en France en 1932 pour les pompiers et depuis la mise en place du 112 en 1997, ils n’ont pas évolué, constate Adrien Ricci, CEO de la startup niçoise qui a aussi des bureaux à Marseille et Paris. Tous les ans, on recense 69 millions d’appels d’urgence (pompiers, Samu, police) et il faut en moyenne une dizaine de minutes au régulateur pour appréhender la gravité de la situation."

Instantanément

Les quatre associés de HighWind ont donc développé et breveté une solution s’appuyant sur l’intelligence artificielle qui envoie au service d’urgence des photos et selfies, la position GPS et les informations préenregistrées de la personne (groupe sanguin, allergies éventuelles…).

"L’IA qu’on a entraînée sur des bases de données médicales et des situations réelles reconnaît s’il s’agit d’une lacération au couteau, d’une brûlure à l’acide, d’un bras cassé, le contexte de l’urgence (flammes, incendie, fumée, inondation…), précise le CEO. Surtout, elle analyse les émotions sur le visage, la souffrance, la peur… Une personne qui souffre voit ses capacités de communication réduites et cela peut conduire à des drames. L’IAsera également capable de déterminer si vous appelez pour vous ou une tierce personne. Une photo ne vaut-elle pas mille mots?"
En fournissant une analyse de la traumatologie, du contexte et des émotions du patient, HighWind priorise les appels, facilite la prise de décision des secours et "cela peut sauver des vies. En temps normal, un centre d’appels d’urgence reçoit un à deux appels par minute et cela peut monter jusqu’à cent lors des crises majeures comme les attentats de la Promenade des Anglais, du Bataclan, les inondations de la tempête Alex..."

HighWind qui est accélérée au CEEI de Nice propose son appli sous forme de souscription annuelle aux urgences publiques mais aussi aux entreprises qui veulent leur propre solution pour les accidents du travail. Elle a d’ailleurs profité de VivaTech pour signer un partenariat avec Airbus Développement.
Et Adrien Ricci de compléter: "Nous attendons aussi un financement de la Région Sud pour réaliser notre premier déploiement auprès du Samu 06 et avons répondu à un appel d’offres pour l’innovation pour le Samu 13."

"Une situation d’urgence décrite en une dizaine de minutes l’est désormais en une seconde grâce à notre IA", assurent Christophe Haus et Adrien Ricci, respectivement directeur de l’IA et CEO de HighWind. (Photo K.W.).

F-Reg ferme les vannes de la pollution

F-Reg, elle, veut éviter les pollutions dues aux débordements des réseaux d’eaux pluviales et usées. Emmanuel Curinier et Thierry Courbon, les deux fondateurs de la startup hébergée au CEEI à Nice, ont développé une vanne mécanique sur mesure qui, installée dans les réseaux d’assainissement, en contrôle le flux des précipitations.

Dotée d’un capteur qui fait remonter les informations en temps réel, elle module le débit de l’eau qu’elle laisse passer. "Le but étant d’éviter la surverse, les ruissellements urbains en cas de fortes pluies et les pollutions lorsque les réseaux vont déverser leur trop-plein en mer. Notre solution qui ne nécessite pas d’énergie puisque mécanique, évite la construction de bassins de rétention encombrants et coûteux", expliquent les dirigeants qui viennent de déployer 37 vannes à Dinard.
La raison de leur venue à VivaTech: se faire connaître auprès de nouveaux clients et chercher des investisseurs pour lever des fonds d’ici six mois "afin d’accélérer la commercialisation de notre solution".

Les cofondateurs de F-Reg, Thierry Courbon et Emmanuel Curinier, devant la vanne mécanique qu'ils ont inventée. (Photo K.W.)).

Vulog, pour se déplacer en autoliberté

Voitures, vélos, scooters, trottinettes… En tant que fournisseur de technologies de mobilité partagée, Vulog veut décongestionner les villes et aider les gens à se déplacer plus librement.

Vaste projet pour la Niçoise qui travaille avec les grands constructeurs automobiles comme Stellantis, Toyota ou encore Volkswagen et dont la plateforme technologique permet d’exploiter des flottes de véhicules.

"Nous comptons plus de cinquante projets sur les cinq continents: des compagnies d’assurances qui veulent rajeunir leur base de données consommateurs, des fournisseurs d’énergie qui désirent optimiser leur station de charge…, précise Alexandra Lougovoy, la responsable marketing. Depuis la fin de la pandémie, nous avons noté un regain d’éveil des consciences sur les sujets de mobilité, aussi bien de la part des villes ou des entreprises. Le segment BtoB s’est intensifié: les dirigeants veulent savoir comment optimiser leur flotte auto existante ou comment aider leurs employés à bouger plus sainement. Nous sommes des activateurs de la transformation digitale des entreprises et d’industries. Nous nous considérons comme leur allié majeur pour réussir leur projet."

Vulog qui a lancé en septembre Leo & Go son service d’autopartage sans engagement et tout inclus dans la métropole lyonnaise. L’Azuréenne qui a déjà participé à plusieurs reprises à VivaTech veut montrer qu’il y a des pépites en Région Sud, sur des marchés de niche, certes mais qui changent la donne à l’échelle mondiale.

Alexandra Lougovoy, directrice marketing de Vulog. (Photo K.W.).

Réduire ses empreintes avec Green Score Capital

La Toulonnaise Green Score Capital est en adéquation totale avec la thématique écologique de la Région puisqu’elle mesure l’impact environnemental des entreprises, quels que soient leur taille et secteur d’activité.

