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Entre plan de licenciements et chômage partiel, des centaines d'emplois menacés dans l’hôtellerie de la Côte d'Azur

Mis à jour le 18/01/2021 à 06:44 Publié le 18/01/2021 à 06:45
Plusieurs hôtels de la Côte d’Azur envisagent des plans sociaux.

Plusieurs hôtels de la Côte d’Azur envisagent des plans sociaux. F.B, P.L., E.O., S.B.

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Entre plan de licenciements et chômage partiel, des centaines d'emplois menacés dans l’hôtellerie de la Côte d'Azur

Alors que plusieurs hôtels emblématiques de Cannes et Monaco ont d’ores et déjà annoncé des suppressions d’effectifs, d’autres établissements azuréens pourraient y avoir recours dont le Negresco.

"Des suppressions d’effectifs, il va y en avoir. C’est mathématique: quand il n’y a pas de clients, il n’y a pas non plus d’emplois. On a beau tous espérer une amélioration, malheureusement - comme disait Lénine - les faits sont généralement têtus."

Cet hôtelier niçois, ancien représentant de sa corporation, cite spontanément l’un des pères de la révolution prolétarienne pour décrire la situation économique. Les syndicats, eux, redoutent que les grands groupes capitalistiques de l’hôtellerie ne sacrifient tout ou partie de leurs employés sur l’autel de la crise. "Ça a d’ailleurs déjà commencé, souligne Ange Romiti, délégué CGT cannois. Essentiellement à Paris, mais ça arrive chez nous."

À Paris puis à Cannes

"Les premiers à avoir annoncé des plans sociaux ce sont les Qataris, s’offusque le syndicaliste. Chez eux ils construisent des hôtels à un milliard d’euros, mais chez nous ils licencient. Comme le groupe Constellation, qui va supprimer 250 postes en France, dont une trentaine au Martinez de Cannes." 

Au Radisson Blu, qui surplombe le vieux port, plus des deux tiers de l’effectif sont menacés. Christine Welter, la présidente du syndicat des hôteliers cannois, assure que "pour l’heure ce sont les deux seuls plans sociaux existants sur les 120 établissements" de la cité des festivals. Ange Romitti, lui, n’en est pas si sûr.

Le représentant syndical explique avoir reçu des signaux d’alerte concernant des établissements du groupe Barrière, "au Gray d’Albion ou encore au Majestic, où l’ensemble des accords d’entreprise viennent d’être dénoncés par la direction". 

Ce que confirme le groupe Barrière précisant avoir "tout mis en œuvre pour préserver au mieux l’emploi de ses collaborateurs". Notamment au travers du chômage partiel et "en mettant en œuvre un vaste plan de réduction des charges". Mais "ces mesures risquent de ne plus suffire", déplore la direction qui annonce "réfléchir à la mise en œuvre de nouvelles solutions...".

Plan d’économies au Negresco et à la SBM

Plus à l’Est, les syndicats pointent également du doigt le Negresco où un PSE serait, là aussi, envisagé. Un salarié confirme avoir reçu en fin d’année, comme tous ses collègues, un mail évoquant la suppression potentielle de 10 % des 160 postes.

Le nouveau directeur général du Negresco, Lionel Servant, confirme, même si "ce n’est pas de gaîté de cœur évidemment""Nous travaillons sur un plan d’économies global, qui va bien au-delà de la masse salariale, parce qu’on ne peut pas perdre 70 % de notre chiffre d’affaires comme ça a été le cas l’année dernière et risquer d’en perdre encore au moins 50 % cette année sans adapter nos dépenses. Il ne serait pas responsable de continuer à vivre comme si de rien était en endettant nos structures. Cette réflexion globale nous la menons avant tout pour préserver les 90 % d’emplois restant", martèle le directeur général du Negresco.

À Cannes et à Nice, à Beaulieu aussi et même en Principauté, où la SBM a d’ores et déjà annoncé la suppression de 200 postes en 2021. Autant que possible en ayant "recours à des départs volontaires", mais là encore des licenciements ne sont pas exclus. Les effets de la crise sanitaire menacent de plus en plus l’emploi dans l’hôtellerie, notamment de luxe.

Les catégories supérieures en première ligne

 

"On se bat au quotidien, assure Christine Welter, présidente du syndicat des hôteliers cannois, pour faire le grand écart entre sauver nos entreprises et sauver les emplois. Car notre personnel, on y tient. C’est le sang de nos établissements. Nous ne voulons pas les perdre."

Car tout le monde veut croire à une reprise. Mais tout le monde sait aussi qu’elle ne sera pas instantanée.

Et le pire, lorsque les aides de l’État s’arrêteront et qu’il faudra bien rembourser, reste peut-être à venir. Bruno Mercadal, le patron du Royal Riviera, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, redoute déjà l’hiver 2021-2022: "Nous risquons, tous, de nous retrouver sans trésorerie et on entrera alors dans le dur", souffle-t-il avec inquiétude.

Même si lui a pour l’heure décidé de conserver l’ensemble de son personnel, certes au chômage partiel, voilà pourquoi d’autres commencent à anticiper la deuxième vague économique de cette crise... Et envisagent des plans sociaux.

Pour l’heure ces coupes d’effectifs concernent essentiellement les catégories supérieures, celles très dépendantes d’une clientèle internationale et du tourisme d’affaires.

Des palaces qui, souligne le délégué syndical Ange Romitti, ont aussi la particularité d’appartenir "à des grands groupes étrangers qui pratiquent souvent l’optimisation fiscale et qui ont touché ces dernières années des centaines de milliers d’euros de crédits d’impôt au travers du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), notamment".

Pour lui, on ne peut pas jouer sur les deux tableaux: "S’ils décident de licencier, il faut que l’État leur demande de rembourser toutes les aides qu’ils ont perçues!"

Rembourser les prêts garantis octroyés pour cause de Covid, c’est bien la hantise de la plupart des hôteliers azuréens.

"Pour le moment, ces emprunts nous servent surtout à payer nos loyers", assure leur représentante cannoise qui pointe du doigt une problématique qui risque d’aggraver encore la crise à laquelle se trouve confrontée la filière: "Lorsque les aides s’arrêteront - et elles s’arrêteront un jour - et que nous ne pourrons plus payer nos bailleurs, qu’arrivera-t-il ?"

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