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Hôteliers, enseignants, entrepreneurs... Le monde du travail face au reconfinement

Mis à jour le 29/10/2020 à 16:22 Publié le 29/10/2020 à 15:30
Le coronavirus stoppe net bon nombre d'activités

Le coronavirus stoppe net bon nombre d'activités Photo JFO

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Hôteliers, enseignants, entrepreneurs... Le monde du travail face au reconfinement

Ils sont aux premières loges. Acteurs de l’économie, prof, médecins et chercheur nous livrent leurs impressions après l’annonce d’Emmanuel Macron de reconfiner le pays.

Vincent Prieux, La Villa Hôtels: "Aucune vision de l’avenir"

Virginie et Vincent Prieux
Virginie et Vincent Prieux Photo archives Dylan Meiffret

Après Cannes, le cap d’Antibes et Nice, Vincent Prieux, à la tête du groupe "La Villa Hôtels" avec son épouse Virginie, a ouvert un nouvel établissement près du port Vauban à Antibes, en juin dernier.

"Plus de restaurants ouverts, plus d’activités, le télétravail qui empêche tout déplacements d’affaires donc plus de clients! Cela revient à fermer les hôtels même sans le dire. Nous avons réussi à maintenir nos équipes avec le chômage partiel, mais demain? Nous ne pouvons pas accumuler prêt sur prêt sans aucune vision de l’avenir et avec des charges fixes importantes.

Nous avons l’impression d’être à la merci de procédures sanitaires contradictoires et incohérentes, prises au jour le jour sans anticipation. On confine du jour au lendemain pour tout lâcher démagogiquement à Noël et tout va recommencer début 2021?

 Nous espérons une politique européenne commune qui permette les déplacements entre nos pays, sans restrictions, quitte à mettre en place des tests fiables, rapides et disponibles pour tous les voyageurs.

Nous avons très largement prouvé que nous sommes capables de nous adapter rapidement à cette situation inédite.

S’il faut mettre en place des choses spécifiques pour retrouver un semblant d’activité normale nous saurons le faire, nous avons même déjà des idées. Encore faudrait-il un calendrier clair et des directives précises."

Une professeure de SVT: "Il était indispensable de continuer l’école"

Cindy Genovese
Cindy Genovese Photo DR

Alors que la France entre à nouveau en confinement, les crèches, écoles, collèges et lycées resteront ouverts. Seuls les établissements d’enseignement supérieur devront retourner à l’enseignement à distance.

Pour Cindy Genovese, professeure de SVT (sciences de la vie et de la Terre) au collège Maurois à Menton, il était "indispensable de pouvoir continuer l’école, d’abord pour maintenir le lien. Le premier confinement a beaucoup perturbé les élèves. Même si les connaissances sont là, certains élèves n’ont pas récupéré les automatismes, notamment sur la méthodologie."

"Il faudra continuer à adapter nos façons d’enseigner. En termes de gestion de matériel, notamment pour les manipulations en SVT, c’est compliqué. On perd l’attrait de la matière. Nous n’enseignons pas comme nous sommes supposés le faire dans le programme mais nous abordons d’autres choses. On laisse plus de place à la discussion. Des fois, les élèves me posent des questions et il n’y a pas de réponse. Ce degré d’incertitude, même chez les experts, est quelque chose qu’ils doivent entendre."

Alors que le gouvernement doit encore détailler les mesures aujourd’hui, plusieurs interrogations demeurent. "L’école sera-t-elle obligatoire? Si non, comment gérer les élèves en classe et ceux en distanciel? En quoi consistera le “protocole renforcé” annoncé?"

Cédric Messina, My Coach: "Ne plus subir les crises"

Cédric Messina
Cédric Messina Photo K.W.

Aussi impliqué dans le monde de l’entrepreneuriat que dans celui des sports. Cédric Messina, fondateur de la start-up My Coach (logiciel de coaching sportif pour clubs et associations), n’a pas sauté de joie à l’annonce d’un reconfinement. "Si, comme on l’annonce, 30% des créateurs d’entreprises, entrepreneurs et créateurs de valeurs font faillite, ce sont 6 à 7 millions de Français qui vont se retrouver au chômage..."

Pas fataliste pour autant, le patron niçois préfère avoir un coup d’avance et penser, déjà, à l’après.

"Je n’ai pas envie de rentrer dans le débat du “il fallait, on devrait, on aurait pu”. La mise sous tutelle des entreprises et la mise sous perfusion de l’économie ont été nécessaires au printemps dernier, mais ce n’est pas cela qui redressera l’économie. C’est une prise de conscience collective, avec un changement d’éco système. Il faut presque se résoudre à accepter que des pans d’activité vont s’effondrer, pour mieux reconstruire derrière. On doit être dans l’anticipation. Il ne faut plus subir les crises mais en tirer profit."

Et pour le startuppeur, le numérique en est un bon exemple. Notamment sur notre territoire azuréen. "Il ne faut plus saupoudrer. Mais bien faire des choix et investir massivement. Et je ne prêche pas uniquement pour ma paroisse..."