Soutenue par l’Agence spatiale européenne et le CNES, la Varoise a développé le progiciel Footprint Target qui combine les données des sociétés avec celles environnementales externes et spatiales pour évaluer les empreintes carbone et biodiversité.

"On parle beaucoup de l’empreinte carbone mais il n’y a pas que ça, fait remarquer Charles-André Timmerman, docteur en science de l’environnement et data analyst de la startup varoise qui a préféré une approche holistique. On se positionne sur les cinq postes d’extinction de la diversité: dégradation des habitats, surexploitation des ressources (consommation d’eau, ressources minérales et métalliques), changement climatique, pollution de l’air, des sols et de l’eau, les espèces invasives et les maladies."

En connaissance de cause

Une fois l’analyse réalisée, Green Score Capital propose ensuite des solutions d’accompagnement positives car intégrant les contraintes économiques de l’entreprise. La composition du produit, le lieu d’origine des matières premières, son mode de transformation ou de production..., le progiciel de la startup varoise indique les différentes options et le dirigeant peut ainsi prendre, en toute connaissance de cause, la décision économique la plus judicieuse pour son affaire.
Green Score Capital et sa dizaine de collaborateurs se focalisent sur l’affichage de l’origine des textiles qui, dans le cadre de la loi Agec, deviendra obligatoire à partir du 1er janvier 2023. "Un peu comme le Nutriscore des aliments ou l’étiquette énergie des appareils électroménagers", image Charles-André Timmerman.
Habituée de Vivatech, Green Score Capital sait qu’elle pourra y rencontrer des clients et des investisseurs potentiels "afin de préparer une levée de fonds qui nous permettra de poursuivre la R&D et commercialiser notre solution".

Charles-André Timmerman de Green Score Capital. (Photo K.W.).

Seacure, des maisons pour les poissons

Donnez à la Marseillaise Seacure – anciennement Geocorail – des grilles métalliques et un peu d’électricité et elle en fera des constructions sous-marines. De quoi laisser les poissons bulle bée...
"On produit de la roche à partir de l’eau de mer, un peu comme le calcaire dans la bouilloire, résume Anne-France Grux, business développer de Seacure. Le principe est simple: on immerge une armature métallique de la forme souhaitée, on ajoute de l’électricité – aucun risque pour la faune et la flore (1 volt) – qui provoque de la précipitation des sels minéraux sur l’armature. Cela génère un liant calco-magnésien qui adhère à la grille et à ce qu’il y a autour : coquillages, sable..." 

Ensuite, on laisse la nature prendre le relais. "On enregistre de 2 à 5cm de croissance par an. L’intérêt environnemental est évident, reprend-elle, puisqu’on évite au maximum les apports extérieurs comme le béton." 

Nul besoin d’aller chercher des blocs de roche dans de lointaines carrières puisque Seacure utilise, dans le cas de pied de digue par exemple, les galets déjà sur place "qu’on liaisonne".

La Marseillaise qui emploie une dizaine de collaborateurs réalise ainsi des ouvrages de lutte contre l’érosion, d’anti-affouillement, des récifs à poissons, "c’est un matériau qui a la même structure que les coquillages et qui est très colonisable. C’est excellent pour la biodiversité", assure Anne-France Grux.

Seacure a réalisé un site pilote à Cannes en 2018, des chantiers à Sainte-Maxime, Toulon et Sète et est également présente au Brésil et en Espagne. "D’autres pays sont en cours."

Anne-France Grux montre deux exemples de liant calco-magnésien qui adhère à la grille métallique. (Photo K.W.).

Saint Georges Management terrasse tous les obstacles

Rien à voir avec les startups de la délégation de la Région Sud mais la sécurité des 25.000 m2 de VivaTech est assurée par un Cannois, Sébastien Beaujean, fondateur et dirigeant de Saint Georges Management.

Pas moins de 180 personnes dans les allées et les coulisses du salon pour en assurer la sécurité. Mais pas que… Le cabinet de management de la sécurité des événements qui emploie sept ingénieurs gère également la santé, la sûreté et la cybersécurité des exposants et des visiteurs. "Cela va des éventuels malaises à la sûreté antiterrorisme, la protection des cyber-informations en passant par la gestion des incendies et l’intelligence économique, détaille Sébastien Beaujean. Le champ d’action est vaste. Nous construisons des architectures, puis en assurons la coordination, la sélection des prestataires et le pilotage." 

Un marché de niche, admet-il. "Nous ne sommes qu’une poignée en France mais Saint Georges Management a été l’un des premiers dans ce métier qui n’existait pas il y a une dizaine d’années."
Le point fort de l’entreprise? "Nous fournissons des projets clés en main et collaborons avec l’État. Cette relation avec l’institutionnel nous permet de construire des schémas globaux publics-privés. "

On n’y pense guère mais accueillir des ministres ou des chefs d’État sur un événement exige de nombreuses autorisations et un long travail de préparation en amont: "Huit mois pour VivaTech". Mais cela n’émeut pas Sébastien Beaujean qui a déjà géré la Red Bull Air Race à Cannes en 2016, le Forum sur la Paix en 2018 et qui travaille depuis longtemps sur celui qui se tiendra à Paris en novembre.

Prêt à terrasser, comme saint Georges, tous les dragons qui se mettront sur son chemin.

Le Cannois Sébastien Beaujean, fondateur et dirigeant de Saint Georges Management, a assuré la sécurité de VivaTech. (Photo K.W.).

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