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EXCLUSIF. Artcurial rachète le groupe immobilier de luxe John Taylor à la famille Pastor

Mis à jour le 29/11/2017 à 07:41 Publié le 29/11/2017 à 07:00
Nicolas Orlowski.

Nicolas Orlowski. Photo Michael Alesi

EXCLUSIF. Artcurial rachète le groupe immobilier de luxe John Taylor à la famille Pastor

Le p.d.-g. d’Artcurial – acteur international du marché de l’art –, Nicolas Orlowski, va annoncer, ce mercredi matin à Monaco, l’acquisition du réseau immobilier de luxe fondé en 1864 à Cannes.

À 9 heures ce  mercredi matin, dans les entrailles de l’hôtel Hermitage de Monaco, l’ouverture du Congrès international John Taylor sera marqué par la prise de parole du p.d.-g. d’Artcurial, Nicolas Orlowski, annonçant son acquisition du groupe John Taylor.

Propriété de la famille Pastor depuis 1996, le réseau immobilier de luxe avait été légué par Michel Pastor à ses quatre enfants et sa présidence confiée, depuis quelques années, à Delphine Pastor.

Quatre frère et sœurs qui partagent d’ailleurs toujours des parts dans l’actionnariat d’Artcurial, dont leur père avait accompagné l’aventure.

"Ils étaient propriétaires de 100% du groupe John Taylor et la cession porte sur 100%", précise Nicolas Orlowski, louant "la réussite" de la présidente Delphine Pastor "qui n’a pas ménagé ses efforts".

Mais entretenant le secret sur le montant de la transaction… Informés dès hier de cette acquisition, les salariés seront désormais "entièrement intégrés" à Artcurial qui était déjà, depuis 2013, un partenaire privilégié de John Taylor.

Ce mariage entre l’immobilier haut de gamme, l’art et le luxe, est justifié par une clientèle naturellement proche et la perspective de proposer "une offre globale et innovante" d’intermédiaire de part le monde.

Pour cela, Nicolas Orlowski entend asseoir, voire renforcer, l’aura de John Taylor. Sans oublier l’histoire et la personnalité de celui qui avait fondé le groupe en 1864 à Cannes.

John Taylor, un jardinier anglais et visionnaire devenu "Sir". Un exemple intemporel.


INTERVIEW - "Je veux renforcer les agences du Sud de la France"

En 15 ans, Artcurial – dont la famille Dassault est l’actionnaire majoritaire – est passée de 23 Me à 210 Me de volume de vente.

Troisième maison de ventes aux enchères d’Europe, elle affichait un taux de croissance de plus de 10 % en 2016 et fait référence en matière de diversité, comme de développement, grâce aux créations successives d’une librairie d’art spécialisée, d’un restaurant au siège du rond-point des Champs-Elysées ou encore d’une agence de conseil et ingénierie culturelle et d’Arqana, première maison de ventes aux enchères européenne pour les chevaux de course.

Son p.d.-g., Nicolas Orlowski, revient sur les dessous de l’acquisition de John Taylor et dévoile ses ambitions.

"En 2017, les activités de John Taylor, y compris françaises, auront une progression à deux chiffres. Je vous le dis avant même la fin de l’année. Et la France est un tout petit peu plus attractive. Mais John Taylor, pour fonctionner, doit avoir une dimension mondiale."

Techniquement, comment s’est passée cette acquisition "sur fonds propres"?
C’est le groupe Artcurial, et non Dassault, qui rachète 100 % du groupe John Taylor. Le groupe Artcurial est un modèle économique qui est rentable. Nous avons été des gens raisonnables et économes (sourire) donc nous achetons sur nos fonds propres. Il n’y a pas d’augmentation de capital et les actionnaires ne participent à rien.

On parle d’une transaction de quel montant?
Sans commentaire (rires).

"On veut se doter de ce métier"

Le plus gros investissement d’Artcurial depuis sa création?
C’est une étape importante car on se dote d’un nouveau métier qui, si on le mène bien, peut nous permettre de gagner deux fois. En développant John Taylor et en créant de vraies synergies avec Artcurial. D’autres maisons de ventes aux enchères, comme Christie’s ou Sotheby’s, ont associé leur nom à des activités immobilières.

