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Les distributeurs de billets disparaissent et le coronavirus s'installe: c'est la fin du paiement en liquide?

Mis à jour le 28/09/2020 à 09:25 Publié le 28/09/2020 à 09:00
La disparition progressive des distributeurs de billets contribue à modifier les habitudes de paiement des consommateurs.

La disparition progressive des distributeurs de billets contribue à modifier les habitudes de paiement des consommateurs. C. T.

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Les distributeurs de billets disparaissent et le coronavirus s'installe: c'est la fin du paiement en liquide?

Le relèvement du plafond du paiement sans contact à 50 euros et la diminution progressive du nombre de distributeurs de billets conduisent les consommateurs à privilégier la carte bancaire. Jusqu’à quel point?

Et si, pas plus tard que dans deux ou trois ans, l’argent liquide ne circulait plus en France? Cela peut paraître totalement irréaliste mais pourtant la tendance est là, bien palpable. Et la crise sanitaire n’y est pas étrangère.

Vous l’avez tous remarqué, l’incitation à payer via sa carte bancaire ou son smartphone est en vive accélération. Parallèlement, les retraits d’argent liquide enregistrent une baisse historique: moins 4% en moyenne tous les ans, beaucoup plus depuis la fin du confinement.

C’est que le plafond du "sans contact" a été relevé à 50 euros. Une mesure qui a recueilli l’aval des Français. Ainsi, en 2019, pas moins de trois milliards de transactions de ce type avaient eu lieu en France [un chiffre qui a triplé en trois ans, Ndlr]. Désormais, ce sont cinq milliards de paiements sans contact qui sont attendus en moyenne. Et selon le Groupement carte bancaire, 45% des achats sont effectués de la sorte depuis la fin du confinement. C’était 38% avant... 

2% de Dab en moins tous les ans

Mais le désamour progressif des Français pour le paiement en liquide a également une origine plus terre à terre: la disparition des distributeurs de billets. On se souvient d’ailleurs que sauver les DAB était l’une des revendications fortes des "gilets jaunes", les banques mettant un point d’honneur à en supprimer régulièrement 2% chaque année. Et pas seulement dans les tout petits villages.

À La Roquette-sur-Siagne, tout près de Cannes, les quelque 5.000 habitants n’ont longtemps eu que le choix d’aller à Pégomas, Mouans-Sartoux ou La Bocca pour tirer quelques billets au distributeur. La seule agence bancaire locale ayant fermé, l’accès à ce service avait été interrompu et seules des négociations avec la mairie ont permis de le rétablir voici peu.

Interrogé sur le sujet par nos confrères du journal Le Monde, Erick Lacourrège, directeur général des services à l’économie et du réseau à la Banque de France, explique qu’entre le début et la fin de la période de confinement, "les retraits de billets ont chuté de 50% en volume et de 40% en valeur. Du jamais vu au cours des quinze dernières années, note ce spécialiste. Et depuis la réouverture des commerces de proximité, le nombre d’opérations aux automates bancaires reste encore en retrait de 10 % en valeur et 20 % en volume par rapport à l’an dernier."

Plus grave encore: la Fédération des entreprises fiduciaires dresse le constat que beaucoup de commerçants refusent les paiements en argent liquide, notamment de grosses enseignes qui se retranchent derrière des raisons sanitaires.

Elles estiment, en effet, que le paiement sans contact ralentit la transmission du virus. Et même les boutiques d’envergure plus modeste s’y mettent, incitant la clientèle "à privilégier la carte, et notamment le sans contact."

Motif: le respect des règles d’hygiène - il n’y a pas d’échange direct entre l’acheteur et le vendeur - et la rapidité accrue du paiement. C’est bien. Sauf que, comme on le lira plus loin, cette pratique est totalement prohibée, a priori même en temps de crise...

Qu’on se rassure tout de même, beaucoup de Français restent encore attachés à leurs pièces de monnaie, à leurs billets et même au paiement par chèque. De quoi offrir un petit sursis à ces moyens de paiement?

A La Brasserie de Mougins, Jean-Pierre voit les règlements en espèces se faire de plus en rares.
A La Brasserie de Mougins, Jean-Pierre voit les règlements en espèces se faire de plus en rares. E. F.
A Mougins, Jean-Pierre confirme la tendance : moins d’espèces, plus de cartes bleues

Jean-Pierre est serveur à La Brasserie de Mougins, ce resto sympa qui, dans le quartier du Val, accueille tout à la fois une clientèle d’habitués et des touristes de passage.

Pour lui, aucun doute possible : les habitudes des consommateurs ont changé et il en fait le constat, jour après jour. "Depuis deux ou trois ans, l’argent liquide se fait plus rare. Les gens aujourd’hui payent en carte bleue, en chèques vacances ou en tickets-restaurants. Mais des espèces, on en voit de moins en moins."

Un réflexe qui s’est encore renforcé avec le passage à 50 euros du seuil du paiement sans contact. "Oui, ça a accentué encore les choses. Cela et le relèvement aussi du plafond des tickets-restaurants puisqu’il est possible désormais de les utiliser jusqu’à hauteur de 38 euros par jour."

À l’entendre, le règlement en billets et pièces serait donc devenu l’exception? "Absolument, confirme Jean-Pierre. Bien sûr, certains continuent de payer avec, et pas forcément des personnes âgées d’ailleurs. Il y a un peu tous les profils et il est difficile de dire que telle ou telle catégorie de clients privilégie ce mode de paiement."

Mais si l’utilisation de la carte bancaire est quasiment devenue la règle chez le consommateur, cela n’induit-il pas des frais bancaires supplémentaires pour le professionnel? "Non, explique notre serveur. Il n’y a pas de frais pour les paiements sans contact. C’est pour cela qu’aujourd’hui, on accepte même le règlement des cafés par carte. L’autre jour, un client a sorti sa carte bleue pour un croissant à 1,30 euro. Il n’avait pas de monnaie sur lui et je me voyais mal lui refuser son petit plaisir."

Se pose enfin la question des pourboires : sont-ils eux aussi en déclin avec la disparition progressive des espèces? "C’est certain, on en reçoit de moins en moins, ça a vraiment beaucoup diminué. Avant, les pourboires représentaient une part importante de ce que l’on gagnait chaque mois. Les gens nous laissaient toujours quelque chose sur la monnaie qu’on leur rendait. Franchement, aujourd’hui, cette belle époque est révolue."

À retenir

- Le recul du paiement cash ne concerne pas uniquement la France. En Suède ou au Royaume-Uni, le constat est identique. Dans ce dernier pays, 17% de la population concède avoir du mal à s’en sortir sans moyen de paiement en liquide.
- Les personnes âgées utilisent davantage le cash que les jeunes. De même, la population en situation de précarité a plus souvent recours à l’argent liquide.
- Une pétition en ligne intitulée "Au secours, l’art. 16 prévoit la fin de l’argent liquide dès 2022 !" a déjà recueilli plus de 83.000 signatures. Elle fait référence à un article tiré d’un rapport rendu en juin 2018 par le "Comité action publique 2022" formé par Édouard Philippe, qui suggère d’aller "vers une société zéro cash pour simplifier les paiements tout en luttant mieux contre la fraude fiscale".


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