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"Les 120 hôtels de Cannes sont au bord du gouffre"... La présidente des hôteliers tire la sonnette d'alarme

Mis à jour le 16/10/2020 à 16:01 Publié le 16/10/2020 à 15:59
"Ce qui faisait la force de Cannes est devenu notre talon d’Achille : l’événementiel et la clientèle internationale", estime Christine Welter, présidente du syndicat des hôteliers de Cannes.

"Ce qui faisait la force de Cannes est devenu notre talon d’Achille : l’événementiel et la clientèle internationale", estime Christine Welter, présidente du syndicat des hôteliers de Cannes. Photo P. L

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"Les 120 hôtels de Cannes sont au bord du gouffre"... La présidente des hôteliers tire la sonnette d'alarme

Avec le tourisme au point mort -3.100 chambres sur 5.000 fermées à ce jour à Cannes- c’est l’impasse économique. Christine Welter, présidente du Syndicat des hôteliers fait des propositions. Des professionnels en souffrance témoignent. La casse sociale couve

La présidente du Syndicat des hôteliers cannois, Christine Welter tire la sonnette d’alarme sur un secteur sinistré par la crise sanitaire. Et émet des propositions pour sortir l’hôtellerie de l’impasse économique et sociale.

Quel taux d’occupation en septembre ?

On a fait 33%. C’est 48 points de moins qu’en 2019. Le chiffre d’affaires a baissé de 74%. On tourne à 10-15% de taux d’occupation actuellement.

Des hôtels plus en difficulté que d’autres ?

Les 4 et 5 étoiles ont des coûts et des obligations de services trop conséquents pour supporter un taux d’occupation en dessous des 15-20%. À ce jour, la quasi-totalité des 5 étoiles ferme fin octobre, 80% des 4 étoiles et les petites structures espèrent pouvoir tenir. Ce qui faisait la force de Cannes est devenu notre talon d’Achille : l’événementiel et la clientèle internationale. Sans congrès depuis mars et sans marchés étrangers, les 120 hôteliers cannois sont au bord du gouffre. Nous ne pouvons pas vivre douze mois sur les six semaines de trésorerie de cet été !

"sortir notre secteur de l'oeil du cyclone"

Christine Welter, présidente combative du Syndicat
des hôteliers de Cannes et du bassin cannois.
Christine Welter, présidente combative du Syndicat des hôteliers de Cannes et du bassin cannois. Photo P. L

Le Radisson Blu s’oriente vers un plan de licenciements de 56 emplois sur 82. Le Martinez devrait se séparer de 29 postes. D’autres hôtels concernés ?

On ne sait pas encore. Nos PGE (Prêts garantis par l’État) sont en train de fondre alors que nous avons déjà brûlé une grande partie de nos maigres trésoreries et de nos fonds propres ! On encourage les hôteliers à se tourner vers leur comptable et à ne pas se recroqueviller. On passe à une politique de réduction des coûts pour passer l’hiver le mieux possible. On est des chefs d’entreprise. Il n’y a pas les méchants et les gentils...

Que préconisez-vous ?

Il faut sortir notre secteur de l’œil du cyclone : pourquoi serait-il plus dangereux de dormir à l’hôtel que d’aller faire ses courses ? Il faut adapter certains dispositifs de soutien. Deux enjeux majeurs : le personnel et les loyers.

Comment préserver l’emploi ?

Sur le personnel, l’accord de branche sur l’APLD (activité partielle de longue durée) devrait être signé fin octobre et permettrait de passer l’hiver. Encore faut-il qu’il soit signé. Autrement, nous serions alors au chômage partiel de droit commun c’est-àdire un remboursement des salaires à hauteur de 36%… donc des licenciements.

"sortir les Alpes-Maritimes de la zone rouge"

Qu’implique cet accord ?

Il faut pouvoir acter le passage de 40 à 50%des heures prises en charge par l’APLD dans notre secteur hôtels cafés restaurants (HCR) car tous les organismes s’accordent pour dire que nous ferons une année 2021 à 50% d’une année normale ! Autrement, le secteur ne pourra pas s’engager sur l’APLD dont la contrepartie est « aucun licenciement ». Si l’APLD n’est pas signé via cet accord de branche, alors il faudra que l’État assume sur notre secteur sinistré en conservant le chômage partiel au taux Covid (remboursement à hauteur de 70% de brut).

Autre souci, les loyers qui pèsent sur les hôtels...

L’ordonnance du 25 mars 2020 dit que les loyers et charges locatives relatives à des locaux professionnels et commerciaux ne peuvent encourir de pénalités jusqu’à l’expiration d’un délai de deux mois après la date de cessation de l’état d’urgence sanitaire qui est à la date du 10 juillet, donc jusqu’au 10 septembre. Depuis cette date, les propriétaires recourent à tout l’arsenal pour se faire payer leurs loyers échus impayés.

Que faire ?

On demande qu’on remette le secteur HCR sous protection. Il faudrait permettre aux deux parties de gagner du temps, permettre des procédures de conciliation via le tribunal de commerce, entre bailleur et locataire. Mais envisager aussi pour les propriétaires une compensation fiscale, par exemple permettre que ces loyers impayés constituent une charge déductible de leurs revenus imposables.

Il y a urgence ?

L’hôtellerie-restauration ne peut être la variable d’ajustement de la crise sanitaire ! En tant que chef d’entreprise, nous avons besoin de rassurer nos clients. Si les indicateurs santé sont bons et, a priori, ils le sont depuis quelques semaines, il faut sortir les Alpes-Maritimes de la zone rouge pour pouvoir attirer la clientèle loisirs de proximité pour la Toussaint, Noël et février. Nous avons fait une année blanche en 2020. Nous ne pouvons faire l’impasse sur 2021 ! Des protocoles sanitaires sont en place dans l’hôtellerie restauration et l’événementiel. C’est plus facile de tracer des milliers de congressistes à Cannes que des milliers de visiteurs dans un shopping mall !

Les annonces du Président ?

Le couvre-feu des Lyonnais ou des Parisiens va-t-il leur donner envie de venir passer quelques jours sur la Côte d’Azur pour les vacances ? On ne sait pas encore.


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