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Le casino de Monte-Carlo veut "se placer comme le plus sécurisé d’Europe"

Mis à jour le 28/08/2020 à 13:48 Publié le 28/08/2020 à 15:00
Boris Donskoff, directeur du casino de Monte-Carlo.

Boris Donskoff, directeur du casino de Monte-Carlo. Photo Jean-François Ottonello

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Le casino de Monte-Carlo veut "se placer comme le plus sécurisé d’Europe"

Boris Donskoff, à la tête du casino de Monte-Carlo, évoque la façon dont son établissement et son personnel ont dû s’adapter au contexte lié à la crise sanitaire. Comment, pas à pas, ils ont procédé à des ajustements dans le processus de déconfinement. Toujours avec l’aval du gouvernement princier, qui lui a décerné le label "Monaco Safe". Le responsable de ce lieu mythique de la Principauté évoque aussi l’absence préjudiciable de certains gros clients étrangers.

Comment faire fonctionner un casino sous l’ère de la Covid-19?
Le premier acte fut la création d’un plan sanitaire avant la réouverture des casinos, lequel a été soumis au gouvernement princier. Celui-ci nous a autorisés à rouvrir le 5 juin, dans la foulée des restaurants. On est alors rentré dans une phase dite de "stop-and-go". Tous les 15 jours, on proposait au gouvernement de nouvelles adaptations dans le processus de déconfinement.Il acceptait ou refusait. Avec le recul, je pense que le déconfinement a été plus compliqué que la création du plan sanitaire.

Vous avez obtenu, depuis, le label Monaco Safe qui garantit aux clients que les mesures sanitaires sont respectées…
On est tenu de respecter à la lettre ce label, de faire en sorte que les clients se sentent en sécurité dans notre casino. Ce sont des mesures contraignantes, difficiles à faire perdurer. Mais on veut se placer comme la destination et le casino les plus sécurisés d’Europe. On voulait ouvrir avant tous nos homologues du continent, ce qui a été chose faite. Certains, comme en Angleterre, n’ont toujours pas rouvert.

Qu’y a-t-il chez vous qu’on ne retrouve pas chez les autres?
Le départ du plan sanitaire était très sécurisé en termes de gestion des tables de jeux, à savoir le Plexiglas, les mesures de nettoyage, la distanciation sociale. C’était le premier axe.Le deuxième portait sur les conditions de jeu. On les a modifiées de façon à ce que les joueurs se sentent encore plus sécurisés tout en conservant ce plaisir du jeu. On a limité la jauge aux tables. Si l’on prend l’exemple de la roulette européenne, le nombre de clients était illimité.Il a été réduit à six avec la crise sanitaire.In fine, c’est compliqué pour le casino.

Quelle est la perte financière sur ces jeux de table?
Elle est difficile à mesurer.Elle se calcule par rapport au manque de clients pouvant jouer à table.La Covid-19 a, aussi, impacté la façon de jouer.Les mesures sanitaires ralentissent énormément le jeu. À la roulette européenne, au moment de la relève, l’employé doit nettoyer la boule, le cylindre, le râteau, son poste de travail, sa caisse à jetons, sa chaise. C’est une perte de temps énorme qui, à la fin de la soirée, génère une perte d’activité.

Tout le personnel des jeux est-il revenu sur le terrain?
Certains sont encore en chômage total temporaire renforcé. Il faut une équité sur tous les services de jeux.Cela fluctuera en fonction du nombre de clients.

Quelle clientèle ne voyez-vous plus ou moins?
Sans les vols internationaux, on ne voit plus du tout les clients d’Asie, des États-Unis. Et très peu les joueurs du Moyen-Orient.

Ce sont pourtant vos plus gros joueurs…
C’est exact. Ils représentent 50 % de notre activité sur les gros joueurs. C’est une grosse perte d’activité.On dépend beaucoup de la réouverture des aéroports et vols internationaux.

Des cas positifs à la Covid-19 ont-ils été enregistrés parmi le personnel?
Il y a eu une personne détectée pendant le confinement et traitée au CHPG. C’est le seul cas.

La clientèle se montre-t-elle récalcitrante pour le port du masque?
Non, elle comprend très bien que l’on fait avant tout cela pour les protéger. Fin août, toutefois, on constate que les masques tombent quand le jeu s’accélère, que l’adrénaline commence à faire son effet. C’est un peu pesant pour les clients après plusieurs heures de jeu.Il faut constamment être derrière eux pour leur faire remettre. C’est le rôle de tout le personnel.La Covid-19 est l’affaire de tous.

