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Ils avaient prévenu : l’USM est redescendue dans la rue Mais pourquoi sont-ils descendus dans la rue ?

Mis à jour le 07/06/2019 à 10:21 Publié le 07/06/2019 à 10:20
800 participants selon la police (contre 600 en février dernier et 615 à la même période en 2017), plus de 1500 selon les organisateurs.

Ils avaient prévenu : l’USM est redescendue dans la rue Mais pourquoi sont-ils descendus dans la rue ?

Remontés comme jamais, environ 800 salariés sont descendus dans la rue à l’appel de l’Union des syndicats de Monaco, hier, pour réclamer de meilleures conditions de travail et moins de précarité

Ah bon ? À Monaco aussi il y a des grèves ? », s’étonnait hier un touriste britannique. Et il n’était pas le seul visiteur appareil photo ou caméra miniature à la main, pour filmer ce défilé au parfum de lutte des classes. Car c’était bien cela le leitmotiv. L’expression de Marx a d’ailleurs été utilisée plusieurs fois dans ce mouvement social qui a animé les rues habituellement tranquilles de la Principauté. Environ 800 salariés selon la police (contre 600 en février dernier et 615 à la même période en 2017), plus de 1 500 selon les organisateurs, ont défilé avec musique, vuvuzelas, sifflets, et autres instruments festifs et bruyants.

On revendique, mais dans la bonne humeur. Avec des chants si entêtants qu’ils ne vous quittent plus après. « Pour l’avenir des travailleurs et pour un monde meilleur, même si le patron n’veut pas, nous on est là », entonnaient-ils. Ou encore : « De l’argent, il y en a, dans les caisses du patronat !».

Mêmes revendications

Leurs revendications ne changent pas, et tendent même à s’affiner pour certaines. Ainsi, c’est un SMIC monégasque à 2 250 euros brut qu’ils réclament. « Ce n’est pas utopique quand on regarde notre PIB, et c’est ce qu’il faut pour vivre dignement dans la région. Et pour les petites entreprises, il y a toujours des solutions possibles. On peut toujours chercher des moyens de ne pas en parler. Ouvrons les discussions, et nous trouverons des solutions », confie Christophe Glasser, secrétaire général de l’USM, plus déterminé que jamais.

L’autre revendication majeure, c’est le maintien des retraités au régime de couverture maladie monégasque. Une revendication très ancienne : « C’est une revendication qui grandit avec le temps, puisque le régime français se dégrade. Et avec lui, c’est la dignité des retraités qui s’effrite. Eux, ce qu’ils voient, c’est le pays où ils ont cotisé. C’est celui qu’ils connaissent », poursuit-il.

Radical ou pas ?

Partis du CHPG, de Fontvieille, et de Saint-Charles, les cortèges ont tous rejoint la place d’Armes où les attendaient les retraités. De là, ils ont rejoint la place Sainte-Dévote où Olivier Cardot, le secrétaire général adjoint de l’USM a pris la parole. « N’en déplaise à certains [répondant aux propos du président du Conseil national, Stéphane Valeri, en février dernier, ndlr], ce n’est pas nous qui nous radicalisons, c’est le gouvernement. Nous, nous sommes toujours ouverts au dialogue. »

Christophe Glasser a clôturé la manifestation en ces mots : « Aujourd’hui n’est pas une finalité. Aujourd’hui est la poursuite du 7 février. On verra bien les décisions qu’on prendra. Êtes-vous partants dans les jours à venir pour entraîner encore plus de gens avec nous ? Maintenant, notre mission c’est d’aller chercher dans les entreprises ceux qui sont indécis, ceux qui ont peur. Parce que nous, nous sommes là et nous n’avons plus peur. »

Et l’enthousiasme de la foule a semblé lui donner raison.

Une réponse a déjà été apportée, à plusieurs reprises, à cette revendication récurrente de l’USM et de l’URM, depuis plusieurs années, tant dans les réunions des Comités de Contrôle de la Caisse Autonome des Retraites, que de la Caisse de Compensation des Services Sociaux et dans des réunions avec le Gouvernement. Le Gouvernement princier a à plusieurs reprises déjà répondu sur cette question, dès 2013.

La Convention franco-monégasque de Sécurité Sociale prévoit que les retraités sont affiliés auprès du régime de leur lieu de résidence. Ceci se justifie tout d’abord par le fait que la grande majorité des retraités de la CAR résidant en France sont par ailleurs titulaires d’une pension française qui leur ouvre droit à une couverture sociale en France, par le seul effet de la législation française et sans qu’il soit nécessaire de recourir aux mécanismes de coordination prévus par la Convention. Par ailleurs, ce mécanisme n’a rien d’exceptionnel et s’inscrit pleinement dans les principes généraux des conventions internationales de Sécurité Sociale. Les règlements européens, par exemple, prévoient, dans tous les cas, l’affiliation du pensionné de l’un des États membres auprès des institutions de l’État membre sur le territoire duquel il réside. Tel est par exemple le cas avec les pays frontaliers de la France, à savoir l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Luxembourg. Par conséquent, la Convention franco-monégasque de sécurité sociale est conforme aux principes généraux en la matière. On peut de plus souligner qu’à Monaco les salariés ne cotisent pas au régime maladie, ce qui accroît d’autant leur revenu disponible.

