"La Société des Bains de Mer se porte très bien": le président-délégué, Jean-Luc Biamonti, a annoncé des chiffres records

Le président délégué de la Société des Bains de Mer, qui s’apprête à passer le flambeau à Stéphane Valeri, a annoncé des chiffres records. Estimée à 632 millions d'euros il y a dix ans, la SBM vaut maintenant plus de 2 milliards d'euros.

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Propos recueillis par Joëlle Deviras Publié le 30/11/2022 à 11:00, mis à jour le 30/11/2022 à 11:20
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Jean-Luc Biamonti, président délégué de la SBM. Photo Jean-François Ottonello

En marge de son ultime conférence de presse donnée à l’issue d’un Conseil d’Administration de la Société des Bains de Mer, Jean-Luc Biamonti, qui s’apprête à passer le flambeau à Stéphane Valeri, s’est confié à Monaco-Matin. Il explique comment la SBM s’est redressée pour atteindre aujourd’hui "des chiffres records de toute l’histoire de la société".

On sait également que la SBM, qui était estimée à 632 millions d’euros il y a dix ans, vaut maintenant plus de 2 milliards d’euros…

Vous laissez une entreprise qui redevient florissante. Avez-vous le sentiment de la mission accomplie?

Les chiffres du premier semestre continuent à être très bons. En terme opérationnel, nous dégageons 90 millions. Octobre continue sur cette lancée. Cela fait maintenant deux ou trois ans que le début d’automne est excellent. Dans les périodes difficiles, la société reposait sur les loyers générés par nos investissements immobiliers. Ce n’est plus du tout le cas. Nous continuons bien sûr à encaisser les loyers, mais la SBM - l’hôtellerie, la restauration et les jeux - se porte très bien (même si les clients ont été plus chanceux que nous).

Ces résultats ne sont-ils pas l’aboutissement d’années d’efforts?

C’est l’aboutissement du travail de tous. Les restructurations des équipes faites durant le Covid ont permis d’être mieux adapté et de profiter de la relance qui est, soyons honnêtes, un peu plus forte qu’on ne l’espérait.

Quel souvenir gardez-vous du plan social de 2021?

Le plus mauvais de mes dix ans passés à la tête de cette société! Nous n’avions pas le choix. Nous avons fait ce plan dans les meilleures conditions possible avec finalement deux départs contraints.

Avez-vous le sentiment du travail accompli?

Oui. Ma feuille de route était de retrouver l’équilibre opérationnel de la société hors loyers. Or cette année, a priori, les deux activités traditionnelles - jeux et restaurants - seront à l’équilibre voire légèrement positives tous frais chargés et les bénéfices seront les loyers.

Si la SBM peut être rentable sans le parc immobilier, et sans vouloir refaire un vieux débat, était-il nécessaire de détruire le Sporting d’Hiver?

Le One Monte-Carlo a sauvé la société en période difficile. Pendant le covid, je rappelle que nous n’avions plus de revenu alors que les charges courraient.

Avec les rénovations effectuées à l’Hôtel de Paris et à l’Hermitage notamment, considérez-vous être dans les standards internationaux d’une clientèle de palaces toujours plus exigeante?

De tout ce que l’on entend, les clients sont très satisfaits. Tout le monde s’accorde à dire que l’Hôtel de Paris est au sommet de l’hôtellerie internationale. Nous allons commencer une rénovation progressive du Monte-Carlo Bay et des étages supérieurs de l’Hôtel Hermitage édifiés en 2004.

Vous êtes satisfaits de la nouvelle place du Casino?

Je sais qu’elle a suscité beaucoup de débats. Elle répond à nos attentes et sait être magique ; sauf qu’elle est plus difficile à mettre en conformité en mode concert que ce que nous imaginions initialement. Nous ne parvenons pas à déplacer si facilement palmiers et lampadaires.

La fermeture du Sun Casino vous a-t-elle fait perdre une partie de la clientèle jeux?

Nous l’avons fermé durant le Covid et n’avons pas renouvelé le contrat qui devait se terminer en 2022. Le loyer de 9 millions d’euros plus les charges était très élevé. Considérant que nous avons beaucoup d’espaces dédiés aux jeux, nous avons rouvert des salles du Casino de Monte-Carlo, en segmentant les espaces qui étaient traditionnellement aux gros joueurs. La première partie est presque un Sun Casino et plus spécifiquement pour les fun players. À notre connaissance, nous n’avons pas perdu de clients. Tout cela est le résultat du travail de Pascal Camia qui, de responsable des jeux, est passé responsable de l’ensemble des opérations.

La restauration est-elle un segment porteur?

Nous avons essayé de diversifier avec le libanais Em Sherif, Yannick Alleno dont le niveau d’excellence fait l’unanimité. Le Café de Paris disposera l’été prochain d’une grande brasserie sur deux niveaux. Le premier étage pourra être privatisé. Au-dessus se trouveront Amazonico et la boîte de nuit Speakeasy. Quant au Moods, on espère finaliser une solution pour ouvrir au moment de la réouverture du Café de Paris fin juin.

Comment travaillez-vous avec Stéphane Valeri?

J’ai l’impression que cela se passe bien et très facilement. Nous faisons tous les rendez-vous ensemble car la plupart des décisions impliquent un temps où je ne serai plus là. Nous nous retrouvons tous les deux une fois par semaine pour faire le point.

Avez-vous de gros projets pour la SBM que vous allez confier à Stéphane Valeri?
La question se pose toujours de savoir ce que l’on va faire sur le Méridien et le Sporting d’été. Ce sont les deux gros projets sur lesquels il va falloir réfléchir.

L’année de tous les records

432,3 contre 311,4 millions d’euros

Avec un chiffre d’affaires consolidé de 432,3 millions d’euros pour les six premiers mois de l’exercice 2022/2023, en hausse de 120,9 millions d’euros sur la période, le résultat opérationnel du Groupe SBM est en forte augmentation par rapport à l’exercice précédent.

Faites vos jeux

Le chiffre d’affaires jeux est de 131,3 millions d’euros contre 112,6 millions d’euros en 2021/2022.

Hôtels complets

Les recettes hôtelières sont de 235,4 millions d’euros contre 140 millions d’euros précédemment.

Plus rien à louer

Le chiffre d’affaires des activités locatives est en hausse à 62,8 millions d’euros contre 58,5 millions d’euros sur la même période de l’exercice précédent. L’ensemble du One Monte-Carlo est dorénavant occupé.

Un résultat opérationnel de plus de 90 millions d’euros

Le résultat opérationnel consolidé s’établit en effet en profit de 91,9 millions d’euros contre un résultat opérationnel de 50,1 millions d’euros pour l’exercice précédent, soit une augmentation de 41,8 millions d’euros. Cette amélioration résulte de la croissance de l’activité, mais également de dépenses opérationnelles mieux contenues.

Betclic fait gagner plus de 800 millions d’euros

Le résultat net consolidé s’établit en profit de 918,8 millions d’euros contre 45,6 millions d’euros pour le premier semestre 2021/2022, avec un résultat financier négatif de -2,3 millions d’euros et la prise en compte des impacts liés à la participation dans Betclic Everest Group pour un montant de +829,2 millions d’euros suite à la réalisation de l’opération d’apport/cession de ladite participation en juin dernier, contre une contribution négative de -1,5 million d’euros pour la même période de l’exercice précédent.

Investissement

Au cours du semestre, la poursuite du programme d’investissement a représenté un décaissement de 70,5 millions d’euros.

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