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"Je n’ai plus de trésorerie"... Ce gérant de salles de sport tire un bilan très alarmant

Mis à jour le 15/10/2020 à 20:40 Publié le 15/10/2020 à 20:37
William Laurent, propriétaire des salles Topfit de Cagnes-sur-Mer et Antibes, décrit une situation intenable.

William Laurent, propriétaire des salles Topfit de Cagnes-sur-Mer et Antibes, décrit une situation intenable. Photo F. L

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"Je n’ai plus de trésorerie"... Ce gérant de salles de sport tire un bilan très alarmant

Mercredi, la police s’est présentée à Antibes pour le verbaliser. William Laurent avait rouvert l’une de ses deux salles Topfit. Il s’en explique et dresse un tableau désastreux d’une activité menacée.

Ce prof de yoga a perdu un peu de sa zénitude légendaire.

William Laurent, la cinquantaine sportive, gère deux salles dont il est l’unique propriétaire. L’une à Antibes depuis 37 ans. L’autre à Polygone Riviera, seulement deux ans et demi d’existence, mais déjà considérée par la presse spécialisée comme l’une des plus belles du pays. 2.000 m2 dont 247 m2 dévolus aux cours collectifs. Terrasse, « salad bar », zones de fitness, vélo ou pilates, boutiques et même « jardin des soins », le tout dans le respect de mesures de distanciation pouvant être renforcées, si besoin était.

Comme tous ses confrères, William Laurent est un entrepreneur fortement impacté. Outre la situation périlleuse et les affres de gestion dans lesquelles le plonge la Covid, il s’interroge sur l’opportunité d’une décision encore prolongée jusqu’au 19 octobre, la suite laissant peu d’espoir sur des chances de reprise.

Sur le fond, cette mesure qu’il juge « arbitraire » le surprend et le choque. « Depuis le début de la crise, aucun cluster n’a été constaté dans une salle privée en France. » Dans les secteurs qui le concernent, les seuils d’alerte rouge ne sont pas atteints, à sa connaissance. Alors que la pratique d’une activité sportive contribue à réduire les risques de comorbidité, rien n’y fait : ses salles doivent fermer.

"L’État doit agir"

Lors du confinement, l’appel à la solidarité lancé auprès de ses clients avait fait long feu. Malgré les cours à l’air libre et les leçons virtuelles, beaucoup ont exigé un remboursement. Résultat : 30 % de recettes en moins. Et les résiliations de l’été n’ont pas été compensées à la rentrée, ou si peu.

« Certains pensent que les aides de l’État suffisent à compenser la chute du chiffre d’affaires. Bien sûr que non. »

Topfit emploie 35 personnes, pour la plupart à temps partiel, soit l’équivalent d’une vingtaine de postes à temps plein.

« Si le chômage partiel a été d’un grand secours, nos autres charges courent toujours. A Cagnes-sur-Mer, ma taxe foncière est passée entre 2018 et 2019 de 15.000 à 40.000€. Tout confondu, je dois sortir chaque mois 90.000€. Autant dire que la moindre semaine compte. Or, je n’ai plus de trésorerie et quand il faudra rembourser le prêt garanti de 200.000€ que j’ai dû contracter, ma maison sera hypothéquée. »

Lundi, William Laurent a rouvert la salle d’Antibes. Deux jours plus tard, la police nationale l’a fermée, piscine comprise, malgré l’exception. « Sur dénonciation, je le sais. Et je m’y attendais. »

À terme, cette condamnation au désœuvrement risque de signer l’arrêt de mort des salles de sport. « Si l’État ne limite pas la casse en contraignant des bailleurs à faire un effort et en offrant une garantie de recettes qui nous permettrait de faire face à nos engagements, je ne vois pas comment nous pourrons survivre à la crise. »


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