Votre modèle est différent…
J’espère qu’on aura raison, rendez-vous dans 3 ou 5 ans (sourire). Des grandes enseignes du secteur de l’art ou des ventes aux enchères ont fait un choix: ne pas faire d’activités immobilières mais prendre leur marque et la vendre à des financiers qui, eux, vendent des licences ou franchises à travers le monde. Je ne veux pas faire ce métier où les synergies sont très relatives. Nous, on fait l’inverse. On veut se doter de ce métier.

"J'aimerais bien que John Taylor soit le plus innovant"

Est-ce indispensable dans votre stratégie d’expansion de garder la maîtrise de votre marque?
On fait un choix entrepreunarial innovant. On ne va pas monter des petites agences Artcurial pour prendre quelques pourcents de royalties. On pense qu’il est plus judicieux de le faire avec une marque forte de l’immobilier haut de gamme, c’est-à-dire John Taylor. Les synergies n’existeront que si il y a un lien capitalistique et un management commun. Plus clairement, un même patron.

Les profils des équipes des deux groupes sont-ils compatibles dans cet objectif de synergie?
C’est simple, il faut partir du client. Et les clients John Taylor ou Artcurial, ce sont les mêmes. Ils sont mondialisés et veulent quelque chose de global. Ces clients ont des allocations et il y a deux secteurs dans lesquels ces allocations grandissent, ce sont la culture/passion et le résidentiel. Ces gens qui ont beaucoup d’argent continuent d’augmenter leurs allocations de patrimoine. Ils ont envie d’avoir des jolies maisons. On a des clients qui collectionnent des tableaux et, au-delà, collectionnent des maisons.

"Il n'y a pas un modèle qui va tuer l'autre"

Derrière cette stratégie de mutualisation, il y a le flair du capitaine d’entreprise. En 2002, vous aviez créé une maison de ventes aux enchères en pleine libéralisation du marché en France. Aujourd’hui, le Brexit ou autres, laissent entrevoir des perspectives florissantes sur le marché de l’immobilier.
Le monde est en train de changer avec une violence phénoménale. L’immobilier de luxe a un risque de désintermédiation qui est proche de zéro. Dans dix ans, les intermédiaires auront disparu dans des métiers qu’on ne soupçonne pas. Nous sommes convaincus que dans l’immobilier, l’intermédiaire de confiance ne disparaîtra pas. La deuxième chose, c’est que les allocations dans le résidentiel vont continuer à augmenter. Et troisièmement, je trouve qu’on peut innover dans le métier de l’immobilier haut de gamme. Il y a des gens qui font un très bon boulot mais de façon relativement classique dans leur approche. Comme Artcurial l’a fait dans l’art, j’aimerais bien que John Taylor soit le plus innovant. Celui qui va un peu créer des ruptures.

Sans bouleverser la stratégie et le fonctionnement actuels?
Les deux modèles de John Taylor, qui sont les agences en propre et les franchises internationales, m’intéressent. Je vais les poursuivre. Il n’y a pas un modèle qui va tuer l’autre. Delphine Pastor et sa famille les ont initiés et je pense que c’était la bonne idée. Maintenant je souhaite que l’on soit plus incontournable sur les grands marchés du luxe en France, y compris dans le Sud qui est le berceau de John Taylor.

"Nous allons garder l'agence de Cannes, de Saint-Jean, de Monaco, etc."

Tenez-vous à préserver cet attachement historique?
Nous allons garder l’agence de Cannes, celles de Saint-Jean-Cap-Ferrat, Saint-Tropez, Monaco, etc. Au contraire je veux les renforcer. Si un gars a été innovant, c’est Sir John Taylor. Il est arrivé à 20 ans à Cannes, un village de pêcheurs, et, plus que personne, il avait compris qu’il fallait globaliser les choses. Pour ses clients, il trouvait le terrain, la maison, la remise de bagages… Il a même créé une banque pour pallier les problèmes de financement ! Il était orienté clients et a créé des services autour. J’aimerais qu’on revienne à ça.

Vous vous reconnaissez dans ce personnage?
Je ne suis spécialiste de rien. Ni des tableaux, ni des chevaux, ni des vins. C’est la démarche globale qui m’intéresse. J’ai pris la décision d’être opérationnel et souhaite impulser et initier. Il n’y a pas d’autres choix qu’une implication personnelle.

"Tout a été relativement vite"

Les salariés de John Taylor ont-ils été surpris?
Il y avait des discussions mais ça a été vite. La transaction s’est faite en quelques mois.

À votre initiative?
Je ne saurais pas vous répondre, C’était assez mutuel et dans un très bon esprit. Les collaborateurs y voient, je pense, des opportunités et perspectives. 


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