Comment voyez-vous l’avenir?
Personne ne s’attendait à cela.Tout le monde pensait qu’au mois d’août, l’affaire serait réglée avec la chaleur estivale.Ce n’est pas du tout le cas. On est rentré dans quelque chose de compliqué : la nouvelle normalité.Elle va perdurer dans le temps, tout comme les gestes barrières.Charge à nous de faire au mieux pour que le client se sente bien dans nos casinos.On continuera à mettre de l’énergie et de l’animation. On a remis en place les live music du jeudi au dimanche soir. On a organisé un dîner intimiste dans la suite Princesse Grace pour d’importants clients. On pense à organiser, au mois d’octobre, des tournois de punto banco. Pour l’heure, il n’y a plus les grandes soirées pour les clients VIP.On en aura peut-être une en novembre, selon l’évolution de la crise sanitaire.

Wlady Alexandre, cartier de profession au sein du casino de Monte-Carlo.
Wlady Alexandre, cartier de profession au sein du casino de Monte-Carlo. Photo Jean-François Ottonello
"Les jeux de cartes sont détruits toutes les quatre heures"

Loin des dorures et des boiseries du casino de Monte-Carlo, les cartiers évoluent dans une pièce truffée de caméras.Sous haute surveillance, donc.C’est là que ces hommes de l’ombre contrôlent les cartes, boules de roulettes et dés de craps.

"On prend garde à ce qu’il n’y ait pas de défaut, que tout soit conforme", explique Wlady Alexandre, cartier depuis 2005 au casino de Monte-Carlo, tout en exécutant un "soleil" (notre photo) pour examiner le recto et verso d’un jeu de 54 cartes, estampillé "Société des Bains de Mer".

Masque sur le visage, gants noirs de rigueur, le quadragénaire place le jeu dans une boîte qu’il scelle par une étiquette verte. Avant de les descendre dans les différents salons pour une utilisation sur les tables de poker, blackjack ou punto banco.

Le principal changement avec la Covid-19? Une fois "souillé", le paquet revient au cœur de sa salle d’origine dans une boîte scellée, cette fois-ci, par un autocollant rouge. Les cartes sont alors mises au pilon, vouées à la destruction dans une machine dédiée.

Et ce, en présence de la police des jeux qui s’assure qu’aucune carte ne manque.

"Les jeux de cartes sont détruits toutes les quatre heures, environ. Rien que pour le blackjack, on doit passer dix paquets par jour soit 300 par mois.Avant, les cartes étaient plastifiées et l’on gardait le jeu pendant dix à quinze jours, explique-t-il. Dès que je manipule des cartes utilisées, je change de gants pour ne pas contaminer les propres."

Même sort funeste pour les dés, dont la durée de vie n’excède jamais plus d’une journée. D’où des stocks importants prévus par la Société des Bains de Mer.

Catherine Pantano, équipier d’entretien
Catherine Pantano, équipier d’entretien Photo Jean-François Ottonello
"Dès qu’une personne finit de jouer, on nettoie"

Elle déambule au milieu des 136 machines à sous du casino de Monte-Carlo, armée d’un spray désinfectant et d’une lavette.

Si un joueur déserte l’un de ces appareils qu’on surnomme bandits manchots dans le jargon des casinos, Catherine Pantano, équipier d’entretien, le désinfecte dans la foulée. « On nettoie les écrans, les manettes, les boutons, les appuie-main, les fauteuils mais aussi les Plexiglas qui séparent les joueurs. Bref, tout ce qui est susceptible d’être manipulé par le client et joueur, récapitule-t-elle. Plus il y a de monde, plus on nettoie. » Forcément, les mesures sanitaires liées à la Covid-19 ont alourdi sa charge de travail, d’ordinaire cantonné au nettoyage des salons et des toilettes. Un macaron « Cette machine a été désinfectée », apposé par la salariée, signifie alors que la place a été nettoyée. Son absence, au contraire, lui indique qu’il faut désinfecter. Le service entretien a été renforcé par des employés du vestiaire, justement missionnés pour aseptiser ce lieu où les clients déposent leurs effets personnels.


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