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"Il n'y a plus de place entre le low cost et le luxe"

Mis à jour le 04/11/2016 à 05:17 Publié le 04/11/2016 à 05:17
ça plane pour Jean-Louis Baroux aux commandes de l'APG World Connect.

ça plane pour Jean-Louis Baroux aux commandes de l'APG World Connect. Photo Jean-François Ottonello

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"Il n'y a plus de place entre le low cost et le luxe"

Fondateur de la société APG, leader mondial de fournitures de services aux compagnies aériennes, Jean-Louis Baroux réunit 70 transporteurs en Principauté, jusqu'à aujourd'hui, pour parler business

Leader mondial de fournitures de services aux compagnies aériennes, APG opère (commercialisation et distribution) dans 153 pays, jouit d'une implantation dans 110 d'entre eux, et compte 200 clients exclusifs sur les 900 compagnies aériennes recensées dans le monde. Autant dire que la société fondée par Jean-Louis Baroux pèse lourd sur le tarmac!

La 8e édition de l'APG World Connect - le 4e à Monaco -, un cycle de conférences réunissant jusqu'à aujourd'hui à l'hôtel Fairmont 70 transporteurs aériens de toutes tailles - mais "peu de low cost" -, atteste de cette envergure mondiale. Quant à Jean-Louis Baroux, il affirme, après quelques tâtonnements, avoir trouvé la terre promise sur le Rocher.

"On ne demande que ça d'avoir des liens importants avec les Monégasques et le gouvernement." Seuls regrets pour l'organisateur, l'absence d'un héros de l'aventure Solar Impulse, Bertrand Piccard, et le désistement de dernière minute de Frédéric Gagey, fraîchement débarqué du poste de p.d.-g. d'Air France (lire nos éditions d'hier).

Côté business, les voyants sont en revanche au vert. Convaincu "qu'on ne fait rien sans les agences de voyage et que la distribution directe par Internet n'a de sens que quand vous êtes une grosse compagnie sur un gros marché", l'homme d'affaires présente, avec la gouaille de l'expérience et le franc-parler du taulier, "l'interline" comme la "clé du système" de transport aérien. "L'interline, c'est-à-dire que, moi, compagnie aérienne, j'accepte le billet d'une autre compagnie aérienne parce que je sais qu'elle va me payer."

Un système auquel il croit tant qu'APG a créé, à Cannes, sa propre compagnie aérienne - APG Airlines - "en support de l'interline".

"Elle va opérer des vols à partir de Nice pour Bergame. Si nous signons les accords interline que nous avons prévus, ici à Monaco, on va faire un chiffre d'affaires entre 120 et 150 millions d'euros d'ici deux ans. C'est un business qui doit pouvoir monter à un petit milliard, ce n'est pas rien et ça justifie de venir passer du temps au soleil ! (rires)".

Pourquoi organiser cet événement à Monaco?
Monaco, c’est très différent.ça fait 45 ans que je suis dans le business et je me suis aperçu que l’une des clés de sa réussite, c’était de respecter la culture des autres, ne pas imposer sa propre culture.Et pour aller dans un pays neutre, hormis Monaco, trouvez quelque chose!Il y a San Marin probablement, mais ce n’est pas le même prestige. Monaco, pour nous, ça a un sens géopolitique important de neutralité. Et c’est glamour, les gens sont de bonne humeur quand ils viennent ici.

Au point de faire de Monaco l’unique lieu de réception de l’APGWorld Connect à l’avenir?
Comme on est mondiaux, on a voulu faire le APGWorld Connect partout.Et chaque fois, on a eu des problèmes de culture, parce que les mêmes mots ne veulent pas dire les mêmes choses.En Jordanie, vous donnez rendez-vous à quelqu’un à 15 heures, il comprend que c’est à partir de 15 heures, mais il peut arriver à 18 heures! Dans certains pays, «demain», c’est n’importe quel jour après aujourd’hui.AWashington, on a eu d’énormes problèmes avec la nourriture et pourtant on avait traversé trois fois l’Atlantique pour dire “faites attention”.Ici, à Monaco, on se met d’accord avec le chef et il n’y a pas à revenir derrière. On est vraiment convaincus qu’on peut faire beaucoup de choses à Monaco.Vous n’êtes pas obligés d’avoir des entrepôts, des aéroports, il suffit d’avoir du brain, du savoir-faire, et vous faites du business tout pareil.

