Face à la conjoncture, quel avenir pour nos entreprises? Le point avec la Banque de France des Alpes-Maritimes et la CCI Nice Côte d'Azur

La Banque de France et la CCI Nice Côte d’Azur ont regroupé leurs données pour prendre la température de l’économie régionale de demain. Nos entreprises sont-elles souffreteuses ?

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Agnès Farrugia Publié le 13/10/2022 à 18:30, mis à jour le 07/10/2022 à 17:04
La Banque de France et la Chambre de commerce et d’industrie Nice Côte d’Azur ont pris la température de nos entreprises régionales ce premier semestre. Deligne

La tendance n’est pas à la santé de fer. On le voit bien, mais certains nuages se dissipent. C’est un peu le message qu’ont passé conjointement Christian Delhomme, directeur départemental de la Banque de France des Alpes-Maritimes, Vincent Massol, son adjoint, et Jean-Pierre Savarino, président de la Chambre de commerce et d’industrie Nice Côte d’Azur (CCI NCA), réunis au siège de la Banque de France des Alpes-Maritimes, pour faire un point-étape sur l’économie régionale au vu de la conjoncture actuelle. Quelle conjoncture? "La guerre entre la Russie et l’Ukraine a décorrélé les zones économiques mondiales, explique le directeur départemental de la Banque de France. Cela a débouché sur une crise de l’énergie, des matières premières et des produits alimentaires, avec une augmentation des prix du pétrole, du gaz, du cuivre... Ces chocs externes se traduisent par le retour de l’inflation."

Bouclier à point nommé

Certes, la mise en place du bouclier tarifaire est venue amoindrir les effets de cette crise pour autant, on constate que l’inflation sous-jacente se diffuse dans l’ensemble de l’économie. Notamment dans les secteurs de l’industrie et du bâtiment, avec les difficultés d’approvisionnement et de recrutement que l’on sait.

Sortie de crise ?

Il faudra traverser trois phases pour sortir de cette crise. Une phase de résilience (de l’emploi, du pouvoir d’achat des ménages mais aussi du taux de chômage), une de récession limitée (au vu des incertitudes liées au contexte géopolitique) et enfin, une phase de reprise de l’expansion économique, en 2024. Le pic de l’inflation devrait intervenir début 2023 avant de revenir vers 2 % d’ici 2024.

Les défis ?

"2,9 millions de chômeurs en France et 350.000 emplois non pourvus, avec 57 % des entreprises qui ont des difficultés à recruter. Et, chez les 15-24 ans et les 25-54 ans, nous avons le taux d’activité le plus faible d’Europe." Christian Delhomme indique que clairement que les prochains défis seront ceux de la formation, de l’éducation, l’apprentissage, la réforme de l’assurance chômage et les retraites. Pour réduire l’inflation, pas de secret donc, "il faut augmenter notre capacité productive".

Belle résilience

"Dans ce contexte économique, et au regard des 250.000 bilans de PME qui transitent par la Banque de France, poursuit Vincent Massol, nous constatons que nos entreprises locales font preuve d’une belle résilience. Avec un chiffre d’affaires 2021 en hausse de 11,2% par rapport à 2019 qui correspond à un niveau d’activité supérieur à l’avant-crise (Covid) et un niveau de fonds propres qui a progressé de 10%. Malgré tout, restons vigilants." Vigilants car cette analyse ne porte pas sur les TPE qui composent à 90 % le tissu économique local et qui sont, elles, plus fragiles.

 

Les services en croissance

Joseph Bruno, responsable départemental du service banques et entreprises à la Banque de France, propose les résultats d’une enquête menée ce premier semestre 2022 auprès de 155.000 salariés, soit 21% des effectifs salariés régionaux. Sur l’année, "l’industrie devrait connaître une croissance de 9,2%, les services de 10,3%, la construction de 4,4 % avec chaque secteur qui a augmenté ses investissements. Au final, 2022 devrait être une année de croissance avec, cependant, un manque de visibilité dû à l’inflation."

Manque de confiance

Le président de la CCI NCA, Jean-Pierre Savarino, donne les résultats d’un sondage effectué auprès de 1.500 entreprises dont 90 % de TPE. Il en ressort un manque flagrant de main-d’œuvre dans tous les secteurs qui minimise les perspectives positives.
Il note également que ce qui chute énormément, "c’est le niveau de confiance des chefs d’entreprise: 90% font encore plus attention à leurs charges, 31% pensent que l’inflation pourrait avoir des conséquences sur la viabilité de l’entreprise et 18% rencontrent des difficultés pour être payés dans les temps."
Pas de maladie chronique donc mais une température qui monte dans certains secteurs. À surveiller de près donc.
La Banque de France de rappeler qu’elle est disponible pour accompagner les chefs d’entreprise, en médiation de crédit ou en restructuration de PGE.

> mediateur-credit.banque-france.fr/

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