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Guillaume Pepy entre mea culpa et grands chantiers

Mis à jour le 14/01/2017 à 05:14 Publié le 14/01/2017 à 05:14
Dialogue franc et cordial, hier, entre Guillaume Pepy et Serge Telle.

Dialogue franc et cordial, hier, entre Guillaume Pepy et Serge Telle. Jean-François Ottonello

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Guillaume Pepy entre mea culpa et grands chantiers

Le président de la SNCF était, hier, l'invité du ministre d'État Serge Telle. Au menu : améliorations du service TER et de la ligne Mandelieu-Vintimille, toutes deux liées à l'essor économique de Monaco

L'entretien avec la presse devait être bref. Quelques questions entre deux portes sur les raisons de sa venue et l'état des relations entre SNCF et Principauté. Au final, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, s'est montré plus loquace que prévu, hier, en amont de sa réunion de travail (1) avec le ministre d'État, Serge Telle.

Au menu des discussions : l'amélioration de la ligne existante Mandelieu-Vintimille, pour laquelle Monaco contribue à hauteur de 714 250 euros aux études d'avant-projet ; l'amélioration des relations ferroviaires transfrontalières entre Région Paca, Principauté et Ligurie ; l'audit de la desserte de la gare de Monaco - sur le budget de la région Paca - et l'amélioration du service TER.

Autant de sujets étayés le plus souvent par le prisme monégasque, parfois dans une perspective régionale (lire ci-dessous), mais sans jamais tomber dans la polémique latente entre la SNCF et le président de la Région, Christian Estrosi. Pas de déraillement donc, mais un mea culpa argumenté de Guillaume Pepy à l'égard d'usagers excédés, à raison, des propres mots du patron des cheminots.

Pepy : « L'impression de jamais-fini »

« Il y a six ou sept ans, la Principauté a acheté cinq rames. Entre-temps, le trafic a augmenté de 2 à 3 % par an. Donc, tout ce qu'on fait, et qui est bien, il faut le remettre sur le métier quelques années plus tard. Il faut élargir, renforcer, faire plus de maintenance, acheter des nouveaux trains… C'est une vraie course de vitesse et je reconnais que ça peut être perturbant pour les voyageurs et les habitants parce qu'on a l'impression de jamais-fini. Et c'est un peu vrai parce qu'on a une telle croissance, entre le tourisme et les habitants, qu'à vrai dire, on n'est jamais au bout… » Voilà pour les excuses. Quant aux faits : « Entre 1998 et aujourd'hui, le trafic a triplé sur des voies qui sont toujours les mêmes, on voit bien la mesure du sujet… »

Gare d'origine ou de destination de plus de 43 % des passagers de la ligne Mandelieu-Vintimille, dont 67 % sont des abonnés du TER Paca. Deuxième gare de la Côte d'Azur après Nice, avec plus de 6 millions de voyageurs à l'année, contre 7 chez le voisin niçois. Monaco s'avère en effet centre névralgique de cet axe France-Italie si souvent vilipendé par les usagers, collectif des « Naufragés du TER » en tête.

Désireux d'accroître la qualité et la fréquence de la desserte de la Principauté, Serge Telle s'est ainsi fait le porte-parole de ces mécontents du rail. Entre diplomatie et honnêteté.

Telle : « Pas un record dont on peut se vanter »

« Cette concertation est absolument essentielle pour le développement de Monaco. 45 000 personnes travaillent en Principauté - ce qui explique les embouteillages aux entrées et sorties de Monaco. Et une grande partie prend le rail avec pour conséquence des trains qui débordent. Des études vont être faites sur ce sujet, mais la hausse de fréquentation des trains est liée à la croissance économique de Monaco. »

Une interdépendance entachée, selon le représentant de l'État monégasque, d'un manque de rigueur. « Aujourd'hui, cette ligne est une des plus fréquentées de France et les conditions de transport ne sont pas les plus optimales. Cette ligne a, par exemple, le plus fort taux de fraude de tout le territoire national. Ce n'est pas un record dont on peut se vanter. » Une estocade sans comparaison avec la passe d'armes musclée de 2009 entre État monégasque et SNCF - au sujet d'une grève, mais non sans pousser habilement Pepy dans les cordes.

« Nous avons deux soucis majeurs : la régularité qui n'est pas suffisante et les infrastructures qui ont vieilli, sur lesquelles beaucoup de travaux sont menés par SNCF Réseaux (...). Sur cette ligne, il y a des bouchons ferroviaires, trop de trains. Si on veut avoir un meilleur service, il faut de temps en temps avoir un peu moins de trains mais avec plus de capacité (...). Il y a aussi beaucoup de grèves en Paca qui perturbent énormément le trafic… »

Et maintenant ? « Les résultats 2016 en régularité sont meilleurs que 2015. On est à 84-85 %. Il faut, pour 2017, qu'on atteigne 87-88 %. Un saut de deux ou trois points absolument indispensable », avance Pepy. Une amélioration soumise à de grands travaux (lire ci-dessous) et une remise à plat « des horaires, de l'offre et du matériel pour qu'on puisse avoir un service robuste alors qu'aujourd'hui il ne l'est pas suffisamment ».

« Un train avancé à 8 h 48 en février »

Annoncée récemment, une modification d'horaires en gare de Monaco est ainsi confirmée. « On va repositionner un train qui arrive trop tard. En février, l'arrivée d'un train sera avancée à 8 h 48 alors qu'aujourd'hui il arrive à 9 heures. Ce qui fait que, généralement, les usagers se mettent dans le train précédent et ça provoque une suroccupation », explique Jean-Aimé Mougenot, directeur régional de la SNCF. « La mauvaise nouvelle, c'est qu'il y avait un bug des horaires de décembre. La bonne nouvelle, c'est qu'on va le corriger », résume Pepy.

« On a aujourd'hui, en période de pointe, des trains qui font 500 places, voire 650 assises. On peut aller plus loin, notamment grâce à l'arrivée de nouveaux matériels payés par la région », ajoute le directeur territorial, Jacques Frossard. Rappelant, au passage, qu'en dehors des heures creuses du midi, seuls des trains à double étage circulent désormais.


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