Rubriques




Se connecter à

"La crise a réaffirmé la véritable mission de notre chambre de commerce et d'industrie"

C’est dans les difficultés que se forge le caractère, dit-on. Durant la Covid, la chambre de commerce et d’industrie Nice Côte d’Azur a montré sa capacité à réagir et joué pleinement son rôle d’accompagnement des entreprises du territoire. L'interview de son président, Jean-Pierre Savarino.

K.Wenger Publié le 26/03/2021 à 18:30, mis à jour le 26/03/2021 à 14:47
La mandature du président de la CCI NCA a été marquée par des conflits sociaux, des catastrophes naturelles et une pandémie. (Photo D.R.)

Durant sa mandature en tant que président de la chambre de commerce et d’industrie Nice Côte d’Azur (CCI NCA), rien ne lui aura été épargné: les conflits sociaux avec les Gilets jaunes; les catastrophes naturelles avec les inondations de novembre 2019 et la tempête Alex l’année suivante; les attentats et, cerise sur le gâteau, la crise sanitaire de la Covid-19. "En quatre ans et demi, on a eu ce que dans les temps anciens, on appelait les plaies d’Égypte, confie mi-figue mi-raisin Jean-Pierre Savarino. Tout, à l’exception des sauterelles!" 

De ces périodes compliquées, le président de la CCI NCA préfère ne voir que le côté positif car "une fois qu’on les a surmontées, elles donnent un influx et une dynamique supplémentaires"… Méthode Coué ou volonté indéfectible de continuer à avancer?

Que vous ont prouvé ces crises à répétition?
La capacité de la chambre à réagir. À chaque fois qu’elle a été confrontée à une crise majeure, elle a été réactive en mettant par exemple en place un guichet unique [accessible par téléphone au 04.93.13.75.73. ou Internet www.cote-azur.cci.fr, ndlr] qui a fait office de point d’entrée répondant à tous les besoins des entreprises qu’ils concernent les mesures prises par l’État, l’accès aux différents fonds de soutien de la Région, du Département… Nous avons d’ailleurs aussi en un temps record mis en place des fonds de solidarité Covid en collaboration avec la Région, le Département, la Métropole de Nice Côte d’Azur.
En fonction des différentes crises, la chambre consulaire a suivi entre 1.000 et 3.000 entreprises et en a renseigné plusieurs dizaines de milliers. S’il faut trouver du positif dans la difficulté, la CCI NCA a joué son rôle essentiel d’accompagnement et d’aide. La crise a réaffirmé notre véritable mission. D’ailleurs, au lendemain de l’annonce du troisième confinement, nous avons reçu et répondu à plusieurs centaines de coups de fil d’entreprises.

 


Cette agilité a dû nécessiter des transformations en interne…
Avec les élus de la CCI NCA, nous avons dû nous adapter aux besoins du marché et nous avons changé de façon radicale le fonctionnement de la chambre en termes de plan d’action et d’organisation. On est davantage en mode projet et on a une organisation similaire à celle d’une entreprise privée. C’était un des objectifs de ma mandature mais les crises successives ont accéléré le mouvement. Nos collaborateurs ont été mobilisés et ont adhéré au projet. Nous fonctionnons davantage comme une entreprise.

Tout en gérant des recettes en baisse…
Tout à fait. De 15 millions d'euros, la taxe de frais pour chambre est passée à 9 en quatre ans. Dans le même temps, les entreprises inscrites au registre du commerce ont augmenté: de 70.000 à 100.000 – soit +30% malgré la crise – et nous devons les suivre. Afin de compenser cette baisse des recettes, nous avons dû créer de la richesse supplémentaire en nous orientant notamment vers la gestion d’infrastructures spécifiques (ports, formation…), le développement de zones d’activité comme celle à Saint-Martin-Vésubie.

Le but est de générer à moyen terme des ressources pour accompagner les TPE et PME du territoire. Pour nous, la difficulté est double: nous ne devons pas être en concurrence avec les entreprises locales et notre statut d’établissement public ne nous donne pas la souplesse nécessaire. La CCI NCA est la 4e en France en termes de capacités et de taille et nous œuvrons pour conserver notre indépendance opérationnelle et financière. Mais je suis plutôt optimiste sur la finalité même si la Covid a ralenti la dynamique.

Parmi les missions que vous vous étiez fixées il y a cinq ans, figurait le renforcement de l’attractivité de la Côte d’Azur à l’international.
Ce secteur a été très impacté par toutes ces crises à répétition. C’est d’autant plus compliqué d’attirer les entreprises étrangères en période de crise que le trafic international est réduit. L’aéroport est en souffrance et le restera pendant quelques années encore. Mais avec la Région Sud et d’autres acteurs économiques nous sommes en réflexion pour être prêts dès que les circonstances nous le permettront.

 

Qu’en est-il des relations de la CCI NCA avec les élus?
Nous avons un partenariat très fort avec les élus de la Métropole, du Département, de la Région et de l’État. Nous avons appris à travailler ensemble et nous avons eu un gros soutien de la Région notamment pour le Campus régional de l’Apprentissage, un projet de 84 millions d'euros. Malgré un arrêt de quatre mois dû à la Covid et la découverte d’amiante sur le chantier, nous avons maintenu le cap et la première tranche du campus sera inaugurée à la rentrée de septembre.

Le soutien s’est également manifesté avec les fonds de soutien départementaux que nous avons mis en place pour la Covid (8 millions d'euros) ou celui de 6,5 millions d'euros destiné aux entreprises impactées par la tempête Alex.

La CCI est l’élément transversal qui fait le lien entre les différentes institutions, organisations et l’État et il est important de ne pas intervenir seul. Il est dans l’intérêt général de travailler collectivement car ensemble, on est plus forts et plus performants. Mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers car la crise n’est pas encore finie.

À nouveau candidat


Il le dit lui-même: "Je pense que je n’ai pas terminé ma mission. Le temps a été suffisant pour réaliser certaines actions mais trop court pour d’autres. Je souhaiterais qu’en ces temps de crise, il n’y ait pas de risques de rupture mais une continuité dans les actions."
Aussi, Jean-Pierre Savarino a-t-il décidé de se représenter à la présidence de la CCI NCA, "fruit d’une longue réflexion menée avec les élus qui m’ont accompagné durant ces 4,5 ans mémorables".
"Respectueux des organisations", il déposera, dès que le calendrier le permet – c’est-à-dire en avril, sa candidature pour être chef de file, pour "continuer à transformer la chambre avec l’équipe qui a déjà montré ses capacités mais qui doit être en partie renouvelée en raison de la pyramide des âges et être enrichie pour pencher vers encore plus de parité. Les cinq années à venir seront essentielles pour relancer l’économie et continuer à servir notre mission d’intérêt général au territoire". 
Ce qui motive celui qui refuse de "mettre ses ambitions personnelles avant celles collectives"? Travailler à la relance. "Notre problématique est financière, économique et aussi morale. Il faut veiller à la santé psychologique des dirigeants."
Si les chefs de file des différentes listes seront élus en avril, il faudra attendre le 18 novembre pour connaître le nom du futur président de la CCI NCA.

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.