"La révolution de la ressource se met en place", assure une spécialiste de la transition écologique des entreprises au Luxe Pack à Monaco

Après avoir travaillé pour la grande distribution, Géraldine Poivert a créé RE (SET), une société de conseil stratégique pour accélérer la transition écologique des entreprises.

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Julie baudin Publié le 06/10/2022 à 16:00, mis à jour le 06/10/2022 à 16:12
Pour Géraldine Poivert, la transition environnementale consiste et exige une vraie transition économique. Photo Jean-François Ottonello

Géraldine Poivert a créé il y a 3 ans le cabinet de conseil Re (set) qui accompagne les entreprises, seules ou en consortium, ou les acteurs publics, dans leur transition environnementale.

Avec un credo: "Nous ne sommes pas des adeptes du déclin ou du "c’est pas possible", précise la chef d’entreprise. Nous sommes pour une écologie de solution."

Elle était présente sur le salon Luxe Pack où elle a notamment animé une table ronde sur le parfum durable.

Elle nous explique pourquoi nous sommes, selon elle, à un tournant industriel.

 

Quel est votre domaine de compétence chez Re (set)?
Nous accompagnons les entreprises de plusieurs secteurs dans leur transition environnementale. Et nous faisons à la fois la stratégie, le design produit, donc l’innovation, et aussi l’implantation industrielle qui va jusqu’au financement et à la création de l’usine. C’est important d’être là sur tout le processus : nous les conseillons sur l’environnement et aussi sur l’économie.

Environnement et économie ne sont pas forcément opposés?
Notre conviction c’est que ce n’est pas l’un ou l’autre. La transition environnementale consiste et exige une vraie transition économique. Le risque, c’est le "y’a qu’à, faut qu’on". Les acteurs privés et publics ont besoin d’une mise en œuvre, du passage à l’acte. Les contraintes sont données par la réglementation, la fiscalité, mais il leur manque le plus souvent le déclic, pour engager la maison durable, l’amélioration d’un packaging ou l’invention d’un nouveau textile…
Et il y a une voie pour produire autrement.

Quelle est cette autre voie?
Celle-ci suppose de revoir nos manières de produire qui sont héritées des 30 Glorieuses et qui se préoccupent peu du recyclage mais beaucoup de rentabilité, sans traiter les déchets comme des ressources et sans se préoccuper de l’énergie, comme des autres ressources.
Il faut se poser des questions, trouver des solutions de remplacement, être dans l’action. La transition n’est pas simple pour certaines entreprises…

Il y a des solutions à chaque fois?
Il faut se poser et relancer une politique de recherche et de développement. Depuis 50 ans, toute notre chimie est héritée des produits pétroliers, donc quand on essaie de faire des chimies plus naturelles, moins abrasives, il faut réinventer. Dans les défis environnementaux on a peut-être 30% de solutions qui existent, 30-40% qui sont en laboratoire mais pas au niveau industriel et pour ça il faut du financement, et 30% qui n’existent pas et qu’il faut explorer en allant chercher tous les premiers composants de biologie ou de chimie qui ne sont pas pétrosourcés.

Vous avez d’ailleurs animé sur le salon une table ronde sur le parfum durable.
Je suis aux côtés de Coty et d’un nouveau biologiste chimiste qui pour faire les bases de parfum, au lieu de prendre de l’éthanol fait à partir de pétrole, le fait à partir de carbone qui a été rejeté dans l’oxygène. Avec des petits enzymes, il va digérer ce carbone et en faire directement de l’éthanol. Donc c’est assez magique. Il a pris une pollution, pour en faire une matière première.

 

C’est une nouvelle révolution industrielle qui se met en place?
Complètement. Il y a eu le chemin de fer, la machine… Il y a eu la révolution digitale. Je pense que la révolution de la ressource, c’est une nouvelle révolution industrielle qui touche tous les domaines. Partout les ressources manquent, nous sommes en train de nous fracasser sur ce monde de la réalité. Pour autant il faut aller de l’avant, il faut beaucoup d’innovations et donc investir beaucoup plus d’argent que ce que les boîtes faisaient avant. Il faut aussi partager à plusieurs les savoirs pour réinventer les standards.

Et le consommateur dans tout ça?
L’autre défi c’est de ne pas perdre l’acheteur-consommateur en route. On a besoin qu’il adhère. Aujourd’hui partout la prise de conscience est là. Il faut maintenant le passage à l’acte, trouver très vite le modèle économique qui va tenir pour éviter qu’on se heurte à une inflation catastrophique. Et enfin ne pas perdre de vue non plus que le sujet de la transition environnementale n’est pas qu’un sujet de pays riche.

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