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"Des miettes de pain": les négociations patinent entre la SBM et les syndicats des hôtels-cafés-restaurants

Le Syndicat des hôtels-cafés-restaurants de Monaco juge insuffisante la nouvelle proposition de la direction de la SBM. Aujourd’hui, ses membres déposeront une nouvelle contre-proposition.

Thibaut Parat tparat@nicematin.fr Publié le 10/12/2020 à 08:00, mis à jour le 09/12/2020 à 22:15
Les membres du Syndicat des hôtels-cafés-restaurants de Monaco, avec Olivier Cardot (en noir), secrétaire général adjoint de l’Union des syndicats de Monaco. Photo Jean-François Ottonello

Le dossier "SBM" est, semble-t-il, loin d’être clos. En grande délicatesse financière  – le contexte sanitaire n’a guère arrangé la situation – la Société des Bains de Mer n’a pas d’autre choix que d’écrémer sa masse salariale avec un plan de restructuration.

Objectif affiché par la direction: réduire les dépenses de 25 millions d’euros. Dans le plan déposé auprès de la direction du Travail, il est question de 161 licenciements économiques.

Reste à connaître le ratio entre les départs volontaires (1) et les licenciements contraints, lequel dépendra grandement des âpres négociations actuellement menées entre la direction de la SBM et les syndicats.

"On fera tout pour protéger les emplois, et notamment les petits salaires. Nous allons essayer de limiter la casse au maximum", a promis Jean-Luc Biamonti, président délégué de la SBM.
Preuve de l’importance historique du dossier: l’alliance de circonstances des dix-huit syndicats pour optimiser les conditions de départ et, de facto, défendre l’intérêt des salariés.

De cette union syndicale est née une contre-proposition, rejetée par la SBM, jeudi dernier, lors d’une réunion avec les délégués syndicaux au cœur de la salle des Étoiles du Sporting.

"Nous la trouvions raisonnable par rapport à ce qui a déjà été fait en Principauté. Mais celle-ci a été jugée trop excessive et coûteuse, détaille Michel Alaux, trésorier adjoint du syndicat des hôtels-cafés-restaurants de Monaco (HCR). Certes, ils ont le droit, vu la situation économique et le contexte sanitaire. Mais la Covid-19 n’est pas éternelle. C’est un épiphénomène dans l’histoire de cette société qui a vu passer plusieurs guerres."


"Des miettes de pain"

 

Le même jour, la SBM a formulé une nouvelle proposition indemnitaire, dite "définitive", liée au plan de départ volontaire.

Dans une note d’information du DRH transmise aux salariés, on peut notamment lire que l’indemnité de départ volontaire se voit donc "revalorisée par rapport à la proposition initiale pour les salariés sous convention collectivité hôtelière et convention collective nationale", d’un à trois mois de salaire pour un salarié ayant plus de 10 à 30 ans d’ancienneté.

"Des miettes de pain, jugent Giuseppe Dogliatti, secrétaire général du syndicat, et ses acolytes. On se doit de remercier ces salariés qui ont créé de la richesse dans cette entreprise, dans ce pays. On ne demande pas à la SBM de faire des gros chèques mais un minimum d’efforts et de remerciements."

"On a vu passer beaucoup de plans. C’est le premier où l’on reste que sur du conventionnel. La notion de “social” n’existe pas, embraye Michel Alaux. Ce plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est complètement dévoyé de son objectif principal. L’incitation à quitter l’entreprise est essentiellement concentrée sur les personnes de plus de 59 ans, donc des salariés susceptibles de faire valoir leur droit à la retraite. Pour les salariés de moins de 57 ans, en l’état, le PSE ne leur permettrait pas de maintenir leur revenu jusqu’à l’âge de la retraite, si toutefois ils peuvent la prendre à 60 ans. C’est pour cette raison que nous souhaitons de meilleures conditions de départ pour ces personnes-là. En aucun cas, nous ne souhaitons empêcher les salariés de partir s’ils le désirent."


Appel à faire une photo de famille, place du Casino

D’où le dépôt, aujourd’hui, d’une nouvelle contre-proposition par le syndicat des hôtels-cafés-restaurants de Monaco.

"Les autres syndicats pourront y adhérer s’ils le souhaitent. Si on l’applique sur les 161 postes visés, cela coûterait 12 millions d’euros à l’entreprise. Le directeur des ressources humaines, lui, nous dit que la proposition de la direction coûterait à l’entreprise 16 millions", poursuit Michel Alaux.

Autre temps fort syndical à venir: l’appel aux salariés à effectuer une photo de famille, demain à 10 heures sur la place du Casino de Monte-Carlo. Pour montrer, disent-ils, "la détermination" des employés.

"Ce n’est pas à eux de payer la mauvaise gestion de l’entreprise depuis des années. On a des gens usés physiquement, moralement, avec une incertitude quant au lendemain, avec une mauvaise considération pour l’engagement qu’ils ont eu au sein de l’entreprise. Aujourd’hui, on a entre 30 et 50 % de perte de salaire mais notre productivité a augmenté, du fait de la baisse des effectifs. Qu’a fait le Comité exécutif en termes d’effort et d’exemplarité?"

Ambiance.

(1) Tous les salariés de plus de 57 ans peuvent solliciter un départ volontaire dès lors que leur emploi ne sera pas remplacé.

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