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"Faire zéro licenciement est un défi": comment le directeur du Monte-Carlo Bay veut tout faire pour préserver les emplois

Mis à jour le 16/07/2020 à 17:38 Publié le 16/07/2020 à 17:30
De 500 salariés en 2019, le Monte-Carlo Bay passe à 290 membres du personnel pour l'année 2020

De 500 salariés en 2019, le Monte-Carlo Bay passe à 290 membres du personnel pour l'année 2020 Photo JFO

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"Faire zéro licenciement est un défi": comment le directeur du Monte-Carlo Bay veut tout faire pour préserver les emplois

L’établissement de la SBM tourne à 50 %. Les salariés sont 290 au lieu de 500 en 2019. La mission première du directeur Frédéric Darnet : protéger la santé de tous mais aussi les emplois

Il parle vrai. Frédéric Darnet, directeur du Monte-Carlo Bay Hôtel, ne contourne pas les problèmes, pas plus qu’il ne détourne les questions. Cet été, comme beaucoup d’autres établissements de Monaco, son hôtel fonctionne au ralenti. Une situation qui n’a rien d’exceptionnel dans le contexte sanitaire actuel ; mais qui impose une gestion drastique de l’entreprise et du personnel.

Rencontre avec un patron qui met les bouchées doubles pour faire face aux difficultés.

En termes de taux d’occupation et d’emplois, où en êtes-vous par rapport à 2019?
Le taux d’occupation est de 50%. Et nous sommes passés de 500 salariés l’été 2019 à 290 cette année. Pour autant, nous n’avons pas licencié car une partie du personnel était en contrat saisonnier. Nous n’avions pas fait de promesses d’engagement quand le confinement a été décidé l’hiver dernier. Nous n’avons simplement pas renouvelé les CDD en 2020.

50% des clients seulement… Qui manquent à l’appel?
Principalement les Moyen-Orientaux, les ressortissants de l’Est hors espace Schengen, et les Anglais.

Et les Américains?
Nous n’en avons jamais eu vraiment. Le Monte-Carlo Bay Hôtel n’est pas leur établissement de prédilection.

Le spectre des plans sociaux inquiète les salariés dans tous les secteurs d’activité. Vous avez pensé à licencier?
Absolument pas. Au sein de la SBM, nous n’avons pas abordé la question des licenciements. Notre rôle est d’amener nos collaborateurs à bon port. Nous avons eu la chance d’être soutenus par la Principauté. Mais nous ne pouvons pas, en permanence, nous cacher derrière les aides de État. Ce mois-ci, à titre d’exemple, il ne nous reste qu’une douzaine de salariés en CTTR.

La rentrée sociale s’annonce difficile. Comment comptez-vous faire?
On sait que ça va être compliqué. C’est un défi de faire zéro licenciement. Il va falloir équilibrer avec les congés payés. J’ai des échanges transparents avec les délégués du personnel. Mon objectif est double: sauvegarder les emplois et les résultats de l’entreprise. Il s’agit donc d’ajuster cette balance en permanence. Nous travaillons donc d’ores et déjà sur des projections de la période hivernale. J’ai la responsabilité de 290 familles. Je ferai tout pour préserver les emplois du Monte-Carlo Bay.

Que pensez-vous des règles sanitaires imposées à Monaco?
Il faut les comprendre. La sécurité est l’ADN de Monaco. L’aspect sanitaire en fait partie. C’est vrai qu’il y a eu un tout petit dérapage avec des jeunes de Monaco, un soir, peu après la réouverture, qui ont fait la fête sans respecter les gestes barrières. Ce fut l’exception qui a confirmé la règle. Cela fait partie des ajustements dans le cadre d’une situation inédite.

Frédéric Darnet, directeur général du Monte-Carlo Bay Hotel, veut sauvegarder les emplois et les résultats de l’entreprise.
Frédéric Darnet, directeur général du Monte-Carlo Bay Hotel, veut sauvegarder les emplois et les résultats de l’entreprise. Photo Jean-François Ottonello

Est-ce que le personnel accepte facilement les gestes barrières?
C’est complexe. Porter un masque sous le soleil alors que le lagon de quatre hectares est en extérieur est une réelle contrainte. Mais le message est clair pour le client : il doit se sentir en sécurité et profiter de son séjour pour se faire plaisir. Il ne faut pas que les gestes barrières deviennent une barrière.

Y a-t-il un management adapté?
L’angoisse des salariés est normale. La situation est très complexe, très délicate. Nous devons tous nous serrer les coudes. Il faut de surcroît que les collaborateurs fassent preuve d’empathie à l’égard de la clientèle. L’idée est de faire abstraction du masque. C’est un accessoire qui fait partie de notre tenue comme une cravate. C’est tout. Ni plus, ni moins. Le port du masque a été compliqué, oui, les quinze premiers jours. Mais les salariés connaissent les enjeux. Les voituriers changent de gants en permanence. Il a fallu que cela devienne un geste réflexe. Nous sommes tous dans le même bateau et il faut arriver à bon port, quels que soient les vents, les marées et la durée de la traversée.

Et s’il devait y avoir une deuxième vague?...
Nous devons tous être solidaires. Nous avons intégré ce potentiel reconfinement dans nos plans de gestion, avec une rotation des personnels, des points de vente de restauration, etc. Mais s’il devait être aussi catégorique et long que le précédent, je ne sais pas si nous arriverions à nous en sortir.  D’où l’importance de respecter les gestes barrières… On ne sait rien de ce virus. Il faut faire attention.

Les clients ont du mal à les respecter?
Les plus râleurs, ce sont les Français. Ils râlaient de ne pas avoir de masques. Et maintenant, ils râlent de devoir les porter!

Ce qui freine la reprise, n’est-ce pas aussi la réouverture partielle des établissements puisque tous les services habituels ne sont pas disponibles?
Quand bien même la réouverture est possible, elle coûte cher. Elle est donc parfois impossible pour des raisons économiques. Elle est donc progressive. Par exemple, La Rascasse, filiale du Monte-Carlo Bay, a rouvert le 1er juillet. L’établissement du port Hercule accueille une clientèle jeune qui avait ses habitudes. Aujourd’hui, les clients sont assis, ne dansent pas, la musique est seulement un fond sonore. Nous n’avons rouvert le Blue Bay que la semaine dernière, à raison de trois jours par semaine : jeudi vendredi et samedi. Mais parallèlement, nous imaginons des expériences nouvelles, comme les flotting breakfast ou les dîners romantiques sur la jetée. Il faut se réinventer. Et toujours garder la notion de plaisir.


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