Cédric Messina s’inquiète aussi beaucoup pour le monde sportif: "On en parle jamais, mais l’économie des sports en France représente 77 milliards d’euros par an. Hors budget et chiffre d’affaires des clubs. La situation des fédérations sportives est dramatique avec déjà 30 % de licenciés en moins. Si on interrompt complètement leur activité, on va les tuer..."

Mayette-Holtz (TNN): "Les règles changent trop souvent"

Muriel Mayette-Holtz
Muriel Mayette-Holtz Photo Eric Ottino

Confinement acte II? Pour Muriel Mayette-Holtz, directrice du TNN (Théâtre national de Nice),

"Ce qui est très traumatisant, ce sont les changements si réguliers de situation. On est face à un virus sur lequel on n’a pas de visibilité mais on a des règles du jeu qui changent trop souvent. On a certes une grosse capacité d’adaptation et, là, on vient à peine, la semaine dernière, de changer tous les horaires de nos représentations, d’appeler les compagnies, de changer la vie et l’emploi du temps des intermittents, des artistes, de rendre tout compatible et on nous dit que ça va encore changer. 

"On ne peut pas se réadapter en permanence, poursuit-elle, parce que d’abord on s’essouffle mais surtout à un moment donné on n’arrivera plus à faire de propositions de spectacles. C’est cela qui est très compliqué." 

De plus, quand "on est confiné totalement, on ne peut même plus répéter. Nous faisons des métiers à combustion lente: par exemple hier j’ai répété le spectacle de décembre. Si je ne peux pas le faire tout va se casser la figure sur un temps beaucoup plus long. Avant une représentation il y a un travail de plusieurs mois. Le théâtre ça ne se fait pas par télétravail".

Un agent immobilier: "Nous allons devoir fermer"

Huguette Belhassen.
Huguette Belhassen. Phiti DR

Huguette Belhassen, directrice de l’agence Mister Property au Cros-de-Cagnes.

"Nous accueillons du public et lors de la première vague nous n’étions pas considérés comme un service indispensable, nous devrons donc fermer en principe dès vendredi. 

Cela étant, nous allons continuer à accompagner nos clients par téléphone et visio pour le suivi des dossiers en cours et même pour des signatures. Des ventes par visio ont pu être signées au printemps dernier, ce sera sans doute encore le cas et nous nous adapterons.

Et nous resterons solidaires du corps médical en adaptant nos services à la sécurité de nos clients et de nos collaborateurs.

On fera le point dans quinze jours et on espère que les premiers résultats seront là pour permettre de monter de nouveaux dossiers-clients. J’espère que ce sera la dernière phase de confinement. Nous devons déjà nous préparer à l’après-confinement pour éviter comme au printemps dernier de ne pas pouvoir satisfaire la demande de biens qui avait explosé."

ce qu'en pense l'expert

Le Niçois Bernard Sananès, président de l’institut d’études Elabe: "Un impact sur la campagne présidentielle"

Bernard Sananès
Bernard Sananès Photo doc. N.-M.

Il estime que les décisions prises par le chef de l’Etat pour la gestion de la crise sanitaire, devraient avoir un impact sur la future campagne présidentielle.

"Je ne vois pas comment ce pourrait ne pas être le cas. Je pense que le gouvernement a un sujet devant lui qui est d’éviter que la critique sur la gestion de la première vague se transforme en procès sur la gestion de la deuxième vague."

Aux yeux du politologue, au printemps dernier, "une partie de l’opinion s’était tout de même exprimée dans le sens “ils font ce qu’ils peuvent”, “ce n’est pas mieux ailleurs”, etc. Mais là, il y a bien le sentiment que cette deuxième vague n’a pas été bien préparée. La situation oblige aussi Emmanuel Macron à incarner un message de Président protecteur qui n’est pas forcément l’image première que les Français ont de lui. Il lui faut convaincre parce que, dans cette année de tempête, renvoyer cette image, ce n’est pas gagné."

Les critiques "modérées" de l’opposition? "Marine Le Pen dit son mécontentement. Mais il est vrai que l’opposition républicaine est prise dans un équilibre de réactions qui ne lui permet pas d’attaquer frontalement l’exécutif. Cela étant, je ne pense pas qu’il y aura d’unité après l’intervention de ce mercredi [lire hier, ndlr]. Il y aura plutôt derrière un vrai débat politique."

Un dernier point à évoquer avec Bernard Sananès: jusqu’à quel degré le gouvernement peut-il durcir les mesures pour qu’elles restent acceptables par les Français? "La clé, c’est le sentiment de l’efficacité. On a accepté le premier confinement parce qu’on a eu peur et que l’on s’est dit que la mesure était efficace. Si dans trois semaines, les chiffres évoluent de manière moins négative, la tolérance des Français à ces contraintes pourra se renforcer. Mais si l’épidémie ne redevient pas sous contrôle, l’acceptabilité sera beaucoup moins forte."

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