Quelle est la thématique de cette édition 2016?
Le marché de masse et le marché de luxe.Le marché de masse, il y a les low cost qui arrivent et sont très puissants maintenant.Le luxe, vous avez les compagnies du Golfe qui sont là et qui ont donné un nouveau standard.On va débattre avec des compagnies qui sont souvent traditionnelles mais qui, j’en suis convaincu, devront évoluer dans un sens ou dans l’autre. Sans ça, au milieu, elles vont mourir.

Donc, le marché aérien va évoluer vers ces extrémités…
Ce qui est vrai d’ailleurs pour tous les produits. Que vous preniez des voitures, des textiles, etc. Il n’y a plus de place entre le low cost et le haut de gamme.

Ces rencontres ne se cantonnent donc pas à des échanges, elles revêtent aussi des enjeux stratégiques et financiers…
Oui, on est là pour faire des sous! Les compagnies font des affaires entre elles car elles n’ont pas souvent l’occasion de se rencontrer. Amener 70 compagnies aériennes à Monaco, il n’y a pas beaucoup d’endroit où vous pouvez faire ça. Il y a le meeting de IATA (International Air Transport Association), qui traite de 150 à 180 compagnies, et après il y a nous.On n’a pas les mêmes, mais une petite compagnie aérienne et une grande font exactement le même métier, ce sont les mêmes standards.

Quels sont les sujets qui agitent le monde du transport aérien en ce moment?
L’un des problèmes des compagnies, c’est de savoir comment elles se situent, comment elles vont gagner des sous.Actuellement, elle gagne un peu de sous parce que le pétrole est bas.Le jour où le pétrole remonte, tout le monde va se remettre à replonger.Donc les compagnies sont en train de réfléchir à leur positionnement, ou elles vont d’un côté ou de l’autre, mais elles ont du mal à trancher.Ce sont des compagnies qui souvent ont 20, 30 ou 40 ans, une longue histoire et parfois de l’apathie. C’est difficile de faire changer les gens et ces compagnies sont actuellement gérées par ceux qui ont appris dans les anciens systèmes. Il faut donc attendre qu’une nouvelle génération arrive pour bouleverser un peu tout ça.

Et en ce qui concerne la question du développement durable?
Le développement durable, c’est incontournable. Vraiment.le transport aérien, quoi qu’on en dise, a vraiment pris conscience de cela et du fait que c’est un plus pour se commercialiser.Être écologique a de la valeur sur plusieurs points. D’abord, c’est beaucoup plus économique: moins vous consommez, moins vous usez votre appareil.Et puis ça pollue moins et c’est bien vu.

Ce débat s’adresse-t-il plus aux constructeurs qu’aux compagnies aériennes?
ça s’adresse beaucoup aux constructeurs mais aussi aux gens du contrôle aérien car, si vous arrivez à retailler les routes, grosso modo on pense qu’on peut gagner, en Europe et en moyenne, à peu près six minutes de temps de vol. C’est colossal! Mais c’est compliqué, tout le monde doit s’y mettre.L’ancien patron des achats de flotte pour Air France et KLM, Pierre Vellay, va d’ailleurs faire une intervention sur ce sujet-là. Il dit: “Attention! Airbus va dans le mauvais sens, Boeing va dans le bon sens”.

Les compagnies portent-elles un vrai intérêt aux innovations, comme la prouesse de Solar Impulse guidée depuis Monaco?
Je voulais l’avoir Solar Impulse! Je suis bluffé! Je voulais absolument avoir Bertrand Piccard [l’un des deux pilotes de l’aventure, NDLR] mais ça n’a pas été possible.
Rendez-vous compte, les frères Wright lorsqu’ils ont commencé en 1901, ils ont fait 1,5 km à deux mètres de hauteur. Cinquante ans après, on traversait l’Atlantique avec des jets.

Qui vous dit que dans 50 ans on n’aura pas des avions solaires?
J’entends dire que c’est une bêtise et que ça ne se fera jamais. Je voudrais voir que ça ne se fasse pas. Solar Impulse a montré que c’était possible! Les gens sont bluffés mais ils ne le disent pas trop (rires). On commence à avoir des avions électriques. Sur le plan de l’environnement, c’est très bien, ça ne fait pas de bruit.Sur le plan écologique, il n’est pas prouvé que le bilan carbone soit vraiment important.Mais le solaire oui! Il y a encore beaucoup de progrès à faire mais ils le feront.


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