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Deux ans après son instauration, les employeurs et les salariés du privé font le bilan de la loi sur le télétravail à Monaco

Mis à jour le 03/10/2018 à 10:14 Publié le 03/10/2018 à 12:14
« Je suis plus productive à la maison », dixit Françoise Illi, salariée chez SBM Offshore.

« Je suis plus productive à la maison », dixit Françoise Illi, salariée chez SBM Offshore. Photo Jean-François Ottonello

Deux ans après son instauration, les employeurs et les salariés du privé font le bilan de la loi sur le télétravail à Monaco

Deux ans après la loi autorisant le télétravail dans le secteur privé en Principauté, les employeurs ont mené l'enquête et les salariés nous livrent leur retour d'expérience.

En ce vendredi, c’est jour de télétravail pour Elodie Coste. Au cœur de son cocon familial à Nice, cette chargée de marketing et de communication chez Telis (solutions Telecom) se sent littéralement "comme au bureau". Le trajet chronophage jusqu’à Monaco en moins.

"Dans une pièce dédiée au télétravail, j’ai tout ce qu’il me faut: un ordinateur portable avec une connexion sécurisée, des outils collaboratifs pour accéder aux documents, un casque pour téléphoner", liste-t-elle.

Son choix de télétravailler un jour par semaine est avant tout familial. "Mon conjoint a ses plus gros rendez-vous le vendredi. Du coup, à 17h30, je récupère mes enfants à l’école. Ils me demandent même si je vais travailler tous les jours à la maison", rigole-t-elle.

Un meilleur équilibre entre vies professionnelle et personnelle. L’un des arguments majeurs prêché par les partisans du télétravail, désormais loué par les principaux intéressés eux-mêmes.

>>LIRE AUSSI. L'option télétravail dans le secteur privé est-elle déjà un succès à Monaco?

"Qui dit meilleur bien-être, dit meilleure efficacité au travail", résume justement Martin Peronnet. Le directeur général de Monaco Telecom dégaine même une enquête interne. L’indicateur de satisfaction concernant la valeur ajoutée du télétravail par rapport au travail ne trompe pas. Il est de 4,57 sur 5 pour la cinquantaine de collaborateurs concernés et de 3,95 sur 5 pour les managers.

Dans ce même questionnaire, les managers disent arriver à gérer leur équipe sans difficulté et la cohésion n’a, semble-t-il, pas été affectée. Mais quid de la tentation de procrastiner à domicile, sans chefs sur le dos?

"Plus impliqués, plus productifs"

Les employeurs et salariés des entreprises sont unanimes. Tout est une question de confiance. "Mais aussi de maturité et de responsabilité.Je suis suffisamment occupée pour ne pas papillonner à la maison. Pour mieux travailler, on n’a pas besoin d’être fliqué", explique Elodie Coste.

Didier Beynet, DRH chez SBM Offshore, société liée à l’industrie pétrolière et gazière, confirme ce point de vue: "Les 380 télétravailleurs de notre entreprise ont le sentiment que la confiance leur est donnée.C’est un cercle vertueux.Ils sont plus impliqués, plus productifs. Alors oui, au départ il y avait une certaine réticence de certains managers de les perdre de vue, d’avoir moins de contrôle."

"Je suis plus productive à la maison, reconnaît Françoise Illi du service recrutement de la même boîte. Il n’y a pas de pollution sonore, pas un bruit de téléphone, pas de gens qui passent, pas de stress, pas de cafés avec les collègues."

Le télétravail convainc-t-il à 100 % ? Est-ce réellement tout rose? Pas toujours.

Contraintes techniques

"Il n’y a pas eu d’effet de masse à Telis. Seulement quatre personnes dans l’administratif. Ça se fait au compte-gouttes et cela concerne plus des nouveaux collaborateurs à l’embauche que des salariés en poste. Le changement de comportement, d’habitudes de travail est plus long", explique Thierry Leray, directeur général.

Autre pépin rencontré dans certaines entreprises: les contraintes techniques qui peuvent s’avérer récurrentes si l’appartement du télétravailleur est mal desservi.Lenteurs pour accéder à certains outils ou fichiers à distance, réaction des applications plus lente… Pour les petites entreprises, c’est même toute une logistique informatique à mettre en place.

D’autres employeurs prêchent aussi pour plus de souplesse légale pour modifier le jour de télétravail choisi à l’origine, en tenant compte des rendez-vous client, de l’actualité du moment ou de l’équipe.

Pas de quoi freiner Françoise Illi qui aimerait passer à deux jours de télétravail, contre un aujourd’hui. Idem pour Elodie Coste. Mais pas plus. "Je ne partirai pas sur trois jours. Je ne me vois pas être plus à la maison qu’à l’entreprise. Au bureau, il y a un lien social qui se crée, des échanges d’informations. Si on est jamais là, les gens vous oublient."


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