L’ascenseur à yachts Atlas fait de La Ciotat un leader mondial

L’équipement financé par l’espagnol MB92 et les collectivités actionnaires du site de maintenance de grande plaisance inauguré ce mardi promet 40 M€ de CA supplémentaires.

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Marie-Cécile Bérenger Publié le 22/11/2022 à 20:00, mis à jour le 22/11/2022 à 19:31
La plateforme peut descendre à 7mètres sous l’eau puis, une fois remonté, le bateau peut glisser vers la terre grâce à des rails. Photo M.-C. B.

Pepe Garcia-Aubert le fondateur du chantier espagnol MB92 et investisseur de poids dans la plateforme de maintenance de grands yachts de La Ciotat a fait le déplacement, ce mardi, depuis Barcelone, pour l’inauguration et la bénédiction de l’ascenseur Atlas, capable de lever jusqu’à 4.300 tonnes.

Si cette capacité de levage est déjà détenue par les sites concurrents de Gênes et Barcelone, la technologie d’Atlas est inédite et devrait séduire de nombreux - nouveaux - clients.

"Il est équipé de treuils à chaînes comme dans les installations offshore et non pas à sangles à la durée de vie moindre" expliquait Philippe Vincensini, directeur général de La Ciotat Shipyards, la société publique locale (SPL), qui opère le site des Chantiers navals de La Ciotat et dont la quarantaine de salariés est en charge des opérations de levage des yachts.

Ces bijoux des mers, qui peuvent atteindre 140m, viennent se faire une beauté ici à la fin de l’été pour repartir dans les Antilles en fin d’année ou rejoindre la Côte d’Azur. Ils doivent donc être mis à sec.

La mise à sec d’un bateau plus rapide

Avec ce nouvel outil, qui vient compléter la grande forme de 350mètres, pour les navires d’envergure, 40M€ supplémentaires de chiffre d’affaires devraient être générés.

 

"La différence est que pour vider la grande forme et y mettre un bateau à sec il faut douze heures. Là c’est seulement trois heures. Atlas pourra soulever des bateaux de 80 à 110mètres et les plus gros iront dans la grande forme" poursuit le responsable.

Atlas, dont les collectivités locales actionnaires (Ville de La Ciotat, Métropole, Département, Région) de la SPL sont co-actionnaires avec le chantier espagnol, permettra aussi d’accueillir davantage de bateaux en même temps.

Il profitera toutefois essentiellement à MB92 qui a financé 45% du coût de l’outil, soit 35M€ sur 77M€ et 12M€ de plus pour les aménagements terrestres liés à son installation, en échange de l’exploitation de six places sur sept à terre pendant 35 ans. Une seule place sera exploitée directement par la SPL et donc accessible à d’autres donneurs d’ordre que MB92.

Un plus pour toute la filière

Le nouvel outil Atlas de La Ciotat a déjà permis la mise à sec de huit méga yachts. Photo M.-C. B..

Depuis sa mise en service en septembre, l’ascenseur a déjà permis de sortir huit grands yachts, dont trois ont depuis été remis à l’eau. Toutefois ce surcroît de capacité va forcément bénéficier à toute une filière, de Marseille à Antibes.

 

"Nous visons 250 à 300M€ de chiffre d’affaires, nous pouvons devenir leader mondial" s’enorgueillit Patrick Ghigonetto, le maire de Ceyreste et président de La Ciotat Shipyards.

Le site des Chantiers de La Ciotat, qui avait failli disparaître dans les années quatre-vingt-dix avant d’être relancé d’abord par des constructeurs de bateaux de course, puis de se tourner vers la grande plaisance avec l’implantation de Monaco Marine, génère aujourd’hui 180M€ de chiffre d’affaires consolidé pour mille deux cents emplois directs.

Ironie du sort, Atlas est construit sur l’ancienne cale 1 d’où étaient mises à flot les coques de pétroliers…

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