Comme je viens de vous l’indiquer, s’agissant du maintien de l’affiliation des retraités résidant en France, le Gouvernement princier tient le même discours cohérent depuis maintenant plus de six ans.

Le contexte n’ayant pas évolué, notre positionnement demeurera identique.

Nous continuerons à expliquer aux représentants de l’USM les raisons pour lesquelles leur demande est à la fois impossible à mettre en œuvre et déraisonnable sur le plan financier.

Le Gouvernement ne reste pas inactif : depuis deux ans les demandes suivantes des Syndicats ont été concrétisées ou sont en cours, comme la gratuité de nos bus pour l’ensemble des retraités ayant travaillé à Monaco, un projet de loi déposé au Conseil national sur le travail de nuit, la réflexion en cours sur une loi destinée à encadrer l’intérim, les discussions récentes sur la mise à jour des lois syndicales et des critères de représentativité syndicale.

Les manifestants se sont mobilisés ce jeudi pour diverses revendications. Celle qui revenait le plus ? Le maintien de la couverture sociale monégasque une fois à la retraite.

Pascal 60 ans, retraité, a travaillé pendant de longues années dans un hôtel de la Principauté : « Je suis un jeune retraité. J’ai travaillé 31 ans à Monaco, j’ai contribué toutes ces années à leur richesse et maintenant j’ai été basculé sur le système français. J’estime que quand on a fait une belle carrière, il est de notre droit de rester sur la Sécu de Monaco. Je dois payer la CSG (contribution sociale généralisée), ce n’est pas normal. »

Eva est aussi retraitée, elle a 66 ans, a travaillé toute sa vie à Monaco et vit en France. Comme pour Pascal et de nombreux autres, le basculement sur le régime social français après la retraite pose problème : « On ne veut pas, nous qui avons cotisé des années pour Monaco, être basculés sur le système français. On a tellement de soins à prendre en charge, j’ai énormément de frais à assurer, que ce soit pour la mammographie, les dents, les lunettes, le docteur… Toutes ces choses qui sont remboursées intégralement à Monaco alors qu’elles le sont très peu en France. »

À Monaco, le SMIC est à 1 695,07 euros pour 169 heures par mois, mais ces travailleurs l’estiment encore trop faible par rapport au coût de la vie à Monaco et dans ses alentours.

Juliette est employée à l’hôtel Hermitage de Monte-Carlo : « On est sous-payés alors qu’à Monaco ils ont des capitaux énormes. Et le problème c’est que la vie ici, et dans toutes les villes limitrophes, est beaucoup plus chère qu’ailleurs. Les gens ne peuvent plus se loger, ce n’est pas normal. Beaucoup vivent endettés, comment vous voulez vivre quand vous gagnez 1 700 euros€et que vous payez un loyer de 900 euros avec des enfants à charge ? Moi je n’ai pas de voiture parce que je ne peux pas me le permettre. Et avec l’article 6, on est sur des sièges éjectables, on peut être virés à tout moment si l’on ne veut plus de nous, alors forcément les gens ont peur. »

Dimitri et Anna, des collègues, ajoutent : « Ici le SMIC stagne, par rapport aux pays frontaliers où il augmente plus vite. Résultat : notre pouvoir d’achat baisse, le loyer, la nourriture, la vie sont de plus en plus chers et le salaire ne suit pas. »

Parmi les centaines de personnes présentes à la manifestation, certaines avaient des expériences et des motivations plus uniques. Lydia travaille depuis 19 ans à Monaco, mais ne peut pas bénéficier d’allocations familiales : « Mon mari, le chef de famille, travaille en France donc je ne les touche pas. Il aurait fallu ne pas être mariés. »

Pour Rime, qui travaille à l’hôpital de Monaco, le malaise dépasse les conditions salariales : « Il y a un vrai problème de management à régler. C’est pour ça que je suis ici, les gens ont peur de ce management répressif. Surtout à l’hôpital qui est un lieu pourtant humain, ce côté humain n’existe plus. Si le personnel était écouté, tout se passerait mieux et l’hôpital obtiendrait beaucoup plus venant du personnel. Là, sans aucune humanité, ce n’est pas possible. »

Didier Gamerdinger n’entend pas céder à la pression de la rue.	
( Photo Charly Gallo/Dir.Com.)
Le Syndicat des télécommunications a affiché ses revendications clairement.
Salariés et retraités ont défilé hier main dans la main.

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